PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
l'une de leurs ressources les plus importantes. Outre les annonces commerciales et financières, trop souvent mensongères jusqu'à l'iniquité, il y a les annonces judiciaires ou légales. Celles-ci consistent dans la publication de certains actes ordonnée par la loi : jugements, ventes judiciaires, actes de société. Il appartient aux préfets de désigner les journaux de leur département où cette publication est obligatoire.
Livre. — Rien n'égale l'influence du livre, qu'il soit roman ou livre classique, si ce n'est l'influence qu'a prise le journal. Le livre qu'on feuillette assidûment est un ami et, de même que les amis qu'on se plaît à fréquenter, il améliore ou corrompt. Aussi la propagation des bons livres, de ceux qui plaisent, instruisent, édifient, est-ce un apostolat qui ne le cède pas peut-être à celui de la parole. La profession de libraire, non plus que celle d'écrivain, ne saurait donc être assimilée aux autres : elle intéresse l'ordre moral, et, se désintéresser de celui-ci, c'est trahir la profession elle-même. — Considéré au point de vue matériel du format, le livre prend le nom de volume. Celui-ci est dit inplano, si la feuille n'est pas pliée et forme seulement deux pages ; il est dit in-folio, si elle est pliée et forme quatre pages ; in-4°, si elle est pliée en quatre et forme huit pages, et ainsi de suite. Les feuilles employées en imprimerie ont diverses dimensions; on distingue surtout les suivantes : le pot (31 confiai. X 39); la tellière (33 X 43): la couronne (36 X46); la double-couronne (47 X~4) ; le carré ou la coquille (45x56); le cavalier (46x60); le raisin (50x65); le jèsus (55 ou 56 X 70 ou 72 ou 76); le colombier (60 X 80). (V. Eug. Mouton, l'Art d'écrire un livre, de l'imprimer et de le publier, 1K96.)
Préface. — Tout discours préliminaire dont on fait précéder un livre, soit pour en expliquer le plan et l'intention qui a présidé à sa composition, soit pour gagner la bienveillance du lecteur, prend le nom de préface. On lui donnait autrefois le nom de prologue, mais ce nom aujourd'hui n'est guère employé que pour les pièces de théâtre. La préface prend quelquefois lenom à' avant-propos : ainsi la courte préface qui ouvre le Discours sur l'histoire universelle de Bossuet. La préface elle-même est précédée parfois d'un avant-propos, dont elle est le développement et la justification. Mais on ne doit jamais trop l'étendre et la transformer en introduction.
Introduction. — Celle-ci présente, en un résumé, toutes les connaissances nécessaires à l'intelligence de l'ouvrage. Elle fait connaître, par exemple, l'état des sciences, des arts et des lettres à une époque ; elle rappelle les événements au milieu desquels s'encadre la vie ou l'histoire particulière que l'on va raconter. Telle est Ylntroduction de Montalembert à la Vie de sainte Elisabeth de Hongrie. L'Introduction peut se développer au point de devenir elle-même un véritable ouvrage. Incunables. — On comprend, sous ce nom, les livres toujours fort recherchés qui remontent aux origines de l'imprimerie et parurent avant 1512 ou 1520. On distingue les incunables xérographiques, obtenus au moyen de planches, et les incunables typographiques, composés en caractères mobiles. Les premiers sont les plus anciens, mais de date incertaine; quelques-uns cependant paraissent remonter au delà de 1440 : ainsi la Biblia pauperum et le Catéchisme grammatical de Donat.
