‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 226 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPÉDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPÉDIQUE

civil commet une injustice et usurpe un rôle qui n'est pas le sien (v. Assistance publique).

Enfin le souverain Pontife, en qui se concentre tout le pouvoir ecclésiastique, est absolument indépendant vis-à-vis de tout pouvoir séculier. Il ne convient pas, il ne peut pas se faire qu'il soit le sujet d'aucun prince temporel. La souveraineté lui appartient de droit. De plus il convient, il est même moralement nécessaire que cette souveraineté spirituelle soit comme garantie par une souveraineté temporelle. Celle-ci lui a été décernée et reconnue par les peuples et les rois, et aucun usurpateur ne l'en dépouillera jamais légitimement (Voiries traités de l'Eglise; Hossuet, Discours sur l'Unité de l'Eglise ; D. Moulart, F Eglise et l'Etat nu les deux puissances).

Missions. — L'histoire des missions catholiques fait partie de l'histoire même de l'Eglise, dont elle est l'un des chapitres les plus héroïques. Les missionnaires qui prêchent l'Evangile aux peuples infidèles, poursuivent l'œuvre entreprise par les apôtres, qui durent convertir le monde païen et arroser leurs conquêtes de leur sang. Mais les missions proprement dites ou du moins leur immense développement date des derniers siècles, depuis que le globe entier est devenu accessible aux explorateurs et par conséquent aussi aux propagateurs de la bonne nouvelle. Les services rendus à l'Eglise, à la science et, en général, là la cause de la civilisation par les missionnaires sont incomparables. (V. Lettres édifiantes et curieuses écrites des Missions étrangères, Paris 1717-24; Annales de la Propagation de la foi ; les Missions catholiques au XIXe s., par Louvet ; Loin du pays, par le P. Rouvier).

Concile. — On distingue l'Eglise enseignante et l'Eglise enseignée. La première est le corps îles pasteurs ou des évêques sous la direction du pape ; elle parle d'une manière solennelle dans les conciles. La seconde est le corps des fidèles. L'Eglise enseignante a hérité de la mission donnée aux apôtres par J-C, leur disant : « Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations. Apprenez-leur à observer tous les commandements que je vous ai donnés. » Le pouvoir d'enseigner conféré à l'Eglise doit être infaillible, puisque l'Eglise est indéfectible : « Les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle », et que le Seigneur est avec elle «jusqu'à la consommation des siècles ». Ce pouvoir comprend la foi, la morale et la discipline. De là les définitions dogmatiques et les lois ecclésiastiques, qui portent également le nom de canons. Ces lois sont l'objet d'une science particulière, le droit canon. Après le pape et avec le pape, les conciles sont les organes principaux du pouvoir ecclésiastique : doctrinal, moral et législatif. On distingue les conciles œcuméniques ou généraux et les conciles particuliers (provinciaux, nationaux ou même simples synodes, dont il est parlé plus bas).

Les conciles œcuméniques sont obligatoires pour toute la chrétienté, mais ils doivent remplir les trois conditions suivantes : 1° Ils doivent être convoqués par le pape, qui les préside par lui-même ou par ses légats ; 2° Tous les évêques doivent être convoqués ; 3° Les actes du concile doivent être confirmés par le pape. Aux conciles œcuméniques prennent part les cardinaux, les évoques diocésains, les abbés nullius qui ont une juridiction quasi épiscopale, et les généraux des ordres religieux proprement dits (Chanoines réguliers, Théatins, Barnabitcs, Jésuites, Franciscains, Dominicains, Carmes, Cisterciens, Bénédictins, etc.). Souvent les souverains ont été invités aux conciles par les papes, mais sans avoir pour cela le droit de prendre part aux délibérations et aux décisions. On compte 18 conciles œcuméniques avant celui du Vatican (1809-70),

