‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 243 sur 686 · LIVRE VII : DE LA SOCIETE · texte numérisé non relu

LIVRE VII : DE LA SOCIETE

un conseil composé d'archevêques, d'évèques et d'abbés de monastères ou archimandrites. (Sur le schisme russe, v. les ouvrages du P. Pierling et de M. Soloviev).

Protestantisme — Ce nom désigne l'ensemble des sectes, d'ailleurs très différentes entre elles, nées de la révolte de Luther. Les disciples de cet hérésiarque, protestèrent contre un décret de l'empereur et de la diète de Spire (1529) et en appelèrent à un concile général : de là le nom du protestantisme. Il repose tout entier sur ce principe, que la Bible est l'unique règle de foi et que chaque chrétien a le droit de l'interpréter à son gré : le protestantisme rejette donc la tradition et l'autorité du pape. Il rejette aussi le culte des saints et des reliques, le culte des images, le purgatoire, les indulgences, la confession, les sacrements, etc. Cependant les luthériens ont conservé le baptême et la communion sous les deux espèces. Ce culte exclusif voué à la Bible, joint au dédain de la tradition, parait avoir inspiré les Sociétés bibliques qui se sont formées partout et surtout en Angleterre, dès la fin du XVIIIe siècle. La Société biblique britannique et étrangère fut fondée en 1804 ; la Société biblique protestante de Paris, en 1818. Le nombre des bibles répandues sur tout le globe par ces sociétés est incalculable. (V. Bossuet, Histoire des variations protestantes ; Balmès, le Protestantisme et le Catholicisme comparés dans leurs rapports avec, la civilisation européenne; G. Goyau, l'Allemagne religieuse, le Protestantisme, 1897 ; Th. de la Rive, de Genève à Rome).

Anglicanisme. — Il est né de la prétendue réforme faite par Henri VIII, roi d'Angleterre, resté célèbre également par ses cruautés. Ce prince établit ce que l'on a appelé la suprématie spirituelle des rois d'Angleterre, c'est-à-dire qu'il se déclara chef suprême de la religion anglicane. Aujourd'hui encore tout fonctionnaire de l'église anglicane doit prêter un serment par lequel il reconnaît ce prétendu droit de la couronne. Ceux qui n'adhèrent pas à l'anglicanisme, qui est l'église établie, sont appelés non conformistes. Les anglicans soutiennent qu'il n'y a que trois sacrements institués par J.-C. : le baptême, l'eucharistie et la pénitence. Sous Edouard VI, fils de Henri VIII, ils ont adopté aussi les erreurs des luthériens et des zwingliens : ils rejettent donc la présence réelle et le culte des saints. Au cours du XIXe siècle, un puissant mouvement de retour vers l'Eglise romaine s'est déclaré au sein de l'anglicanisme. On évalue à près de 10.000 le nombre des conversions plus ou moins marquantes opérées chaque année (voir Dict. hist. Newman, Manning). Dans ces derniers temps, la question de la validité des ordinations anglicanes a été vivement agitée entre catholiques et protestants plus ou moins désireux de rentrer en communion avec Rome, sans rompre tout à fait avec l'anglicanisme. Après l'examen le plus impartial, Léon XIII a déclaré que ces ordinations étaient regardées justement comme invalides (v. le P. Brandi, Rome et Cantorbéry, Commentaire de lu bulle « Apostolicse eurae » déclarant nulles les ordinations anglicanes, etc.; P. Ragey, la Crise religieuse en Angleterre).

