‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 210 sur 686 · Chapitre V · texte numérisé non relu

Chapitre V

Du remède.

Remède. — Tout mal a son remède, qu'il s'agit d'appliquer et surtout de découvrir. En pharmacie, on distingue les remèdes officinaux, qui sont préparés d'avance et gardés dans les officines, et les remèdes magistraux, qui sont préparés sur l'ordonnance du médecin. On appelle remèdes secrets ceux dont la formule n'est point au Codex. La loi en prohibe la vente et la distribution. Les remèdes diffèrent entre eux selon les maladies qu'ils combattent [fébrifuge, antiapoplectique, etc.), les effets qu"ils produisent (vomitif, stimulant, tonique), les organes qu'ils soulagent (collyre, pneumoniqve), la manière dont ils sont employés (potion, topique), la matière qui les compose (matière organique ou minérale, simples), etc. Et puis les remèdes ne sont pas tous de l'ordre physique : l'espérance, la confiance, la joie, les distractions, la musique sont autant de moyens de combattre la maladie et de rétablir la santé.

A ne considérer que la matière dont ils sont composés les remèdes offrent une grande variété. Sans parlerdes compositions artificielles (sels, acides.etc.) fournies par la chimie, quelle variété dans les plantes médicinales? Les poisons eux-mêmes se changent en remèdes ; il suffit de réduire leur dose ou de les atténuer (arsenic, vaccins). « C'est le Très- Haut, dit l'Ecclésiastique, qui a produit de la terre tout ce qui guérit ; et l'homme sage n'en aura point d'éloignement... Dieu a fait connaître aux hommes la vertu des plantes ; le Très-Haut leur en a donné la science, afin qu'ils l'honorassent dans ses merveilles. Il s'en sert pour apaiser leurs douleurs, et pour les guérir. Ceux qui en ont l'art en font des compositions agréables, et des onctions qui rendent la santé ; et ils diversifient leurs confections en mille manières... Mon fils, ne vous méprisez pas vous-même dans votre infirmité »

Remèdes prophylactiques (hygiène). — Au-dessus des remèdes il y a l'hygiène, qui est l'art de conserver la santé. L'hygiène est toujours efficace, tandis que les meilleurs remèdes sont souvent impuissants. Prévenir la maladie par dos soins raisonnables ; éloigner toutes les causes de douleur et d'infirmité; choisir les vêtements que comportent les saisons, les travaux, la profession, le tempérament; rendre salubres les habitations et les villes ; accorder à la faim et à la soif les aliments et les boissons convenables : tel est le rôle de l'hygiène. Le

Page 1