‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 240 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

naguère dans les principales académies (Le P. Denifle a publié le Cartulaire monumental de l'Université de Paris. L'abbé Feret a publié : la Faculté de théologie de Paris et ses docteurs les plus célèbre*, 3 vol. 1894-6. V. aussi Gréard, .Vos adieu,)1 à l'ancienne Sorbonne).

Ecole. — L'histoire des écoles est l'histoire même de l'enseignement et des connaissances humaines. Les Universités, qui sont la gloire de la civilisation chrétienne, succédèrent aux écoles monastiques et épiscopales, qui étaient nées dans les évéchés et les cloîtres. Dans ces écoles, on enseignait, outre les sciences ecclésiastiques, les éléments des lettres et des sciences, sauvés par l'Eglise à la suite des invasions des barbares. Citons en particnlier l'Ecole palatine fondée par Charlemagne et Alcuin. l'Ecole de Reims, où brilla Gerbert, et celle de Chartres, où enseigna Fulbert. Chez les Grecs, l'enseignement fut donné de bonne heure et, pour ainsi dire, à tous les degrés; les pédagogues enseignaient la grammaire, la poésie, la musique et les arts ; les écoles de rhétorique et de philosophie étaient célèbres et groupaient des esprits d'élite. Les rhéteurs et les philosophes ouvrirent ensuite des écoles à Rome, où les patriciens et les chevaliers vinrent s'instruire. Aujourd'hui on donne spécialement le nom d'écoles à certains établissements d'instruction qui ne rentrent pas dans les cadres ordinaires de l'enseignement. Nous en citerons quelques-uns : l'Ecole polytechnique, fondée en

1794. La durée des études est de deux ans. Selon le rang obtenu à l'examen de sortie, les élèves sont déclarés aptes aux écoles d'application, des manufactures de l'Etat, des mines, des ponts et chaussées, du génie ou de l'artillerie, etc. — Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, fondée en 1803. La durée des études est de deux ans, après lesquels les élèves deviennent sous-lieutenants d'infanterie ou de cavalerie. — Ecole de cavalerie de Saumur, qui reçoit des élèves sortant de Saint-Cyr dans la cavalerie, etc. — Ecole d'application d'artillerie et du génie, transportée de Metz à Fontainebleau en 1871. Ses élèves sortent pour la plupart de l'Ecole polytechnique. — Ecole navale établie en rade de Brest. Les élèves sortent après deux ans, avec le titre d'aspirant de 2e classe. — Ecole d'application <lu génie maritime, à Paris. Les cours durent deux ans. Elle reçoit des élèves sortant de l'Ecole polytechnique et les prépare aux fonctions d'ingénieur des constructions navales. — Ecole des ponts et chaussées, fondée à Paris en 1747. Elle forme des ingénieurs du service des ponts et chaussées et aussi des ingénieurs civils. Les cours durent trois ans. — Ecole des mines, fondée à Paris en

1795. Elle forme des ingénieurs pour les mines, etc. Les cours durent trois ans. — Ecole normale supérieure, fondée à Paris en 1808, pour former les professeurs de lycées, collèges, etc. Les cours durent trois ans. — Ecole française d'Athènes, fondée en 1846, pour perfectionner de jeunes professeurs dans la langue, l'histoire et l'archéologie grecque. — Ecole archéologique de Rome, fondée à Rome en 1875, au palais Farnèse, pour perfectionner déjeunes savants dans la connaissance des antiquités latines. — Ecole française île Rome. Elle reçoit pendant trois ans des artistes ayant remporté le grand prix de Rome. — Ecoles des Beaux-Arts. Celle de Paris, qui est la principale, a été fondée en 1785. — Ecole des Chartes, fondée à Paris, en 1821, pour former des archivistes paléographes. — Ecole pratique des Hautes Etudes, fondée en 1808, près la Sorbonne. Aucune condition d'admission n'est requise. — Ei oie spéciale 'le* langues orientales cirantes, fondée à Paris en 1795, pour former des interprètes ou drogmans. — Ecole centrale des Arts et manufactures, fondée à Paris en 1829, pour former des

ingénieurs civils. — Ecoles des Arts et Métiers, fondées en 1780, pour former des contre-maîtres dans l'industrie du. bois ou du fer. Il y en a trois : Aix, Angers et Châlons-sur-Marne. — Ecoles d'agriculture. Il en existe trois principales : Grignon , Rennes et Montpellier , sans compter 33 écoles pratiques d'agriculture et 16 fermes-écoles. — Citons aussi les trois écoles professionnelles d'Armentières, Vierzon et Voiron, où les élèves, tout en recevant l'enseignement primaire, font l'apprentissage de quelque métier. — Enfin, parmi les écoles libres, outre les facultés catholiques et leurs annexes (sociales, industrielles, agricoles, etc.), citons Y Ecole libre des sciences politiques, fondée en 1870 à Paris par M. Boutmy, pour préparer à la carrière diplomatique, au conseil d'Etat, aux divers ministères, etc.

Académie française. — L'Académie a désigné d'abord les jardins où Platon donnait ses leçons, puis, par extension, l'école platonicienne (v. platonisme). Aujourd'hui l'Académie se dit absolument de l'Académie française. Elle n'était au début qu'une société d'hommes de lettres, qui se réunissaient chez Conrart. Richelieu se hâta de la prendre sous sa protection et la constitua en Académie par lettres patentes du roi en 1635. Le parlement ne consentit à enregistrer les lettres patentes du roi qu'avec cette clause curieuse : « A la charge que ceux de ladite compagnie ne connaîtront que de l'ornement, embellissement et augmentation de la langue française, et des livres qui seront par eux faits ou par d'autres personnes qui le désireront ou le voudront ». Dès l'origine, l'Académie eut un directeur et un chancelier, qui devaient être changés tous les deux mois, et un secrétaire perpétuel ; elle prit pour devise : A l'immortalité; d'où, sans doute, le surnom d'immortels donné aux académiciens. Leur première occupation, celle qui devait être toujours la principale et la plus utile de la compagnie, fut la composition d'un Dictionnaire de la langue française. Vaugelas en fit la plus grande partie. La première édition ne parut qu'après 50 ans de labeurs ; la septième a paru en 1878. A part ce service important qu'elle rend aux lettres, l'Académie n'a guère rempli le rôle d'un tribunal littéraire. Elle couronne cependant certaines œuvres en vers ou en prose, décerne certains prix et, en particulier, des prix de vertu. Son histoire a été écrite par- Pélisson et continuée par l'abbé d'Olivet (les Registres de l'Académie française, 1672- 1793, 3 vol. ont été publiés en 1895).

Institut. — L'Institut de France comprend les cinq Académies : Académie française ; — Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, fondée par Colbert en 1663 : elle s'occupe d'archéologie et d'histoire; — Académie <lcs sciences morales et politiques, fondée par la Convention : elle comprend une section de philosophie; — Académie des Sciences, fondée par Colbert en 1666 ; — Académie des Beaux-Arts, dont les différentes sections créées par Mazarin et Colbert furent réunies en 1796. A l'exception de l'Académie des sciences, qui compte 65 membres, toutes en comptent 40. Elles ouvrent des concours, décernent des prix, publient des mémoires, etc. Signalons aussi l'Académie de médecine, qui date de 1819; elle a remplacé l'Académie royale de chirurgie et la Société royale de médecine, que la Révolution avait détruites.

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