‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 278 sur 686 · LIVRE VIII : DU SIGNE · texte numérisé non relu

LIVRE VIII : DU SIGNE

qu'entraînerait sa réfection, le font ajourner indéfiniment.

Brevet. — On donna d'abord ce nom à une expédition non scellée contenant quelque concession ou faveur royale. Il fut étendu ensuite à tous les diplômes délivrés au nom d'un gouvernement pour constater un grade dans l'armée, un titre universitaire, etc. Le brevet d'invention est un monopole que l'Etat accorde pour un temps à un inventeur, pour reconnaître ses services envers la société. En France, ce brevet n'emporte aucun examen préalable, aucune garantie. C'est un simple certificat de dépôt. De là cette formule obligatoire : Sans garantie du gouvernement (S. G. D. G). Il existe un Catalogue officiel des spécifications, de tous les procèdes pour lesquels il a été pris des brevets depuis 1791 ; il s'accroît d'un volume chaque année.

Acte. — En termes de droit et de pratique, on donne le nom d'acte à tout écrit servant à constater ou à justifier quelque chose. On distingue les actes sous seing privé et les actes publics ou authentiques (actes notariés, actes judiciaires). La date est nécessaire pour la validité des- actes authentiques ; elle doit être écrite en toutes lettres. Les actes sous seing privé contenant des conventions synallagmatiques, ne sont valables qu'autant qu'ils ont été faits en autant d'originaux qu'il y a de parties ayant un intérêt distinct (Code civil, art 1325; art. 34etsuiv).

Texte. — Le texte désigne les propres paroles de l'auteur par opposition aux notes, gloses, commentaires. La restitution des textes altérés appartient spécialement à la philologie et à la critique, sciences cultivées dès l'antiquité, mais qui ont pris de nos jours de grands développements, grâce surtout aux progrès de la linguistique et de l'histoire. On ne saurait trop recommander de recourir à l'étude intelligente des textes : « C'est, dit très bien La Bruyère, le chemin le plus court, le plus sûr et le plus agréable pour tout genre d'érudition. »

Expédition. — Les copies authentiques des actes notariés sont délivrées par les notaires qui en ont la minute; les copies des actes judiciaires (jugements, procès-verbaux) sont délivrées par les greffiers. On donne le nom d'expéditionnaire à celui qui est chargé de recopier ces actes. Les expéditions sont faites sur papier timbré; le nombre des lignes à la page et des syllabes à la ligne est déterminé.

Epître. Lettre. — On donne le nom d'épître aux lettres missives des anciens qui nous sont parvenues et, en particulier, aux lettres de saint Paul et de quelques autres apôtres (v. Bible). Les lettres missives ont donné naissance à tout un genre de littérature, très étendu et très varié, le genre épistolaire. Il comprend soit les lettres écrites réellement à des correspondants, soit les ouvrages écrits sous forme de lettres, comme les Lettres provinciales de Pascal, les Lettres persanes de Montesquieu, les romans par lettres.

Bulle. — On donne le nom de bulles aux expéditions de lettres en chancellerie romaine, scellées au plomb. Elles sont écrites sur parchemin rude et jaunâtre. On trouve, dans les anciennes et nouvelles bulles, des écritures diverses et certaines abréviations; mais, depuis Léon XIII, elles s'écrivent en caractères latins et ne renferment plus que des abréviations faciles à comprendre. Il arrivait souvent, au moyen âge, que l'on falsifiait des bulles authentiques ou que l'on composait de toutes pièces de fausses bulles. Innocent III dut ordonner, sous peine d'excommunication, de détruire tous les faux documents de ce genre. Depuis lors, les papes et les savants dans la matière ont indiqué exactement les caractères auxquels on peut reconnaître les bulles apocryphes.

Bref. — Les brefs sont des lettres apostoliques

dépourvues de ce qu'on appelle, en termes de chancellerie, les formes solennelles. Ils ont trait généralement aux affaires suivantes : pouvoir d'indulgencier les crucifix, etc.; induit de l'oratoire privé, permission d'y célébrer, d'y communier et d'y conserver le Saint-Sacrement ; expédition des rescrits, des grâces conférées par la Daterie Apostolique. Il y aune Secrétairerie spéciale des Brefs, dont le secrétaire est toujours un cardinal. Ajoutons que le pape envoie aussi des brefs à certaines personnes pour leur donner des marques d'affection. Aujourd'hui, il en envoie souvent aux auteurs.

Journal. Revue. — La revue est une sorte de journal périodique, qui paraît sous forme de brochure. Elle tend à supplanter le livre, et, à son tour, elle est menacée d'être remplacée par le journal quotidien. Au reste, journaux, revues et livres traitent souvent les mêmes questions : politiques, scientifiques, littéraires, économiques, commerciales, etc. Le journal a eu ses antécédents chez les anciens; les Romains, par exemple, eurent les Acta populi et urbis, les Acta senatus, et plus tard les Acta diurna ■ c'était comme un recueil de procès-verbaux et de nouvelles. Mais le journalisme proprement dit n'apparut qu'après l'invention de l'imprimerie. Vers le milieu du XVe siècle (1457-60), nous voyons des imprimeurs de Strasbourg et de Mayence répandre les nouvelles de la guerre avec les Turcs, etc., au moyen de feuilles volantes. Cependant la Galette de France ne fut fondée qu'en 1631 par Renaudot, alors que Venise et même Londres, Nuremberg, Augsbourg, avaient déjà, paraît-il, des périodiques. Le succès de Renaudot fut prodigieux. Mais le journalisme n'a pris tout son essor qu'au XIXe siècle, grâce à la facilité des communications, à la transmission instantanée, pour ainsi dire, des nouvelles, et aux perfectionnements de l'industrie du papier et de la machine à imprimer.

Gazette. — L'étymologie de ce mot est instructive. Dès 15G3, les Vénitiens achetaient au prix d'une gazzetta, petite pièce de monnaie, les Notifie scritte, sorte de journal manuscrit, dont l'impression était prohibée. De là le nom de gazette, devenu synonyme de journal. Quant à la Gazette de France, encouragée par Richelieu, qui y faisait insérer des pièces plus ou moins officielles, elle s'appela d'abord le Bureau d'adresses. Ce fut au XVIIIe siècle qu'elle prit le nom de Gazette, auquel furent ajoutés plus tard les mots : de France. Comme elle était soumise à des censures plus ou moins sévères, il y eut, à différentes reprises, des gazettes à la main, c'est-à-dire manuscrites, qu'on distribuait sous le manteau.

Moniteur. — Le Moniteur universel fut fondé par Panckoucke en 1789 et devint le journal officiel l'année suivante. Il n'a été remplacé par le Journal officiel qu'en 1868. Sa collection de 1790 à 1860 est des plus précieuses pour l'histoire de nos révolutions ; elle formo plus de 100 volumes. On en a fait plusieurs réimpressions partielles. Des tables chronologiques ont été dressées pour faciliter les recherches.

Affiche. — C'est encore à Renaudot que l'on doit les Petites -Affiches. Elles commencèrent de paraître en 1638, disparurent à la mort de leur fondateur (1(553), mais reparurent en 1715. La publicité devait* aller toujours grandissant. Aujourd'hui le gouvernement et les particuliers ont fréquemment recours aux affiches proprement dites. Seules les affiches du gouvernement peuvent être imprimées sur papier blanc ; les autres sont imprimées sur papier de couleur et soumises à un droit de timbre assez élevé.

Annonce. — L'une des formes les plus efficaces de la publicité, c'est l'annonce, qui déborde souvent la dernière page des journaux et constitue

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