‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 276 sur 686 · LIVRE VIII : DU SIGNE · texte numérisé non relu

LIVRE VIII : DU SIGNE

graphologues, qui prétendent découvrir toute une âme dans une écriture, regardent comme un sujet inépuisable d'étude et de comparaisons les autographes émanant de personnages célèbres. La recherche des autographes est donc amplement justifiée, bien qu'elle soit devenue l'objet d'une manie particulière. On supplée à la possession des autographes par les fac-similés et les photographies.

Pasigraphie. — Il y a deux manières d'entendre une écriture universelle. Ou bien cette écriture consisterait en ce qu'elle exprimerait non plus les mots ou les sons, qui varient selon les langues, mais les idées, qu'on retrouve les mêmes, en définitive, sous des mots différents, dans toutes les langues. Il en résulterait ainsi une sorte de langue philosophique universelle. Ou bien l'écriture universelle consisterait seulement en ce que toutes les langues seraient écrites avec un alphabet unique, exprimant tous les sons vocaux, en sorte que les mêmes sons qui se trouvent dans des langues différentes seraient exprimés par les mêmes lettres. Mais cette transcription uniforme des langues, pour laquelle Volney a fondé un prix, n'est peut-être pas plus facile à trouver que la langue universelle.

Anagramme. — Les anagrammes sont démodés aujourd'hui. Quelques-uns sont très curieux et offrent un intérêt historique. C'est ainsi que dans le nom du poète Pierre de Ronsard on trouve l'anagramme suivant : Rose de Pindare ; dans le nom de Pilastre du Rosier, premier aéronaute : /'' es le p remier) roi de l'air j dans les mots Révolution française : Un Corse la finira. L'anagramme de certains mots est plaisant ou singulier : Versailles donne ville seras; vigneron, ivrogne; logica, en latin, caligo, obscurité.

Monogramme. — Les anciens s'en servaient, et on en trouve beaucoup sur les monnaies grecques. Charlemagne signait d'un monogramme : beaucoup de seigneurs et d'évêques l'imitèrent par la suite. Ce genre de signature devint même et resta longtemps un privilège réservé aux souverains et aux princes. Entre tous les monogrammes, se distingue celui de N. -S. : IHS, où l'on peut voir les trois premières lettres du nom de Jésus en grec, et aussi les premières lettres de ces trois mots latins : Jésus hominum salvator. Ce monogramme remplaça, au XVe siècle, celui qui est formé des deux premières lettres (X et P) entrelacées du mot grec < 'hristos.

Sigle. — L'usage des sigles remonte à la plus haute antiquité, comme le prouvent surabondamment les inscriptions grecques et romaines. Tantôt ils sont simples, c'est-à-dire que chaque mot est désigné seulement par sa première lettre : ainsi D. 0. M. (Deo Optimo MaximoJ ; S. P. Q. R. (Senatus Populusque Romanus ; tantôt ils sont composés, c'est-à-dire que les mots sont désignés par leurs premières ou principales lettres : ainsi AM (Amiens); COS (Consules); LUD (Ludoricus). Dans certains sigles, on double la lettre pour marquer le pluriel : ainsi MM. (Messieurs) PP. (Pères). Rares en français, les sigles sont fréquemment employés en anglais.

Abréviation. — Les sigles, les monogrammes, les ligatures, les signes conventionnels des astronomes, chimistes, etc. sont compris sous le nom général A' abréviations. Employées par les anciens, les abréviations devinrent très communes dans les manuscrits du moyen âge, à partir surtout du X' siècle. Leur explication fait partie de la paléographie. Plusieurs subsistèrent dans les premiers livres imprimés, mais devinrent bientôt rares et disparurent Philippe le Bel dut, par une ordonnance de 1304, interdire, dans les actes juridiques, les abréviations, qui les exposaient à être falsifiés

ou mal entendus. Des défenses non moins expresses subsistent aujourd'hui.

