PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
un entretien qui porte sur des sujets religieux et auquel prennent part ordinairement des personnages ayant qualité à cet effet. Mais ce mot s'applique aussi à des conversations plus intimes et se prend souvent en mauvaise part : par exemple en parlant des entretiens de conspirateurs.
Narrer, conter, raconter. — On narre en littérateur plutôt qu'en historien ou en témoin. La narration, en effet, a trait à la forme littéraire du récit, abstraction faite de la vérité du fond. On conte pour amuser, familièrement, au cours d'une conversation ; et d'ordinaire l'imagination fait une bonne partie des frais du récit : on conte des fables, des histoires. On raconte selon la vérité et pour instruire : on raconte les événements passés. Il faut narrer avec talent et élégance, conter avec agrément et raconter avec fidélité.
Discours, oraison, sermon, panégyrique, homélie, prône, harangue, allocution, plaidoyer. — Discours est un terme général, qui désigne toute parole adressée à un auditoire pour l'instruire et le persuader. Oraison était, chez les anciens, synonyme de discours ; mais ce mot n'est guère usité aujourd'hui qu'en parlant des oraisons funèbres, discours prononcés en l'honneur de quelque défunt illustre. Le sermon est le discours ordinaire de la chaire : il porte sur les vérités de la foi et les devoirs de la vie chrétienne. Le panégyrique est le discours solennel qui porte sur la vie et les exemples de quelque saint. Chez les anciens, le panégyrique était l'éloge solennel et oratoire de quelque personnage ou de quelque pays. L'homélie est l'instruction familière donnée du haut de la chaire, expliquant un point de religion et d'ordinaire quelque passage de l'Evangile : les Pères nous ont laissé de belles homélies. Le prône ou instruction dominicale donnée aujourd'hui dans les paroisses, est à l'imitation des anciennes homélies. La harangue était, chez les anciens, un discours solennel prononcé devant un personnage ou pour quelque affaire importante : les harangues de Démosthène et de Cicéron sont restées célèbres, h' al location était un discours vif, concis, énergique, prononcé par un chef, etc. dans une circonstance grave, par exemple avant de livrer bataille. Enfin le plaidoyer est un discours judiciaire, qui peut comporter lui aussi les plus beaux mouvements oratoires.
Balbutier, bégayer, bredouiller. — On balbutie, à la manière de l'enfant, en n'articulant pas ses mots. Le trouble fait qu'on balbutie, c'està-dire qu'on s'exprime d'une façon peu intelligible. On bégaie à la manière du bègue, en ne liant pas les syllabes, en les répétant et en coupant les mots. Au figuré, l'homme est forcé de bégayer en parlant des mystères. On bredouille, en roulant les Syllabes et les paroles les unes sur les autres, dans un bruit confus, par l'effet d'un vice de l'organe ou de la précipitation.
Lecteur, liseur. — On est lecteur, en s'appliquant actuellement à la lecture, soit qu'on prononce ce qu'on lit, soit qu'on ne le prononce pas. On est liseur en lisant beaucoup et habituellement, d'ordinaire sans choix ni méthode.
Sentence, axiome, proverbe, aphorisme, apophtegme. — La sentence est une proposition qui renferme un grand sens, comme celle-ci de Socrate : Connais-toi toi-même. L'axiome est une vérité première, évidente par elle-même, comme le sont les principes de la géométrie. Ex. : Le tout est plus grand que la partie. Le proverbe est une sentence devenue populaire. Ex. : Tout ce qui brille n'est pas or. L'aphorisme est une sentence ou un précepte scientifique, qui résume en peu de mots de grandes vérités. Ex. : La vertu des remèdes consiste à seconder la nature. L'apophtegme est un dit mémorable, comme celui-ci de Léonidas :
Les braves gens préfèrent l'honneur à la vie, parce qu'ils tiennent la vie de la fortune et l'honneur de la vertu.
Lettre, caractère. — Une lettre c'est chacun des signes dont la réunion forme des syllabes et compose l'écriture. L'enfant doit apprendre ses lettres avant de s'essayer à lire. Le caractère, c'est la lettre considérée au point de vue de sa forme extérieure plutôt qu'au point de vue du son ou de l'émission de voix qui lui correspond : on grave des caractères; il y a une grande variété de caractères d'imprimerie. En outre, le mot caractère a un sens plus général ; il s'applique à une foule de signes distinctifs
Majuscule, capitale. — La majuscule est une lettre plus grande que les autres, qui marque les noms propres, le commencement des phrases, etc. La capitale est un caractère supérieur à ceux de son ordre, qu'on emploie, en imprimerie, pour les titres de chapitres, etc.
Seing, signature. — Au sens le plus général, le seing comprend tout signe qui atteste l'authencité d'un acte, tel que le sceau, le cachet, les armoiries. La signature consiste dans le nom de la personne écrit par elle-même au bas de l'acte qu'elle veut par là reconnaître.
Volume, tome. — Le volume est un manuscrit ou un imprimé formant un seul tout matériel, plus ou moins considérable, broché ou relié. Le volume peut donc comprendre un ouvrage, ou une partie d'ouvrage, ou une collection d'ouvrages ou d'opuscules. Le tome est la division d'un ouvrage qui comprend d'ordinaire plusieurs volumes. Mais le tome peut ne pas coïncider avec le volume ; en sorte, par exemple, qu'il peut y avoir un volume en deux tomes et un tome en deux volumes. La division par volume est plus extérieure à l'ouvrage que la division par tomes. C'est pourquoi le format se dit du volume et non du tome ; on dira volume in-8, in-4°, et tome premier, tome second.
Dictionnaire, lexique, vocabulaire, glossaire. — Un dictionnaire est un recueil des mots d'une langue ou de plusieurs langues, rangés dans un ordre, tantôt méthodique, le plus souvent alphabétique. On donne aussi, mais improprement, le nom de dictionnaire à certains recueils ou répertoires alphabétiques, si abondants aujourd'hui : dictionnaire de chimie, d'histoire naturelle, des sciences, des arts, etc. Le lexique est un petit dictionnaire qui renferme un choix de mots, ceux qui ont été employés à une époque, ou par un auteur, ou qui appartiennent à tel genre : ainsi le lexique de Corneille. Le vocabulaire est un dictionnaire alphabétique contenant les mots d'une langue, avec une explication succincte, ou bien les termes particuliers à une science, à un art, à une époque, à une littérature. Enfin le glossaire est un dictionnaire où l'on explique certains mots moins connus ; il s'adresse surtout aux érudits : ainsi le glossaire de Du Congé.
Almanach, annuaire, calendrier. — L'almanach contient, outre le calendrier, des renseignements astronomiques (nombre d'or, épacte, cycle solaire, lettre dominicale) et parfois des prédictions sur le temps. On y ajoute aujourd'hui certains renseignements spéciaux (Almanach du laboureur, des missions, du pèlerin). L'annuaire est également un ouvrage de renseignement, qui se publie chaque année, mais d'ordinaire plus considérable. Il s'est multiplié, en devenant plus spécial, comme l'almanach. Quant au calendrier, qui est contenu dans les almanachs et dans beaucoup d'annuaires, il indique l'ordre des jours, des semaines, des mois, avec les noms des saints, les fêtes, les jours déjeune et d'abstinence, les saisons, les variations des jours, les phases de la lune. Langue, langage, idiome, dialecte, pa-