PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
solennellement à Jérusalem le bois de la vraie Croix (630), enlevé par Chosroès 14 ans auparavant. De nombreuses reliques de la vraie croix ont été distribuées dans le monde entier : une de ces saintes parcelles doit entrer dans la croix pectorale des évêques. L'usage qui leur fait porter la croix d'une manière ostensible date du XIIIe siècle. On appelle croix processionnelle celle dont les évêques, les chapitres en cérémonie, etc. se font précéder : on ne les bénit pas, du moins solennellement, non plus que les croix des autels ; car c'est de la croix plutôt que doit venir toute bénédiction. Dans les armoiries, on donne deux croisillons à la croix archiépiscopale, et trois à la croix papale. — On appelle chemin de la croix une pratique de dévotion, recommandable entre toutes, qui consiste à suivre en esprit J.-C. montant au Calvaire et à faire à chaque station de ce parcours iau nombre de 14 ou 24) quelques prières et méditations appropriées au sujet. Ce pieux exercice, qui paraît remonter aux origines, se répandit en Occident surtout à l'époque des croisades. Des chemins de la croix sont érigés dans les églises et chapelles et enrichis de précieuses indulgences (V. Hoppenot, le Crucifix, dans l'histoire et dans l'art, dans l'urne des taiiii* et dans votre vie, L898).
Calice. — Ce vase sacré, vénérable entre tous, reçoit le corps et le sang de J.-C. au saint sacrifice de la messe. Bède assure que le calice dont se servit le Sauveur à la dernière cène avait deux anses et qu'il était d'or. Les calices des apôtres et de leurs premiers successeurs étaient de bois. Le pape Séverin voulut qu'on se servît de calices de verre ; mais, à cause de sa fragilité, on substitua au verre l'or et l'argent. Le concile de Reims (815) ordonna qu'on n'userait plus que de calices et de patènes d'or ou d'argent, ou au moins d'étain en cas de pauvreté, mais jamais d'airain ni de laiton, ni d'aucun métal sujet à la rouille ou au vert-de-gris. Dans ces derniers temps, la S. Congrégation a autorisé le bronze d'aluminium, mais à certaines conditions. L'intérieur de la coupe doit toujours être doré. C'est l'évêque qui doit consacrer les calices. Si, par erreur, on célébrait avec un calice non consacré, il serait censé consacré par l'usage même. Les anciens calices étaient beaucoup plus grands que ceux d'aujourd'hui, parce que le peuple communiait alors sous les deux espèces. On attachait au calice un chalumeau d'argent, avec lequel on suçait plutôt qu'on ne buvait. A moins de permission, il n'est pas permis à ceux qui ne sont pas dans les ordres de toucher le calice, la patène ou les linges sacrés (rorporal, pale), qui sont destinés à se trouver en contact immédiat avec le saint sacrement.
Ciboire. — On distribuait autrefois la communion avec les patènes, plus grandes que celles d'aujourd'hui. Elles furent remplacées par les ciboires, qui permirent aussi de conserver plus commodément la sainte eucharistie. Les ciboires sont assujettis, quant à la matière, aux mêmes règles que les calices et les patènes : la coupe tout au moins doit être d'or ou d'argent; l'intérieur doit être doré. Au reste, le saint ciboire, ne servant pas au sacrifice, est bénit, et non consacré comme le calice. Il est ordinairement couvert d'un petit pavillon en soie et ne doit jamais être placé dans l'exposition. Maison s'en sert quelquefois pour donner la bénédiction sans solennité.
Ostensoir. — L'ostensoir (dit aussi monstrantia en latin) doit être bénit comme le ciboire. Son origine remonte à l'institution de la Fête-Dieu (XIIIe siècle). Sa forme fut d'abord celle d'une tour. Depuis le XVIe siècle, elle est celle d'un soleil. La lunule de l'ostensoir, où est enfermée l'hostie exposée à l'adoration, doit être en or ou du moins en argent doré. Les grandes églises tiennent
justement à honneur d'avoir de riches ostensoirs, garnis d'émaux et de pierres de grande valeur.
Aube. — C'est une tunique blanche assez large qui descend jusqu'aux pieds : le prêtre la porte à l'autel par-dessus la soutane et par-dessous la chasuble. On l'arrête par un cordon qui serre les reins. Dans les premiers temps de l'Eglise, les néophytes qui avaient reçu le baptême la veille de Pâques, portaient une robe blanche, en signe de leur baptême, jusqu'au dimanche suivant, le dimanche in albis ou de Quasimodo. Un décret de la S. Congrég. des Rites (15 mai 1819) défend l'usage des toiles de coton pour les amicts, aubes, nappes d'autel, pales, purificatoires et corporaux. Tous ces linges doivent être de fil de lin ou de chanvre.
Ornements. — C'est le nom qu'on donne aux habits ecclésiastiques qui servent à la célébration des saints mystères et aux offices divins. Ceux que le prêtre doit revêtir par-dessus Yumict, l'aube et le cordon ou la ceinture, pour dire la messe, sont : la manipule, Yètole et la chasuble. D'après la tradition, la matière de ces ornements est la soie. Les ornements sont de diverses couleurs, selon l'office; les seules couleurs autorisées sont : le blanc, le rouge, le violet, le rose, le vert et le noir. Le jaune et le bleu sont prohibés, de même que les étoffes où toutes les couleurs sont réunies sans qu'aucune prédomine. On tolère, en raison de la coutume, que le drap d'or soit substitué au blanc et au rouge. Les ornements sacerdotaux doivent être bénits par l'évêque ou par un prêtre délégué par lui. On ne saurait ensuite les appliquer à aucun usage profane. Mais on peut, au contraire (bien que cela ait été parfois prohibé), convertir en ornements sacrés des étoffes qui ont servi à des usages profanes.
Etole. — L'étole, dite d'abord orarium, puis stola, se porte surtout dans l'administration des sacrements. Elle a varié beaucoup de forme. On distingue l'étole sacerdotale, diaconale, pastorale. La seconde se place sur l'épaule gauche et retombe sous le bras droit. L'étole a été regardée, avec plus ou moins de raison, comme un signe de juridiction. On a appelé droits d'èto/e des honoraires que les paroissiens doivent à leur curé pour des fonctions sacerdotales dans lesquelles il porte l'étole : mariages, baptêmes, enterrements, etc.
Chasuble. — La chasuble, appelée en latin casula (petite case) et pluneta (parce que, dans son ancienne forme, elle tournait facilement autour du cou), est l'ornement principal du prêtre à l'autel. Sa forme a varié dans l'Eglise latine. D'abord elle n'avait pas d'ouverture de chaque côté, mais on la relevait sur les bras. Vers le Xe siècle, on y fit des ouvertures et l'on eut la chasuble gothique. Cette forme étant encore trop large, on la remplaça au XVIe siècle par la chasuble romaine. Celle-ci a la croix par devant; en France, on met la croix derrière ; en Espagne on n'en met pas. Tous les ornements sacerdotaux ont été choisis comme des symboles, ou du moins ont reçu une signification symbolique, se rapportant surtout à la passion de N.-S. J.-C. C'est ainsi que, d'après un manuscrit du XVe siècle, la chasuble représente la pourpre dont Pilate recouvrit les épaules de Jésus ; la croix de la chasuble rappelle sa croix, que le chrétien doit porter à son tour, sur ses épaules et surtout dans son cœur (voir, à ce sujet, l'auteur àeV Imitation). Enfin, de même que la chasuble recouvre tous les autres ornements, la charité doit recouvrir toutes les vertus.
Mitre. — C'est l'un des plus anciens et des plus nobles insignes de l'épiscopat. Elle peut être portée aussi par les protonotaires apostoliques, les abbés de certains monastères et quelques dignitaires ou chanoines de grandes églises. La forme actuelle do