PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPÉDIQUE
180G. La direction des postes et celle des 'télégraphes ont été réunies en 1878. L'administration des postes jouit d'un monopole justifié par les ressources importantes qu'il vaut au budget ; les contrevenants à ce monopole sont passibles d'une amende. La loi frappe, d'autre part, d'une amende et d'une suspension d'emploi de 5 à 10 ans les fonctionnaires qui suppriment une lettre ou en violent le secret. Mais on sait de quelles exceptions la police croit trop souvent pouvoir se couvrir (cabinet noir). L'administration publie tous les ans un Livre de poste indiquant les distances et les taxes de port pour la France et l'étranger.
Armée. — S'il est vrai que trop souvent la force tranche contrairement à la justice et au droit les querelles des nations, leur avenir n'en dépend pas moins de leur puissance militaire. Déjà les Grecs et les Romains avaient des armées très bien organisées. La gloire des légions romaines est restée sans rivale ; elles triomphèrent surtout par leur tactique et leur esprit de discipline. D'abord temporaires, les armées romaines devinrent permanentes à partir de l'empire. Vers la fin de la féodalité, au XV' siècle, sous Charles V, Charles VII, les armées permanentes commencèrent à reparaître ; elles furent organisées par Louvois, sous Louis XIV. A la suite de l'invention de la poudre et d'armes toujours plus redoutables, les armées ont subi de profondes modifications. Au XIX0 siècle, surtout après les victoires remportées par la Prusse, grâce à son organisation militaire et à la force numérique de ses armées, toute l'Europe a été transformée, pour ainsi dire, en un camp immense, où chaque citoyen, à un moment donné, doit être soldat. Sans compter que cet état de choses est écrasant pour tous et dénote une politique internationale basée sur des injustices et étrangère à l'esprit de l'Evangile, on peut croire que ces armées immenses ou ces peuples armés, qui rappellent les barbares, constituent une force bien inférieure à des armées moindres en nombre, mais composées de soldats de métier, rompus à toutes les fatigues et à tous les travaux de leur état.
L'armée comprend les différentes armes et les divers services : infanterie, artillerie, cavalerie, génie, intendance, train des équipages, ambulances, service des chemins de fer, télégraphie, etc. Les troupes sont groupées en corps d'armée, divisions, brigades, régiments, bataillons, compagnies ou escadrons, batteries, etc. L'importance des cadres (officiers et sous-officiers des compagnies) est extrême, de même que celle des états-majors'. On distingue l'armée de terre et l'armée de mer. La France n'a pas réussi encore à se créer une armée coloniale, comme l'Angleterre, l'Espagne, la Hollande. Son armée de terre comprend l'armée active ou permanente, avec sa réserve, et l'armée territoriale, avec sa réserve. La loi du 24 juillet 1873 a partagé le pays en 18 régions militaires correspondant à autant de corps d'armée sans compter l'Algérie. D'après la loi du 15 juillet 1889, tout Français doit le service militaire personnel. La durée du service est de 25 ans : les 3 premières années dans l'armée active ; les 7 suivantes, dans la réserve de cette armée ; 6 autres, dans l'armée territoriale ; les 9 dernières, dans la réserve de cette armée. Ne font qu'une année dans l'armée active, sous certaines conditions, les instituteurs laïques de l'Université, les docteurs en droit, les licenciés es sciences ou es lettres, etc. (V. Delaperrière, la France administrative et l'armée ; Dictionnaire militaire., etc.).
Garde. — Ce nom a été porté par différentes troupes, dont plusieurs sont restées célèbres. Charles VII créa des Gardes du corps ; il y eut aussi des Gardes de la manche : c'étaient 24 archers écossais chargés de suivre partout la personne
du roi, pour la protéger. Il y eut également des Gardes françaises, qui faisaient partie de la maison militaire du roi. Mais la Garde impériale est la plus célèbre. Créée par Napoléon en 1804, elle remplaça la Garde consulaire et ne compta d'abord qu'une dizaine de mille hommes; en 1814, elle dépassait 100.000. On la distinguait en Vieille Garde et Jeune Garde. Napoléon III la rétablit comme réserve de l'armée active. Citons encore la Garde nationale, qui prit d'abord le titre de Garde bourgeoise, créée en 1780 et commandée par La Fayette ; elle arbora la première la cocarde tricolore. Elle prit plus tard une part décisive à la révolution de 1830. Enfin une Garde nationale mobile fut créée en 18G8, mais elle ne fut appelée sous les drapeaux que dans la funeste guerre de 1870-71.
Guides. — Bonaparte ayant failli être enlevé par des coureurs ennemis (30 mai 1790), fit organiser par Bessières le premier Corps des Guides, chargé de veiller sur sa personne. En 1848, plusieurs escadrons de guides furent attachés aussi à la personne du président. Ces escadrons formèrent un régiment de la garde sous le second empire.
Guet. — La Constituante remplaça le guet par la gendarmerie. L'organisation du guet remontait à saint Louis (1254). On distinguait le guet royal et le guet assis ou mestiers, composé de bourgeois ou gens de métiers. Celui-ci se tenait dans les corps de garde et, au besoin, prêtait main-forte au premier. En 1789, le guet, à Paris, ne comptait pas moins d'un millier d'hommes à pied ou à cheval.
Etat-major. — L'état-majour étant comme la tête de l'armée, rien n'est plus important que sa bonne organisation. La Prusse doit en grande partie ses succès militaires à son Académie de guerre et aux officiers qui s'y sont formés. L' Etat-major général comprend les généraux de division et de brigade. L'état-major d'un régiment comprend les officiers supérieurs (chefs de bataillon ou d'escadron et au-dessus) ainsi que les officiers non attachés à des unités constituées : major, officier d'habillement, trésorier, etc. Un service d'étatmajor est constitué auprès de chacune des grandes unités (armée ou corps d'armée, divisions, brigades) ; il comprend un chef d'état-major et un certain nombre d'officiers et archivistes. Aux officiers d'étatmajor incombent le service des reconnaissances, la rédaction et la transmission des ordres émanant du commandement, les missions spéciales.
Recrutement. — Les armées se sont recrutées et se recrutent encore de bien des façons, et chaque peuple a entendu à sa manière le service militaire. En Egypte et dans l'Inde, nous voyons des classes guerrières, distinctes des agriculteurs, des artisans, de la classe sacerdotale, etc. Chez les Grecs, tout citoyen pouvait être appelé à porter les armes jusqu'à 60 ans. A Rome, c'est presque le même régime ; ceux qui ne possédaient rien ou les prolétaires furent exclus de l'armée jusqu'à Marius; un peu plus tard, les légions se recrutèrent parmi les auxiliaires barbares. Lorsque les armées permanentes apparurent, elles se recrutèrent par enrôlement plus ou moins libre ; les Suisses, les Ecossais furent d'excellents soldats mercenaires. Sous Louis XIV fut inauguré le tirage au sort. La Révolution recourut à la levée en masse. Longtemps le remplacement fut autorisé et laissé à la spéculation privée ; mais une loi du 6 avril 1855 réserva à l'Etat le droit de remplacer les soldats qui s'exonéraient en payant une prime. Depuis 1872, le service militaire personnel est imposé à tous. Les jeunes gens qui ont accompli leur 20e année dans le courant d'une année civile, forment la classe de recrutement de cette année ; ils sont inscrits (d'où le nom de conscrit) sur la liste de recensement, dans chaque