qui fut prorogé le 20 oct. 1870, après avoir tenu 89 congrégations générales et promulgué les deux Constitutions Apostolicœ seclis et Dei filius. Ces 18 conciles sont : 1° le premier concile de Nicée (l'an 325), qui compta 318 évêques, rédigea le symbole de Nicée, définissant la divinité de J.-C. contre Arius, etc. ; 2" le premier concile de Constantinople (381), qui compta 150 évêques, confirma les décisions de Nicée, condamna les Manichéens, les Millénaires, les Macédoniens, etc. ; 3° le concile d'Ephèse (431), qui compta plus de 200 évêques, condamna Nestorius et définit la maternité divine de la Sainte Vierge ; 4° le concile de Chalcédoine (451), qui compta 630 évêques et condamna Eutychès; 5° et 6° deux conciles de Constantinople (551 et 681), dont le premier condamna les erreurs d'Origène, et le second le monothélisme ; 7° le second concile de Nicée (787), qui s'était d'abord réuni à Constantinople ; il compta 350 évêques et défendit le culte des saintes images contre les iconoclastes; 8° un concile de Constantinople (809), où Photius fut déposé ; 9° le premier concile de Latran (1122), qui, avec les suivants, fut tenu en Occident ; il défendit la mémoire du pape saint Grégoire VII et fixa le principe de l'indépendance de l'Eglise; 10° le deuxième concile de Latran (1130), où furent condamnés Arnaud de Brescia et Pierre de Brueys ; 1 1° le troisième concile de Latran (1 179), qui régla le mode d'élection des papes et condamna les Albigeois ; 12° le quatrième concile de Latran (1215), qui posa les bases principales de la discipline ecclésiastique ; 13° et 14° les deux conciles de Lyon (1245 et 1274), qui continuèrent le précédent; le premier s'occupa, en outre, d'une expédition en Terre-Sainte, et le second de l'union des Grecs ; 15° le concile de Vienne (1311), qui abolit l'ordre des Templiers et institua la procession de la Fête- Dieu. Ici se placent les conciles de Pise (1409), de Constance (1414) et de Bàle (1431), qu'on ne saurait regarder comme œcuméniques. Le concile de Constance condamna Wiclef et Jean Huss. Celui de Bàle fut transféré à Ferrare (1437), puis à Florence. 16° Le concile de Florence (1439), qui s'occupa surtout de la réunion des Grecs et des Arméniens à l'Eglise romaine ; 17° le cinquième concile de Latran (1512), qui abolit la fameuse Pragmatique sanction; 18° le concile de Trente, le plus célèbre des conciles (13 déc. 1545-4 déc. 1563). Il condamna surtout le protestantisme ; mais ses décrets, qui intéressent tous les points du dogme et de la discipline, sont si importants qu'une Congrégation spéciale (celle du Concile) a été créée pour assurer leur exécution et leur maintien.

Quant aux conciles particuliers, ils furent très fréquents, dès l'origine de l'Eglise, avant que la paix générale eût permis la tenue des conciles œcuméniques. Le second concile de Nicée réduisit leur tenue à une fois par an ; le concile de Trente la borna à une fois tous les trois ans. D'abord assez fréquents en France, les conciles provinciaux finirent par être tout à fait empêchés par le pouvoir royal vers la fin du XVIIe siècle. Les assemblées du clergé les réclamèrent vainement. Les gouvernements qui ont suivi n'ont guère été plus favorables. Entre les conciles provinciaux et presque à l'égal des conciles œcuméniques, se distinguent les conciles romains, dans lesquels les papes condamnaient les erreurs nouvelles et prenaient d'autres décisions importantes. — Il existe plusieurs Collections générales des Conciles, auxquelles sont attachés les noms des Surius, des Ilardouin, des Martône, des Mansi, etc. Ces collections sont indispensables aux théologiens, aux canonistes et aux historiens ; car, outre le développement de la doctrine et de la législation de l'Eglise, elles montrent l'influence bienfaisante et souvent décisive qu'elle a exercée sur les mœurs publiques et la destinée

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