Bibliothèque. — On raconte qu'Osymandias, roi d'Egypte, antérieur à Sésostris, avait édifié une bibliothèque, sur la porte de laquelle on lisait cette inscription : Trésor des remèdes de rame. Il est certain que les anciens peuples ont gardé avec soin leurs livres nationaux, en particulier les livres sacrés. Parmi les bibliothèques anciennes qui nous
sont mieux connues, citons : celle de Pergarne, fondée au IIIe siècle av. J.-C. ; celle d'Alexandrie, qui recueillit celle d'Aristote,puis celle de Pergarne, au temps de Cléopàtre, et aurait été détruite, d'après une légende, par le calife Omar ; à Rome, les bibliothèques Octavienne et Palatine, fondées par Auguste. Les bibliothèques publiques et particulières se multiplièrent dans les villes de l'empire et surtout à Constantinople. Après l'invasion des barbares, elles se reformèrent lentement dans les écoles monastiques et les universités, grâce surtout aux Bénédictins. Parmi les grandes bibliothèques d'aujourd'hui, citons : la Bibliothèque nationale qui fut longtemps la bibliothèque du roi. A la Révolution, elle comptait 150,000 volumes, auxquels s'ajoutèrent 300,000 des bibliothèques ecclésiastiques ; elle compte aujourd'hui plus de deux millions d'imprimés, que le dépôt légal de toutes les nouvelles publications accroît sans cesse; elle possède, en outre, plus de 60,000 manuscrits, 600,000 estampes, 100,000 médailles, camées, etc. ; — la Bibliothèque Mazarine (200,000 imprimés, dont 2,000 incunables, 6,000 manuscrits) ; — la Bibliothèque de l'Arsenal (250,000 imprimés, 6,000 manuscrits) ; — la Bibliothèque Sainte-Geneviève (160,000 imprimés, 5,000 manuscrits). En Italie, la Bibliothèque du Vatican, fondée en 1455 : elle renferme les manuscrits les plus précieux. En Angleterre, la Bibliothèque Bod/éienne, à Oxford ; celle du British Muséum, à Londres.
Somme. — On a donné ce nom, pendant le moyen âge, à des ouvrages considérables de théologie, de philosophie, etc., qui étaient de véritables encyclopédies pour l'époque. Au lieu d'y être distribuées selon l'ordre alphabétique et tout artificiel du dictionnaire, les matières y étaient organisées méthodiquement, comme dans un traité. La Somma la plus célèbre est la Somme théologique de saint Thomas ; il mourut avant de l'avoir achevée.
Dictionnaire. — Les ouvrages que nous désignons aujourd'hui sous les noms de Dictionnaires, Vocabulaires, Lexiques, etc., n'étaient pas inconnus des anciens. Citons le De différentiel verborum, de Varron, sorte de Dictionnaire des synonymes; YOnomasticon, de Pollux (vers 180); le Dictionnaire grec d'IIésychius (vers 600). Au moyen âge, on peut citer Y Elément arium rudimentum de Papias (1053). Le premier dictionnaire proprement dit fut le Dictionnaire polyglotte de Calepin (1502), auquel succédèrent : le Thésaurus linguœ latinœ, de Robert Estienne (1531) ; le Thésaurus linguœ grœcœ, de Henri Estienne (1572); le Lexicon totius la tinitati s, deFa.cciola.to (1720), refondu par Forcellini (1771), puis par Scheller et Freund. La lre édition du Dictionnaire de l'Académie française ne parut qu'en 1694, bien après le Dictionnaire de Nicot (1572), et les Origines ou Etymologies française* du P. de Cazeneuve (1652), etc. Depuis lors les dictionnaires se sont multipliés prodigieusement. On peut distinguer les Dictionnaires de motsou de langues, auxquels se rapportent en tout ou en partie les travaux de Littré, de Bescherelle, Landais, etc. ; les Dictionnaires de choses ou scientifiques, qui comprennent les Encyclopédies et les dictionnaires particuliers à chaque science (théologie, droit canon, Ecriture sainte, médecine, chimie, etc.); les Dictionnaires historiques et géographiques, auxquels se rapportent par exemple la Biographie universelle des frères Michaud, le Dictionnaire des contemporains de Vapereau.
Bible. — Il est un livre qui contient l'histoire la plus ancienne et la plus authentique, la législa tion la plus sage, la philosophie la plus haute, la morale la plus pure, la poésie la plus belle : tous les secrets qu'il est indispensable à l'humanité de savoir y sont révélés, mystères des origines et mys-