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PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

ciens, nous trouvons les analogues des farces dans les satyres grecques, les atellanes et les mimes romains. Ces mimes étaient des comédies triviales et même obscènes, où le détail était laissé à l'improvisation des acteurs. Le peuple en faisait ses délices. Moralités. — Ces pièces, qui furent en vogue au XVe siècle, aboutissaient à quelque précepte de morale ; de là leur nom. On y voyait figurer des abstractions, des vertus et des vices personnifiés : l'Esprit, la Chair, le Monde, la Justice, la Charité, le Jeûne, la Friandise, etc. On ne saurait les confondre avec les mystères, bien qu'elles les aient imités quelquefois. D'ordinaire elles n'étaient que des satires et se rapprochaient des soties et des farces. Soumises à la censure par François I, elles passèrent de mode peu à peu. Aujourd'hui, on donne le nom de moralités à de petites poésies, fables, allégories, qui renferment quelque précepte de morale.

Du mot.

Mot. — Formation et histoire ries mots. — Le mot est un son articulé ou un système de sons formant un tout complet, qui entre dans une phrase sans perdre son individualité. Les mots sont variables ou invariables. On distingue en français dix espèces de mots ou parties du discours : le nom ou substantif, l'article, l'adjectif, le pronom, le verbe, le participe, la préposition, l'adverbe, la conjonction et l'interjection. A un point de vue plus général et philosophique, on distingue les parties matérielles et les parties formelles du discours. Les premières ont par elles-mêmes un sens complet, elles peuvent remplir le rôle de sujet ou d'attribut dans une proposition, elles désignent un sujet ou une qualité ou une action : ce sont les noms et les verbes, et avec eux les pronoms, les participes et la plupart des adjectifs. Les secondes n'ont aucun sens déterminé et complet par elles-mêmes, mais seulement par les premières : ce sont, en général, les autres parties du discours. Nous omettons ici les interjections, qui équivalent à des phrases abrégées. Il arrive souvent qu'un même mot contient une partie matérielle et une partie formelle : celle-ci peut être constituée par la désinence, qui indique le cas, le temps, le mode. Soit le mot latin Dei, de Dieu : ce mot indique un sujet (partie matérielle du discours) et une relation de ce sujet marquée par le génitif (partie formelle). En français, nous disons en deux mots : de Dieu, et nous exprimons séparément ces deux parties du discours. Ajoutons encore que certains mots peuvent être pris tantôt matériellement et tantôt formellement. Par exemple dans cette phrase : « Aucun homme n'est venu », aucun est pris formellement ; mais il est pris matériellement dans celle-ci : « Aucun n'est venu ».

Bien qu'il y ait nombre de mots qui doivent s'appuyer sur d'autres pour avoir une signification déterminée, il serait injuste de dire qu'ils n'ont aucun sens par eux-mêmes ; des mots ou particules tels que de, et, le, par, ne, pour, contre, mais, ici, là, etc., ne sont point vides, ils éveillent l'idée de principe, d'unité, de particularité, de causalité, de moyen, de négation, de fin, de relation, d'opposition, de lieu. Au fond, ces particules qui lient tous les membres d'une phrase ont les sens les plus généraux, les plus abstraits, et c'est avec raison qu'on les regarde comme les parties formelles du langage. Cependant le corps même du langage est constitué principalement par les noms : ce sont les mots principaux.

Formation et histoire des mots. — Chaque catégorie d'idées peut être exprimée par une foule de mots, qui se modifient au moyen de préfixes et de suffixes, se transforment d'après les lois de l'analogie, changent de nature et de sens, sont en-

gendrés les uns par les autres, disparaissent quelquefois pour revivre dans leurs dérivés , et se meuvent ainsi continuellement dans les cadres absolus des idées. Par ex. le substantif vertu donne l'adjectif vertueux, l'adverbe vertueusement, le verbe s'évertuer, au sens de s'efforcer. L'adjectif fort donne le substantif force, les adverbes fort et fortement, puis les verbes forcer, fortifier, conforter, réconforter, qui ont chacun leur sens propre. Nombre de substantifs dérivent d'adjectifs, de participes, de verbes, et peuvent en produire à leur tour. D'autres fois c'est le substantif qui devient, du moins au point où nous en sommes de l'évolution du langage, le principe d'une famille de mots. C'est à déterminer ces lois de dérivation et de transformation que s'occupe la philologie ; c'est à faire l'histoire, la description de tous les mots et de tous leurs sens que s'occupe la lexicographie ; c'est à les organiser dans une même phrase que s'occupe la syntaxe. La logique sert de base à toutes ces sciences, mais sans se confondre avec elles ; son champ d'étude est plus général et plus élevé.

Etymologie. — Il est toujours utile de connaître l'origine d'un mot, et souvent la définition étymologique prélude à la définition réelle. On dira, par exemple, que la vertu vient du latin virtus (vis), qui signifie force, virilité; que la théologie est la science de Dieu ; que la philosophie est l'amour de la sagesse. Autre chose, sans doute, est l'étymologie d'un nom et autre chose sa signification ou sa définition réelle ; il arrive même que la définition étymologique paraît en contradiction avec celle-ci : ainsi l'àme vient de anima, primitivement souffle, et c'est un esprit ; intelligence vient de inter légère, lire au travers, et c'est une faculté spirituelle. Mais l'étymologie nous met toujours sur la voie de quelque ressemblance ou analogie ; souvent même, comme nous venons de le voir, elle équivaut déjà à une définition réelle. De là son importance. L'étymologie des mots est ordinairement leur premier sens : c'est peu à peu que l'usage en a tiré une foule d'autres par voie d'analogie, de transposition, d'extension ou de restriction ; de là ces ramifications de sens si intéressantes à suivre, qui portent avec elles un précieux enseignement. La recherche des étymologies doit s'appuyer sur la phonétique, l'étude des langues mères et la connaissance des transformations successives subies par les mots au cours de l'évolution du langage. On comprendra facilement dès lors que les anciens, dont les informations étaient si incomplètes, n'ont pu fonder la science étymologique, comme ils ont fondé la grammaire. Les étymologies n'ont commencé à être connues d'une manière scientifique qu'au XIXe siècle, avec les progrès de la philologie.

Racine. — En linguistique, on entend aujourd'hui par racines les parties élémentaires et irréductibles des mots, auxquelles on parvient, dans les langues à flexion, en dépouillant les mots de leurs préfixes, suffixes, désinences. La racine diffère du radical, qui comprend la racine et son suffixe de dérivation, sans la flexion ou désinence. Bopp distinguait les racines démonstratives ou pronominales, qui indiquent les personnes et les choses, et les racines attributives ou verbales, qui marquent une action ou une manière d'être. Les premières jouent un rôle important comme suffixes. — Nos anciens grammairiens entendaient, par les racines d'une langue, les mots primitifs dont tous les autres mots de cette langue sont composés ou dérivés. Le Jardin des racines grecques de Lancelot comprend les racines de la langue grecque ainsi définies. Dans le Dictionnaire grec de H. Etienne (1572) et dans la Ie éditon du Dictionnaire de la langue française de l'Académie, les mots sont rangés par familles à la suite de leurs racines.

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