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PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPÉDIQUE

douze syllabes, est dit vers hexamètre ou de six pieds. .

Stance. — Elle résulte du groupement symétrique d'un certain nombre de vers ayant un sens complet. Les stances des chansons s'appellent couplets ; celles des odes et autres poésies lyriques, s'appellent strophes^ Les stances d'une même pièce sont soumises aux mêmes règles. Le nombre des vers, avec leur mesure, est laissé à la liberté du poète ; il' peut s'élever de 3 à 12 : de là les tercets, les quatrains... les octaves. Le Tasse a composé la Jérusalem délivrée en octaves; Le Dante a composé la Divine Comédie en tercets.

Ballade. — Les premières ballades, soit italiennes, soit françaises, étaient des chansons naïves qui servaient d'accompagnement à la danse; d'où leur vint leur nom (baller, danser). Au temps de Villon, la ballade était devenue un petit poème, composé de 3 couplets de 8 ou 10 ou 12 vers sur les mêmes rimes et se terminant par un vers servant de refrain; suivait un 4e couplet, dit envoi, plus court et terminé par le même refrain. Elle ne trouva pas grâce devant les classiques du XVIIe siècle. En Angleterre et surtout en Ecosse, où elle fut transportée par les Normands, la ballade devint le récit populaire et poétique de quelque événement plus ou moins légendaire, à la manière des romanceros espagnols. Les ballades de l'Allemagne, de la Grèce moderne, celles de Victor Hugo ont le même caractère.

Chant. — A l'origine, on ne séparait pas la poésie du chant, et le nom de chant est encore celui de certaines poésies que l'on chante ou qui peuvent être chantées; c'est aussi le nom des divisions de certains poèmes, comme Y Iliade et l'Odyssée. Dans l'ancienne poésie française, on donnait le nom de chant à plusieurs espèces de pièces de vers, les unes assujetties à certaines règles et les autres libres. En particulier le chant dit royal, qui fut longtemps en vogue, était une sorte de ballade composée de 5 strophes de 1 1 vers. Elle commençait par l'un de ces mots : Sire, Roi, Prince. De là son nom.

Chanson. — Si l'on donne à ce mot le sens le plus élendu, il comprend tous les genres, depuis les chants guerriers, religieux, poétiques, jusqu'aux chansons les plus satiriques et les plus folles. Tous les peuples ont eu leurs chansons : Egyptiens, Grecs, Romains et barbares. A la chanson on peut rapporter les lais et virelais, les complaintes, les noëls, les romances, les vaudevilles. Parmi les vieilles chansons populaires dont le souvenir persiste encore, on peut citer la chanson de Malbroug et celle du chevalier de la Palisse. Les temps de la Ligue et de la Fronde firent éclore une foule de chansons. L'esprit français s'est toujours montré fertile. Au XIXe siècle, Béranger a créé un genre nouveau et mériterait d'être pris pour modèle, s'il n'avait mis trop souvent son esprit au service de l'impiété.

Epigramme. — Synonyme d'abord d'épigraphe, le mot d'épigramme a désigné ensuite un petit poème ayant pour caractère principal la brièveté. Avec les Romains et, en particulier, avec Martial et Catulle, l'épigramme devint une courte satire, un trait piquant, décoché souvent par la malignité. Parmi les auteurs français qui se sont distingués dans ce genre, citons Marot, Boileau, Piron, Voltaire, Chénier.

Satire. — La satire n'est pas d'origine romaine, comme l'ont dit Horace et Quintilien, mais on la trouve, au fond, dès la plus haute antiquité grecque. Les satiriques grecs les plus célèbres sont Archiloque, auteur d'iambes fameux, Théognis, Aristophane, le philosophe Ménippe. Celui-ci composa en prose mêlée de vers des satires qui furent imitées par Varron (v. aussi Satire Ménippéé).