Lettre. — Chacun des caractères dont se composent les divers alphabets prend le nom de lettre. Au point de vue de la prononciation, on distingue les lettres en voyelles et en consonnes. Au point de vue delà forme, elles sont majuscules ou minuscules, gothiques, etc. Elles tenaient lieu de chiffres aux Grecs et aux Romains (lettres numérales); de là, dans leurs calculs, une complication que nous évitent les chiffres arabes.

Alphabet. — On attribue aux Phéniciens l'invention de l'alphabet. Cadmus l'aurait importé chez les Crocs, qui le transmirent aux Etrusques et, par eux, aux Romains. L'alphabet romain est devenu le nôtre. Comme le phénicien, l'alphabet grec n'eut d'abord que 16 lettres. 7 y furent ajoutées ensuite : g, h, k, q, x, y, z. Notre alphabet n'eut que 23 lettres, jusqu'à ce que la distinction de l'i et du j, de l'u et du v fut bien établie (XVIIIe s.). Avec i'alphabet phénicien, d'où procèdent ceux de l'Europe, il faut remarquer les alphabets de l'Inde, dont le plus parfait ne compte pas moins de 50 caractères, disposés non pas au hasard, comme les nôtres, mais d'une manière méthodique. Un alphabet parfait devrait avoir autant de lettres ou de signes complémentaires qu'il y a d'articulations et de sons élémentaires et distincts.

■ Voyelle. — Les voyelles sont des lettres qui, par elles seules, expriment un son, une voix. Il y a six voyelles : a, e, i, o, u, y. Outre les voyelles simples, il y a les voyelles composées ou diphtongues. Ce sont : ai, aie, ay, eau, etc. Il y a aussi des quasi-diphtongues, comme ia, ieu, oi, etc. Au point de vue de la quantité, les voyelles sont longues, ou brèves, ou douteuses. Cette distinction est importante en prosodie. Dans les langues sémitiques (hébreu, arabe), où toutes les lettres sont des consonnes, on exprime les voyelles par de petits signes, appelés points-voyelles.

Consonne. — Les consonnes représentent les articulations, mais ne peuvent se prononcer qu'avec une voyelle. Il y a 19 consonnes en français : b, c, d, etc. La consonne // est tantôt muette et tantôt aspirée. Le 10 est une lettre étrangère qui se prononce tantôt comme OU et tantôt comme le v simple. On peut distinguer les consonnes labiales (b, p, m, v, f), dentales (d, t), palatales (g, c dur, k ci q), linguales et liquides (I, II, r), sifflantes (c doux, s et s), chuintantes (j, ch, sh anglais, sch allemand,), nasales (n, gn), gutturales (h aspiré). On distingue encore les consonnes en fortes et en faibles, selon l'effort de prononciation qu'elles exigent. Les fortes sont : p, t, /,, /', s, ch. Les faibles qui leur correspondent, sont : 6, (/, g,

Accent. — Les accents sont des signes qui se mettent sur une voyelle pour en faire connaître la prononciation ou pour distinguer un mot d'un autre. Il y a trois accents : l'aigu, le grave, le circonflexe. On met l'accent grave sur l'a final de quelques mots pour les distinguer d'autres mots semblables : ainsi à, préposition, là, çà (pour ici), jà (vieux mot) et leurs composés (delà, deçà, déjà, etc.) De la même manière, où, adverbe relatif, se distingue de ou, adverbe conjonctif. On met l'accent circonflexe sur û dans les participes masculins dû, crû, des verbes devoir el croître, pour montrer qu'ils sont longs, et pour les distinguerde du article, et de cru, adjectif ou participe de croire.

Ponctuation. — C'est la manière et l'art d'indiquer, dans l'écriture, les repus réclamés par le sens de la phrase et par conséquent la valeur des pauses que l'on doit l'aire en lisant à haute voix. Les signes de ponctuation sont les suivants : le point, le point et virgule, les deux points, la virgule, le point d'interrogation e1 le point

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