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PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

C'est un principe que le composé suppose le simple. Il le suppose, en effet, de plusieurs manières qu'il faut bien entendre. D'abord tout composé suppose des éléments simples, car tout composé est résoluble en parties. Celles-ci à leur tour sont composées ou simples ; si elles sont composées, elles sont résolubles à leur tour, et ainsi indéfiniment. Bref, s'il n'y avait pas d'éléments simples il n'y aurait pas de composé. Toutefois le composé ne suppose pas le simple absolu comme élément : autrement il faudrait dire que Dieu seul compose formellement toute chose ; le composé ne suppose que le simple qui est dans le même genre que lui. Ainsi l'idée complexe suppose en définitive l'idée d'être, qui est simple comme idée ; la ligne mathématique suppose le point mathématique; l'étendue réelle suppose quelque partie dernière, atome ou autre chose, indivisible.

Le composé suppose ensuite le simple comme cause distincte qui l'a déterminé à l'existence. Car les diverses parties qui composent le tout n'ont pu être déterminées à former ce tout que par quelque chose de simple en définitive. Le tout n'a pu se former lui-même.

Il résulte de ce qui précède que tout composé est postérieur à ses composants, au moins dans l'ordre de nature, sinon dans l'ordre de temps, de même que le contingent est postérieur au nécessaire et le conditionné à l'inconditionné. Il résulte encore que tout composé a quelque chose de potentiel etd'^ctuel. Il suit encore que nul composé ne peut être absolument parfait. Ce qui a des parties est nécessairement imparfait par quelque endroit ; car il renferme toujours quelque chose de potentiel, il n'est donc pas un acte pur; de plus, le parfait absolument ou l'infini ne peut résulter de l'addition et de l'union des parties finies, imparfaites. Donc Dieu est un être absolument simple.

Analyse. Synthèse. De ces deux procédés, qui se répondent, résulte toute méthode complète. L'analyse est la décomposition du tout en ses parties, d'une chose en ses principes. A proprement parler, l'analyse va du composé au simple, des effets aux causes, des conséquences aux principes ; elle répond à V induction. La synthèse est le procédé inverse ; elle répond à la déduction. L'analyse est surtout une méthode de découverte, et la synthèse une méthode d'enseignement; mais la synthèse est aussi une méthode de découverte, et l'analyse est très utile dans l'enseignement. En réalité, les deux procédés sont inséparables. — On distingue en philosophie l'analyse corripréhensive et l'analyse extensvoe. La première est l'analyse proprement dite, c'est la recherche des parties d'un tout réel ou des éléments d'une idée. L'analyse extensive (ces deux mots se heurtent) est la recherche des objets auxquels s'applique une idée. C'est ainsi qu'on peut analyser l'idée d'être et y trouver la substance, l'accident, la vérité, etc.

L'analyse précède la synthèse dans la création des sciences, car le tout est connu distinctement avant les parties et le concret avant l'abstrait. C'est par l'analyse principalement que l'on trouve les causes et les lois ; c'est par la synthèse ensuite que l'on descend des causes aux effets, des lois aux phénomènes. L'esprit procède de la même manière dans la création des arts : poésie, éloquence, etc. L'analyse des chefs-d'œuvre et des procédés artistiques fait trouver les règles du beau ; ces règles ensuite nous permettent de créer à notre tour des œuvres d'art ou du moins de les critiquer.

Mais il n'est pas moins évident que l'analyse et la synthèse doivent être employées concurremment. Cela résulte de la nature même de la science, qui consiste à remonter des effets aux causes, des phénomènes aux lois, du tout aux parties, des idées complexes aux idées simples, puis à descendre des

causes aux effets, etc. Or le premier mouvement se fait par l'analyse, le second par la synthèse. Par exemple, pour connaître l'homme, il faut d'abord l'analyser dans son âme et dans son corps : dans son âme, en distinguant toutes ses facultés, tous ses actes, toutes ses qualités, etc. ; dans son corps, en distinguant tous les organes et en étudiant les fonctions de chacun. Mais là ne s'arrête pas la science. Il faut ensuite recomposer le tout que l'on vient d'analyser et voir comment toutes les facultés s'harmonisent ensemble et dépendent les unes des autres, comment tous les organes s'appuient mutuellement et vivent d'une même vie.

On comprend par ce qui précède que l'analyse et la synthèse soient appliquées diversement selon les sciences. En mathématiques, l'analyse consiste à partir d'une proposition supposée vraie pour en tirer quelque autre qui soit démontrée d'ailleurs et qui serve à la justifier; la synthèse, au contraire, tire du connu l'inconnu. En grammaire, l'analyse consiste à isoler, pour les étudier séparément, tous les éléments de la proposition [analyse logique) ou tous les mots dont se compose le discours [analyse grammaticale)', la synthèse compose les mots et les éléments, elle prend le nom de syntaxe. En chimie, l'analyse recherche les éléments du composé : si elle recherche la nature des composants, elle est dite qualitative ; si elle recherche les proportions dans lesquelles ils sont combinés, elle est dite quantitative. L' analyse spectrale, qui permet de reconnaître les éléments des corps terrestres ou célestes au moyen de leur spectre, n'est au fond qu'une analyse chimique.

Tout, Partie. Le tout résulte de deux ou plusieurs parties : ce mot est synonyme de composé (v. plus haut). On distingue le tout réel et le tout logique ou universel. Le premier est réel, actuel, il est formellement dans les choses : ainsi l'homme, un corps vivant. Le second est une idée par rapport à celles qu'elle renferme ou domine : ainsi le genre par rapport aux espèces. — On distingue aussi le tout physique et le tout métaphysique. Le premier a des parties réellement distinctes entre elles : ainsi le corps et l'âme dans l'homme ; les parties du second ne sont distinctes que logiquement ou métaphysiquement : ainsi le genre et la différence qui composent la nature humaine — On distingue encore le tout essentiel, intégral, potentiel, accidentel, selon que les parties sont essentielles, intégrales, etc. C'est un axiome vulgaire que le tout est plus grand que la partie.

Identité, distinction. A la notion d'unité se rapportent celles d'identité et de distinction. L'identité est l'unité de la chose avec elle-même. Elle est 'physique ou morale, essentielle ou accidentelle, réelle ou logique, etc. L'identité physique est celle par exemple d'une personne avec elle-même ; l'identité morale est celle d'une société avec elle-même, après que tous les membres se sont renouvelés : elle est dans l'esprit et les traditions. Exemple d'identité essentielle : celle de l'homme avec lui-même à travers les quatre âges de la vie; de l'extrême enfance à l'extrême vieillesse ; il n'y a de changé que les accidents. Exemple d'identité réelle, mais non logique : le Fils de l'homme et le Fils de Dieu en Notre-Seigneur Jésus-Christ. Exemple d'identité réelle et logique tout ensemble: Jésus-Christ et le Verbe incarné.

A l'identité est opposée la distinction, qui est le manque d'identité. Deux choses sont distinctes, lorsque l'une n'est pas l'autre. Comme l'identité, la distinction est réelle ou seulement de raison, c'està-dire logique. La première est donnée antérieurement à l'acte de l'esprit, elle est indépendante de notre manière de voir les choses : ainsi l'âme est réellement distincte du corps. La distinction logique, au contraire, provient de notre esprit, de notre

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