Parmi les satiriques romains, il ne faut pas oublier non plus Lucilius, Horace, Perse et Juvénal, qui ont stigmatisé si vigoureusement les vices, les ridicules et les infamies de leur temps. Au moyen âge, la satire est dans les chansons, les fabliaux, certains romans. C'est au même esprit de satire qu'il faut rapporter tant de sculptures curieuses et très libres du XIIIe au XVe siècle. La satire, comme poésie, prit une forme déterminée au XVIe siècle. Marot, Régnier, Boileau, plus tard Voltaire, Chénier, Gilbert, Aug. Barbier s'y sont distingués.

Fabliau. — Nom de petits contes en vers que composaient des trouvères, tels que Guillaume de Poitiers, Rutebeuf, J. de Boves, et que les jongleurs allaient réciter et chanter de château en château. Ils servirent plus tard de modèle aux contes de Boccace et de La Fontaine. L'esprit, la naïveté, mais trop souvent aussi le cynisme, distinguent ces petits poèmes satiriques, qui occupent une place assez importante dans l'histoire de notre langue et de notre littérature. Il existe plusieurs Recueils de fabliaux.

Epopée. — A l'origine des peuples, nous trouvons bien souvent des récits légendaires et poétiques, remplis d'actions héroïques et merveilleuses : ainsi le Mahabharata et le Ramayana chez les Hindous, le Chah Nameh chez les Persans, l'Iliade et l'Odyssée chez les Grecs, la Chanson de Roland chez les Francs, les Niebelungen en Allemagne. Citons encore des poèmes épiques qui ne marquent plus les origines d'une littérature, mais qui méritent plus ou moins d'être rapprochés des précédentes : la Pharsale de Lucain, l'Enéide de Virgile, la Divine Comédie de Dante, la Jérusalem délivrée du Tasse, le Paradis perdu de Milton, la Messiade de Klopstock, la Franciade de Ronsard. Le Télèmaque de Fénelon et les Martyrs de Chateaubriand sont quelquefois rangés parmi les poèmes épiques, bien qu'ils soient écrits en prose. L'épopée admet le merveilleux ; on peut même dire qu'elle en vit. Mais si le poète ne croit pas à la divinité dont il parle et qu'il fait intervenir, son poème n'est plus qu'une froide fiction. Aussi doit-on bannir toute mythologie païenne de l'épopée chrétienne et, en général, du poème chrétien.

Prononciation. — Pour bien parler, il faut bien prononcer. Il ne suffit pas, en effet, que la parole soit l'expression d'une pensée belle ou juste et profonde, il faut encore qu'elle arrive sans mutilation ni déformation à l'oreille de celui qui l'écoute. Cette intégrité de la parole, si nécessaire dans la lecture et la déclamation, est assurée par une bonne prononciation. Un vice de l'organe et, le plus souvent, de mauvaises habitudes contractées dès l'enfance rendent la prononciation défectueuse : de là le bredouillement, le grasseyement, le bégayement, etc. Il existe plusieurs méthodes pour les corriger. On sait comment Démosthène y réussit à force de persévérance, en déclamant au bord de la mer, avec de petits cailloux dans la bouche.

Prosodie. — C'est la prononciation des mots grecs, latins, etc. telle que l'exigent le rythme, l'accent, la quantité. La prosodie tenait beaucoup plus de place dans les langues anciennes que dans les langues modernes, le français en particulier. On entend aussi par la prosodie la connaissance des règles qu'il faut observer dans la versification ; elle ne diffère pas alors de la métrique.

