PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
rendaient, paraît-il, un culte secret. Ils continuaient ainsi les superstitions des gnostiques et des manichéens et ils ont trouvé des successeurs dans certaines sectes modernes. Le Baphomet était représenté avec les attributs des deux sexes, ayant à la main la clef de la vie (en forme de croix ansée) et entouré de signes astronomiques et de signes maçonniques.
Drapeau. