‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 220 sur 686 · LIVRE VII : DE LA SOCIETE · texte numérisé non relu

LIVRE VII : DE LA SOCIETE

implique. Ce sujet est digne des écrivains les plus pénétrants et les plus délicats. La mère chrétienne surtout est admirable. Nulle créature n'a été mieux grandie et rendue plus aimable par le christianisme ; nulle n'est plus nécessaire au foyer, où elle garde les traditions religieuses et modèle les jeunes âmes de ses enfants. — En droit, la mère ne peut empêcher le mariage de l'enfant, si le père y consent ; elle succède au père dans l'exercice de ses droits touchant la surveillance et l'éducation des enfants, l'administration de leurs biens ; elle jouit des biens de ses enfants mineurs, s'ils n'ont pas atteint 18 ans, etc.

Part. — La loi punit de différentes peines les crimes dont le nouveau-né peut être l'objet, sans parler du crime d'infanticide (Code pénal, art. 345 et suiv.). Ils sont d'autant plus odieux que l'enfant, qui a déjà tous les droits d'un être raisonnable, est plus faible et plus incapable de les défendre. Ces crimes sont désignés sous les noms d'exposition de part (action de délaisser un nouveau-né) ; substitution de part (action de remplacer un nouveauné par un autre) ; supposition de part (action de présenter un enfant comme né d'une personne qui n'est pas accouchée) ; suppression de part (action de dérober un nouveau-né pour le priver de son état-civil).

Aîné, aînesse. — Le droit d'aînesse a été connu des anciens. Nous le voyons appliqué chez les Hébreux, en Egypte, en Grèce. Les Romains cependant ne le consacrèrent pas. Il n'apparaît pas sous nos rois de la lre race, mais le domaine royal était partagé également entre leurs fils. On l'établit ensuite, pour remédier à de perpétuelles divisions, et il s'étendit de la famille royale aux seigneurs féodaux et à toutes les classes. Le droit d'aînesse a été aboli à la Révolution. Il subsiste encore en Italie, en Espagne, en Russie. L'aristocratie anglaise lui doit une partie de sa puissance. Sans désirer son rétablissement, plusieurs conviennent qu'il faut donner aux familles françaises plus de stabilité et accorder au père une plus grande liberté de tester.

Cadet. — Sous le régime du droit d'aînesse, les cadets de famille étaient amenés à embrasser le parti des armes ou à tenter la fortune de quelque autre manière, par exemple dans les entreprises coloniales. Il arrivait aussi qu'on leur attribuait abusivement des bénéfices ecclésiastiques. Le corps militaire appelé Corps des cadets, était composé de jeunes gentilshommes qui, après avoir passé par tous les grades inférieurs, arrivaient à occuper les premières lieutenances. En Prusse, en Autriche, en Russie, il existe encore des établissements de cadets, pour les fils de gentilshommes pauvres.

Orphelin. — A Athènes, les enfants d'un père mort pour son pays, étaient élevés dans le Prytanée aux frais de la nation. Mais ce n'est que dans les pays chrétiens et sous l'influence de l'Evangile, que des orphelinats ont été ouverts à tous les enfants abandonnés ou privés prématurément de leurs père et mère. Certaines classes d'orphelins étaient recueillies ou le sont encore à la maison de Saint-Cyr (fondée par Louis XIV pour les jeunes filles nobles), à la Maison delà Légion d'honneur de Saiat-De/iis, au Prytanée militaire de la Flèche, etc.

Nourrice. — La mère ne devrait se décharger du soin de nourrir son enfant que dans le cas d'impossibilité : ainsi le veulent la loi naturelle et l'intérêt bien entendu de la mère et de l'enfant. A part la circonstance de quelque maladie héréditaire, qui risquerait d'être transmise par l'allaitement, le lait maternel est toujours préférable. On sait que la mortalité sévit sur les enfants mis en nourrice, souvent loin des familles habitant les cent res populeux. On allaite aussi les enfants avec du lait de chèvre, de vache, etc. et au moyen du

biberon. Celui-ci doit être tenu en parfait état de propreté et même stérilisé, à l'aide de la chaleur. Les Grecs, dès la plus haute antiquité, et les Romains connurent l'usage des nourrices. Celles-ci étaient même incorporées pour ainsi dire à la famille; les filles en particulier restaient sous la direction de leur nourrice. Les anciens reconnaissaient ainsi les liens d'ordre moral qui rattachent le nourrisson à celle qui, après sa mère, lui a donné la vie.

Sevrage. — L'époque du sevrage est du 12e au 15e mois. Il est rendu facile, si l'enfant y a été préparé graduellement. Toutefois on doit s'abstenir de lui donner une nourriture solide avant l'apparition des premières dents. La bouillie (faite de lait et de farine ou de fécule bouillis) est le premier aliment qu'on ajoute au lait pur pour la nourriture de l'enfant. Mal préparée, elle est la cause de coliques, de vers, etc. On ne doit pas y recourir avant le 5e ou le 6e mois. Elle n'est en usage, paraît-il, que depuis le XVe siècle.

Atavisme. — C'est une hérédité qui atteint les descendants après plusieurs générations. On voit par exemple telle maladie du père épargner le fils, mais frapper le petit-fils ou quelque autre descendant moins proche et même très éloigné. L'atavisme se rencontre aussi chez les plantes et chez les animaux. Cette loi particulière de la vie universelle, rentre dans la loi générale de l'hérédité et de la solidarité qui réunit la génération présente à toutes celles qui l'ont précédée jusqu'à l'origine; elle donne quelque idée de la transmission de la faute originelle.

Ligne. — En généalogie, on donne le nom de ligne à une série d'ascendants ou de descendants qui partent d'un même chef. Chacun des frères qui ont même souche est le chef d'une ligne qui peut, à son tour, former des branches, des rameaux, etc. La ligne aînée ou directe est celle qui va de père en fils; les autres (2e, 3e etc.) sont collatérales et comprennent les oncles, les neveux, les cousins. La ligne est dite masculine ou féminine, selon que le chef est un homme ou une femme.

Généalogie. — Elle devient souvent l'un des auxiliaires de l'histoire. Car il y a, dans certains cas, autre chose qu'un intérêt de vanité à découvrir et à exposer la filiation d'une personne et le développement d'une famille. Les généalogies étaient d'une importance souveraine chez les Hébreux, à cause des promesses divines faites a leur postérité. On ne voit pas cependant que les Juifs aient péché beaucoup par l'orgueil nobiliaire. Au moyen âge, le blason ou l'art héraldique naquit de la science généalogique. Les rois et même les grands seigneurs avaient leurs généalogistes. Le fameux d'Hozier fut le dernier généalogiste royal, sous Louis XIV.

Frère. Sœur. — Au deuxième degré de parenté civile, se trouvent les frères et les sœurs. Ils sont dits germai >i*, s'ils ont même père et même mère; consanguins, s'ils n'ontque le même père; utérins ou demi frères, s'ils n'ont que la même mère. Les frères et sœurs héritent les uns des autres, quand ils décèdent sans postérité. La religion chrétienne enseigne que tous les hommes sont frères selon la nature et selon la grâce, comme descendants d'un même couple humain et adoptés par Dieu en J.-C. Cette fraternité humaine, qui est si belle et répond si bien aux meilleurs sentiments du cœur, ne peut s'établir, avec la liberté et l'égalité vraies qui en sont les corollaires, sur aucune des philosophies antichrétiennes : toujours celles-ci la démentent ou du moins la diminuent. Et ce n'est pas là l'une des moindres preuves de leur fausseté.

Parent, parenté. — La parenté est en ligne directe (père, fils, petit-fils, etc.) ou en ligne collatérale (frères, cousins, oncle et neveu, etc.). La première unit les personnes qui descendent l'une de

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