‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 228 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

seconder et suppléer l'évêque dans l'administration de son diocèse ». Le concile de Trente l'appelle le conseil de l'évêque, le sénat de l'Eglise. Les chapitres sont séculiers ou réguliers, exempts ou non exempts, numéros ou non numéros, selon que les chanoines sont séculiers ou religieux, soumis ou non à la juridiction épiscopale, en nombre limité ou illimité. Pour constituer un chapitre il suffit de trois chanoines, selon l'adage : Très faciunt capitulum. Le presbyterium, dont s'entourait l'évêque, constitua le premier chapitre : c'était un clergé composé souvent de 12 prêtres et de 7 diacres en mémoire de la première église de Jérusalem. S. Eusèbe de Verceil et S. Augustin introduisirent la vie commune parmi leurs prêtres de la ville épiscopale ; d'autres suivirent cet exemple : ainsi S. Chrodegand, évêque de Metz sous Pépin. Longtemps les communautés de chanoines ressemblèrent aux communautés de moines. A la suite du concordat de 1801, les évoques français purent ériger de nouveaux chapitres dans leurs cathédrales; mais, en 1884, les traitements des chanoines ont été supprimés par voie d'extinction, bien que le pouvoir civil revendique toujours le droit d'approuver les nominations. Dans certains diocèses existent des chanoines prébendes : ils tiennent comme le milieu entre les titulaires et les honoraires. L'un des privilèges des chapitres de cathédrales, est de gouverner le diocèse pendant la vacance du siège. Il nomme, à cet effet, un ou plusieurs vicaires capitulaires.

Fabrique. — Dès l'origine, l'attention des apôtres se porta sur la gestion des libéralités des fidèles destinées soit à l'entretien du ministère ecclésiastique, soit à l'assistance des veuves et des orphelins. Mais cette administration temporelle des biens de l'Eglise, en particulier celle des fabriques, a subi bien des vicissitudes : elle a été contrariée souvent par les entreprises et même les spoliations du pouvoir séculier. Les fabriques de France furent dépouillées et anéanties à la Révolution. Elles furent reconstituées à la suite du Concordat. Aujourd'hui les fabriciens sont choisis parmi les notables paroissiens. Ils sont au nombre de 7 ou de 11 suivant l'importance de la paroisse. Ils élisent parmi eux 3 marguilliers, savoir : un président, un secrétaire et un trésorier. Les fabriques ont été assujetties par la loi de finances de 1892 à des règles de comptabilité impraticables dans la plupart des cas, et qui constituent un empiétement plus grave que les précédents sur les droits de l'Eglise. Des protestations nombreuses se sont produites ; beaucoup de fabriques ont résisté, et l'on espère que le pouvoir s'arrêtera dans cette voie persécutrice. Il ne faut pas oublier que le clergé a eu autrefois l'in tendance absolue des fabriques, que les laïques se sont substitués à lui en vertu de sa propre initiative ou avec son consentement et que, dans l'origine, les administrateurs laïques n'étaient que ses économes. (V. l'abbé Fanton, Traité des fabriques, 1898).

Congrégations religieuses. — On désigne souvent par là tous les ordres religieux et toutes les sociétés religieuses ayant des vœux solennels ou des vœux simples, ou même formées par d'autres engagements. Dans cette acception très large, les Congrégations comprennent donc : 1° les Chanoines réguliers, autrefois très nombreux, dont il ne reste aujourd'hui que les chanoines de S. Sauveur, de Latran, de Prèmontrè, les Croisiers, les Chanoines de S. Maurice cm Valais et du Mont- Saint-Bernard ; ils ont presque tous suivi la rc^le de S. Augustin. — 2° les Moines : Antoniens, Basiliéns, Bénédictins, Chartreux, etc. — 3° les Ordres mendiants : Àugustins, Dominicains, Franciscains, Carmes, Religieux de la Merci, Tributaires , Servites, Hiérony mites,

