PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
comme le fut plus tard la gendarmerie, avec laquelle il se confondit (1720). En 1789,1a maréchaussée formait 33 compagnies ; son effectif s'élevait à près de 5.000 hommes. Elle fut réorganisée en 1790 et devint la Gendarmerie nationale.
Division. — Au pied de paix, la division d'infanterie comprend deux brigades. Sur le pied de guerre, elle est augmentée de cavalerie, d'artillerie, de génie, etc. La division de cavalerie comprend trois brigades. Les divisions de cavalerie indépendantes, c'est-à-dire qui n'entrent pas dans un corps d'armée, reçoivent, en temps de guerre, de l'artillerie et les autres services nécessaires. Chaque division est commandée par un général de division assisté d'un état-major. Dans la marine, on donne le nom de division à trois bâtiments de guerre au moins, groupés sous un même chef. Trois divisions forment une escadre.
Régiment. — Ce corps de troupes forme l'unité d'instruction et aussi l'unité militaire administrative. Chaque régiment a son colonel, son état-major, son conseil d'administration, son drapeau, sur lequel sont inscrits les noms des batailles où le régiment s'est distingué. Le régiment est donc comme la famille militaire du soldat. Le régiment d'infanterie comprend, en temps de guerre, 3 bataillons à 4 compagnies ; son effectif est de 3.000 hommes. Le régiment de cavalerie a 5 escadrons en temps de paix, 4 en temps de guerre ; l'effectif de l'escadron est de 150 sabres. Le régiment d'artillerie comprend 13 batteries ; celui du génie, 4 ou 5 bataillons à 4 compagnies.
Compagnie. — C'est l'unité de combat et d'administration la plus simple. La compagnie prend le nom de batterie dans l'artillerie et d'escadron dans la cavalerie. Elle est confiée à un capitaine, qui répond de son instruction et de son administration ; il est secondé pour celle-ci par un sergent-major.
Légion. — L'effectif et l'organisation de la légion romaine ont varié. Marius la porta à 0.000 hommes. Souvent les alliés et les auxiliaires doublaient ce chiffre. Elle comptait une fraction de cavalerie, environ le dixième. La légion allait au combat sur trois rangs: au premier, les hastaires; au second, les principes ; au troisième, les triaires, soldats éprouvés, sorte de réserve. Une quatrième classe, les véhtes, formaient l'infanterie légère. La légion comptait une trentaine de manipules, chacun de deux centuries.
Phalange. — Ce nom désigne un ordre de bataille fort usité chez les Grecs, et aussi un corps d'infanterie destiné à combattre dans cet ordre. La phalange macédonienne, perfectionnée par Philippe, valut à ce roi et à son fils Alexandre plus d'une victoire. Elle se composa d'abord de 4.000 hommes environ rangés sur 16 de profondeur ; la grande phalange se composa de 16.000 hommes. Les soldats étaient armés de longues lances ou sarisses, dont la longueur croissait encore à partir du premier rang, de manière à former en avant de la phalange un rempart de fer mouvant et irrésistible. Elle fut rompue et succomba devant les cohortes romaines, beaucoup plus mobiles, qui combattaient à l'aise sur tous les terrains.
Cohorte. — Elle comprenait trois manipules et formait par conséquent le dixième d'une légion, environ 600 hommes. On distinguait les cohortes légionnaires, alliées, prétoriennes et urbaines. Les premières formaient les légions ; les secondes étaient des troupes auxiliaires ; les troisièmes composaient une sorte de garde, qui protégeait la personne du préteur ou de l'empereur ; les quatrièmes gardaient la ville de Rome.
Marine. — La marine a été transformée, de même que les' armées de terre, à la suite de certaines inventions qui ont modifié profondément les
conditions de la navigation, les moyens d'attaque et de défense (navigation à vapeur, canons à longue portée, cuirasses). Elle a [iris un développement extraordinaire, à la suite surtout de la découverte de l'Amérique. Tour à tour les marines portugaise, espagnole, hollandaise ont dominé les mers. La première puissance maritime du globe aujourd'hui est l'Angleterre, à qui la France longtemps a disputé l'empire. Le personnel de la marine militaire française ou le corps de la marine comprend, outre les officiers de marine et les équipages, le génie maritime, l'artillerie de marine et l'administration de la marine. L'état-major de la flotte comprend : deux ou trois amiraux, ayant rang de maréchaux; une douzaine de vice-amiraux, ayant rang de généraux de division, un nombre double de contreamiraux (généraux de brigade), une centaine de capitaines de vaisseaux (colonels), un nombre proportionné de capitaines de frégate, de lieutenants de vaisseau, d'enseignes et d'élèves. Le matériel de la marine comprend la flotte, les arsenaux, les ports, etc. Le chef de toute l'armée de mer est le ministre de la marine.
Guerre. — Elle peut devenir non seulement une nécessité, mais encore un devoir, bien que certains aient refusé dejamais la justifier. S'il est permis au simple particulier de défendre sa vie et ses biens injustement attaqués et de tuer même son agresseur, à plus forte raison faut-il le permettre aux sociétés indépendantes et parfaitement constituées. La guerre leur est d'autant mieux permise qu'elle est leur suprême moyen de défense, puisqu'il n'est pas de tribunal auquel on puisse toujours recourir et dont les ennemis veuillent accepter les décisions.
Nous touchons ici aux conditions de toute guerre juste. Il faut qu'elle soit le seul moyen, pour l'Etat belligérant, de recouvrer ses droits. On peut estimer qu'il est criminel aujourd'hui de déclarer la guerre, sans avoir essayé de régler le différend par voie d'arbitrage. Si la guerre est inévitable, il faut qu'elle soit entreprise par l'autorité légitime et dans l'unique vue de repousser l'injustice et de rétablir la paix ; il faut encore se conformer, pour la déclaration de guerre et dans tous le cours des opérations militaires, aux prescriptions delà loi naturelle, aux traités et aux usages internationaux : par exemple, respecter les blessés, les ambulances, la population désarmée, etc. On n'usera de représailles qu'avec une extrême réserve; car la guerre prendrait bien vite les caractères de la barbarie. Malgré toutes les atténuations possibles, la guerre n'en reste pas moins l'un des plus grands fléaux, surtout entre Etats qui mettent sous les armes toute leur population valide et disposent de moyens formidables de destruction. Outre les affreux malheurs dont elle est la cause directe, tels que la mort d'une élite d'hommes, le deuil des familles, la ruine des villes et autres dévastations, il faut compter les excès dus aux passions déchaînées de tant d'hommes armés, que la discipline est toujours incapable de contenir assez. Que de meurtres particuliers que les lois de la guerre ne justifient pas, que de représailles individuelles et abominables, que de violences et d'immoralités !
Parmi ceux qui ont essayé de justifier ou du moins d'expliquer la guerre, les uns l'ont regardée comme une expiation sanglante de l'humanité coupable et révoltée (ainsi de Maistre). Mais c'est là un genre d'expiation qu'il ne tiendrait qu'à l'homme d'abolir, et qui nous est imposé plutôt par nos crimes présents que par nos crimes passés. Les autres regardent la guerre comme le moyen providentiel et même nécessaire de grandir les caractères, d'arracher les hommes à la corruption et à la mollesse, fruits ordinaires d'une trop longue paix (ainsi de Moltke). Mais on peut répondre que les occasions et même la nécessité de montrer du carac-