LIVRE VIII : DU SIGNE
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•pièces à timir celles dont les scènes, rattachées entre elles par une intrigue insignifiante, sont plus ou moins indépendantes les unes des autres.
Mystères. — On donne le nom de mystères à des représentations dramatiques en usage au moyen âge. Elles avaient d'ordinaire pour sujet l'histoire religieuse, l'Ancien et le Nouveau Testament, la vie des martyrs et autres saints. Ces représentations étaient fort courues et duraient parfois plusieurs jours, pendant lesquels elles concentraient l'attention de la population tout entière. Le plus célèbre des mystères était celui do la Passion et de la Résurrection de N.-S. En 1402, les Confrères de la Passion, société de comédiens nomades qui étaient venus s'établir à Paris, y obtinrent le monopole de la représentation des mystères. Ce privilège leur fut retiré à la Reforme, et ils durent se borner dès lors aux représentations profanes. Leur confrérie garda son nom jusqu'en 1615, à l'origine du théâtre moderne. Il existe encore, dans nos bibliothèques, beaucoup de mystères inédits. C'est à ce théâtre religieux que se rapporte la Passion célèbre jouée solennellement tous les dix ans à Oberammergau (Bavière) parles habitants pieux de ce bourg catholique. (V. Petit de Julleville, les Mystères, Histoire du théâtre en France ; le Mystère de la Passion à Oberammergau. historique du drame, texte, etc. traduit par M"'e Paris.)
Drame. — On entend aujourd'hui par le drame une action théâtrale qui, tenant de la tragédie et de la comédie, est sérieuse par le fond, comique ou familière par la forme. Le drame admet donc, tous les tons et tous les personnages ; on le traite en vers et en prose. Le drame moderne ne date guère que du XVIIIe siècle. Quant au drame romantique, dont Victor Hugo rédigea le manifeste dans sa préface de Cromwell (1829), son succès ne s'est pas maintenu.
Tragédie, tragi-comédie. — La tragédie naquit en Grèce au milieu des fêtes de Bacehus, où elle ne fut d'abord qu'un récit ou un dialogue intercalé dans les hymnes chantés par le chœur. Le rôle de celui-ci devint ensuite secondaire. Eschyle, Sophocle, Euripide portèrent la tragédie grecque à sa perfection. Les Romains ne produisirent que des imitations. La tragédie reparut à la Renaissance ; d'abord sans originalité, elle brilla de nouveau avec Racine et Corneille, qui rivalisèrent avec les grands tragiques de la Grèce. La tragi-comédie a été confondue quelquefois avec la tragédie ; elle fit place, au XVIIIe siècle, à la Tragédie bourgeoise, qui prépara le drame contemporain.
Entracte. — Dans le théâtre grec, le spectacle était continu ; les Romains partagèrent les pièces en plusieurs actes, dans l'intervalle desquels des histrions amusaient les spectateurs. Dans le théâtre moderne, les entr'actes sont courts. Certains événements qui intéressent la scène, sont censés se dérouler pendant ce temps, dont la durée devient ainsi idéale. Néanmoins, il est contre les règles (la règle de Yunité de temps, qui avec l'unité de lieu etl'unité d'action, compose les trois unités requises par les classiques) que cette durée soit exagérée, de telle façon, par exemple, que le héros de la pièce, « enfant au premier acte, soit barbon au dernier ».
Farce. — Nos farces françaises remontent au XIe siècle. Les acteurs en étaient les Enfants sues souri, les Clercs 'le lu Basoche ou Basochiens, etc. La Farce 'le Maître Pathelin (XIIIe siècle) est la pièce la plus remarquable en ce genre. Turlupin, Gautier-Garguille, Gros-Guillaume jouaient encore leurs farces lorsque parut Molière. Aux farces se rapportent les soties, qui elles-mêmes vont se confondre avec les moralités. De bons enseignements, en effet, se mêlaient à ces spectacles trop souvent licencieux. Chez les an-