Lecture. — Il est difficile d'y exceller, bien qu'elle soit un art modeste. Un lecteur habile ouvre un livre choisi devant un auditoire attentif, qui regrette avec lui la présence et la parole vivante de l'auteur. Pendant que ses yeux suivent les syllabes et les mots, sa bouche s'ouvre et les articule. Il parle, en empruntant les pensées et le style de l'auteur; il lui prête, en retour, toutes les inflexions de sa voix; et, si l'échange est naturel, la lecture

ne tarde pas à devenir attachante. Le lecteur luimême semble disparaître pour faire place à celui qu'il représente, et c'est là son triomphe : on n'entend plus que l'écrivain, qui dicte lui-même une page de son ouvrage ; l'on se croit sous l'empire de son regard, et, pour ne pas sortir d'une illusion si agréable, on ferme les paupières et on fixe les yeux de l'àme sur celui que le lecteur évoque. La lecture est un art véritable, art sobre et dont les effets peuvent n'être pas médiocres. Une lecture bien faite, choisie et mesurée avec discernement, remplace avantageusement bien des discours diffus, aussi laborieux qu'inutiles. (V. Legouvé, l'Arc de la Ici-turc).

Lecteur. — Chez les Grecs, il y avait des lecteurs ou anagnostes attachés aux théâtres, où ils lisaient en public les œuvres des poètes. Les nobles Romains avaient souvent, parmi leurs esclaves ou affranchis, des lecteurs qui leur faisaient la lecture pendant le repas, etc. Plusieurs maisons princières ont encore des lecteurs et des lectrices attitrés. Parmi les ordres mineurs, il y a celui de lecteur, qui comportait une fonction distincte dans l'Eglise primitive. Les lecteurs lisaient aux fidèles l'Ancien et le Nouveau Testament, chantaient les leçons, servaient de secrétaires aux évêques. L'empereur Julien avait été lecteur avant son apostasie. Le titre de lecteur a été synonyme et l'est encore, dans certains ordres religieux, de celui de licencié. Le lecteur, en effet, avait droit ou licence de lire en public et de commenter la sainte Ecriture ou les œuvres des maîtres. Les professeurs du Collège de France portèrent d'abord le titre de lecteurs royaux. En Angleterre, en Allemagne et même en France, bien des professeurs se bornent à lire leurs leçons. En anglais, le mot lecture est synonyme de leçon ou conférence.

Déclamation. — Elle ne se borne pas à une lecture, même animée par toutes les inflexions et tous les frémissements de la voix ; le déclamateur renonce au livre et, se fiant à sa mémoire, il débite avec les gestes et l'action convenable ce qu'un autre a composé. Son art est difficile et brillant : c'est déjà le théâtre. Et en effet, au sens technique, la déclamation comprend non seulement le débit oratoire (celui de la chaire, du barreau ou de la tribune), mais encore l'art de débiter un rôle sur la scène, avec toute l'action qu'il comporte. On distingue alors la déclamation tragique et la récitation comique. La première a été pendant longtemps toute de convention. Avec Talma, elle finit par être ramenée au parler naturel.

Scène. — C'est au théâtre que l'art déploie le mieux tous ses prestiges. Sur la scène on fait apparaître tous les héros de la fable et de l'histoire, comme aussi les personnages et les passions du jour : tout favorise l'illusion. Le spectateur est témoin, en quelques heures, de faits tragiques, qui rempliraient une vie entière. Des événements mémorables se passent sous ses yeux ; il assiste à des entrevues fameuses, à des complots ténébreux, à des luttes décisives. Confident de toits les personnages, il est informé de leurs projets et mis au courant de leurs intrigues ; l'innocent lui est connu ainsi que le coupable ; il assiste à toutes les péripéties du drame, et il attend, en tremblant, le dénouaient. Il semble que l'art ici se surpasse luimême, et que la scène l'emporte sur la tribune. Il n'en est rien cependant. La parole brille au théâtre; mais elle ne règne que par l'éloquence et le discours.

Pièce. — La scène est une division de la pièce ou d'un acte ; elle est marquée par l'entrée ou la sortie d'un acteur. Les scènes doivent se succéder sans interruption ; et la pièce n'a de la valeur en elle-même qu'autant qu'elles sont bien enchaînées et que l'intérêt va toujours croissant. On appelle

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