‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 274 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

Enigme. — Elle n'est guère aujourd'hui qu'un jeu d'esprit. Mais les anciens et surtout les Orientaux, dont la langue abondait en images, l'employaient souvent pour exprimer des pensées plus ou moins profondes. L'Ecriture a gardé le souvenir de quelques énigmes de Salomon, de Samson, etc. Dans la légende grecque, nous trouvons l'énigme du Sphinx, celles d'Esope. Longtemps négligée, l'énigme fut cultivée au XVIIe siècle par Boileau, par l'abbé Cotin, surnommé le père de l'énigme, etc. Aujourd'hui nous la voyons remplacée par la charade, le logogriphe, le rébus.

Calembour. — C'est un jeu de mots et aussi une sorte de sophisme, fondé sur une équivoque et d'ordinaire sur une similitude de sons. Les auteurs ne l'ont pas ignoré ni toujours dédaigné ; on en trouve un bon nombre dans les écrits d'Aristophane, de Plaute et de Cicéron. Les réponses des oracles païens étaient souvent de véritables calembours. Il serait injuste de répéter, comme on l'a dit, que « le calembour est l'esprit de ceux qui n'en ont pas », alors surtout que des hommes comme Rabelais, Molière, Shakespeare, le romancier Balzac, sans parler des anciens, l'ont plus ou moins cultivé ; mais il parait bien que sa recherche habituelle dénote des qualités d'esprit plus superficielles que sérieuses.

Page 1