Franc-maçonnerie. — Les sociétés secrètes ont existé et pris différents noms à toutes les époques. Elles sont connues aujourd'hui, en France, principalement sous le nom de franc-maçonnerie. Leur illégitimité résulte d'abord de leur nature occulte. Ces sociétés, en effet, ne s'entourent de mystères, dissimulés souvent derrière des rites puérils et des formes philanthropiques, que parce qu'elles poursuivent un but inavouable, en particulier le renversement de la religion chrétienne. Aussi l'Eglise a-t-elle dû les condamner à diverses

reprises. La Constitution Apostolicœ Scdis frappe d'une excommunication réservée au pape « ceux qui s'enrôlent dans la secte des Francs-Maçons, des Carbonari, ou de toutes les autres sectes de ce genre qui trament, ouvertement ou clandestinement, contre l'Eglise et les pouvoirs légitimes, et ceux également qui prêtent, de n'importe quelle façon, leur faveur à ces mêmes sectes. La même peine est encourue par quiconque ne dénonce pas les coryphées et les chefs occultes de ces sectes, jusqu'à ce que cette dénonciation soit faite ». Les règles à observer envers les sociétés secrètes sont contenues surtout dans l'Encyclique Humanum genus du 20 avril 1884 et dans YInstruction de la C. du Saint-Office sur la franc-maçonnerie, du 10 mai suivant. Dans celles-ci sont réprouvées et interdites expressément toutes les sectes « qui exigent de leurs membres, sous la foi du serment, un secret absolu et une obéissance sans réserve à des chefs occultes ». (V. Deschamps, Les sociétés secret es et la société, ou philosophie de l'histoire contemporaine; Dom Paul Benoît, La cité antichrétienne, la franc-maçonnerie).

Judaïsme. — Le judaïsme ancien, qui était un monothéisme très pur enseigné par Moïse et consigné dans la Bible, a préparé la religion chrétienne. Il n'a pu survivre à la promulgation de celle-ci qu'en niant la divinité de J.-C, et n'a pas tardé à altérer les autres vérités morales et religieuses dont il avait le dépôt. D'ailleurs, même avant J.-C, la religion judaïque avait été déchirée par bien des schismes et des hérésies, comme on peut le voir par les discordes des pharisiens et des saducéens, sans parler d'autres sectes, au temps de N.-S. Le mal s'aggrava sans mesure après le déicide et la malédiction qni en fut la suite. De là la religion du Talmud, qui, au lieu de confirmer et de continuer les anciennes traditions, les a corrompues d'une façon odieuse ; de là les superstitions de la Cabale. Rappelons, entre autres excès, le meurtre des enfants chrétiens, si souvent reproché à des juifs fanatiques; et la façon odieuse dont le Talmud traite les chrétiens goïj, regardés comme une « semence de bétail », qui n'a aucun droit. Il n'est pas étonnant ensuite que le judaïsme se soit allié aux sectes antichrétiennes et aux sociétés secrètes de tous les temps. Il parait être l'âme aujourd'hui de la franc-maçonnerie, comme aussi du socialisme révolutionnaire. Parmi les juifs, les uns sont restés plus ou moins fidèles aux traditions et aux pratiques de la synagogue : ce sont les orthodoxes ; les autres ont passé au rationalisme, qu'ils cherchent à substituer à la religion chrétienne; mais tous travaillent consciemment ou non à établir la prépondérance de leur race sur tous les peuples, en particulier sur les peuples chrétiens. Leur moyen de domination le plus puissant est l'or, avec lequel ils se sont emparés de la presse et exercent une influence très souvent décisive sur les pouvoirs publics. Le haut commerce leur appartient et ils envahissent toutes les administrations et les carrières libérales. Le judaïsme n'est donc pas tant une religion qu'un esprit de domination universelle au profit d'une race. Sa force date surtout de la Révolution, qui a introduit les juifs dans la société française, en leur conférant tous les droits du citoyen. Le même privilège fut étendu aux juifs d'Algérie par le juif Crémieu, membre du gouvernement de la défense nationale en 187(1; cette émancipation provoqua aussitôt une révolte sanglante des Arabes. On doit au même Crémieu, qui était aussi le président du suprême conseil de la franc-maçonnerie, l'organisation de l'Alliance Israélite universelle. Cette destinée étonnante du peuple juif, qui s'est répandu partout et a traverse'' toutes les générations, sans se confondre avec elles, est une démonstration de la divinité de J.-C. et de la mission de l'Eglise

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