Hospitaliers de S. Jean de Dieu, etc. — 411 les Clercs réguliers : Théatins, Somasques , Jésuites, etc. — 5" les Congrégations ecclésiastiques, dont voici les principales : les Doctrinaires ; les Clercs réguliers des écoles pies, fondés par S. Joseph Calazanz; les Prêtres de la Mission ou Lazaristes, fondés par S. Vincent de Paul ; la Société des Prêtres de S. Sulpice ou Sulpiciens, fondés par M. Olier; la Congrégation des Prêtres de Jésus et de Marie ou Eudistes ; les Prêtres de la société des missions étrangères ; la Congrégation du Saint-Esprit et de l'Im maculé-Cœur de Marie, qui fournit des missionnaires aux colonies françaises, etc. ; les Rédemptoristes ou Liguoriens, fondés par S. Alphonse de Liguori ; les Passionistes, fondés par S. Paul de la Croix ; les Oblats de Marie Immaculée, fondés par Mgr de Mazenod ; la Compagnie de Marie, Pères Maristes, de Lyon, fondés par le P. Colin ; la Congrégation des SS. Cœurs de Jésus et de Marie, dite de Picpus ; les Prêtres du T. S. Sacrement, fondés à Paris par leP. Eymard ; les Salèsiens, fondés à Turin par dom Bosco ; les Missionnaires du Sacré-Cœur dTssoudun, fondés par le P. Chevalier, curé d'Issoudun ; les Missionnaires de S. François de Sales, dont la maison mère est à Annecy ; — 6° les Instituts religieux de Frères, parmi lesquels les Frères de la doctrine chrétienne et les Petits Frères de Marie, voués les uns et les autres à l'enseignement, sont les plus répandus, et les Congrégations de religieuses enseignantes ou autres, gardes-malades, etc. qui se sont merveilleusement mutipliées en France au XIXe siècle. (V. les monographies des diverses Congrégations, par ex. : Histoire générale de la Société des Missions étrangères, par Launay, 1894).

Ordres religieux. — Ce sont des institutions où l'on fait profession de vivre en communauté sous des règles approuvées par l'Eglise. Leur but est la pratique plus parfaite des préceptes et des conseils évangéliques ; ils ont pour base et moyens les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. La vie religieuse date des premiers âges de l'Eglise. Dès la prédication de l'Evangile, beaucoup d'àmes d'élite voulurent imiter de plus près le Sauveur, soit en restant dans le monde, soit surtout en se retirant dans la solitude. La vie érémitique prit alors un grand développement, surtout en Egypte et dans l'Asie Mineure. En 325, Pacôme réunit des moines en communauté et fonda le premier monastère : la vie cénobitique remplaça bientôt généralement la vie érémitique. Tous les monastères d'Orient adoptèrent un peu plus tard la règle de S. Basile. Les monastères d'Occident eurent pour patriarche S. Benoît. Quelques siècles après, apparurent les Chanoines réguliers. Les Frères Prêcheurs en dérivent. Ils se développèrent au XIIIe siècle, avec l'ordre des Franciscains, etc. Les Congrégations sont nées dans les temps modernes. Nous citerons encore les Ordres religieux militaires, dont les principaux sont : l'Ordre des Hospitaliers de S. Jian de Jérusalem, devenu l'Ordre de Malte ; l'Ordre des Templiers ; l'Ordre du S. Sépulcre; l'Ordre Teutonique ; les quatre ordres militaires d'Espagne (S. Jacques, Calatrava, Alcantara, Montesa), etc. Il est facile de voir que les ordres religieux se sont multipliés avec les siècles et se sont appliqués à toutes les œuvres que comportaient les temps et les circonstances. C'est d'eux, en grande partie, que l'Eglise tire sa force et sa gloire. Il n'est pas étonnant que les ennemis de la religion se soient acharnés contre eux et les aient poursuivis de calomnies. Mais leurs œuvres passées, que nous révèle une histoire mieux connue, et leurs œuvres présentes les justifient (v. Montalembert, les Moines d'Occident et les

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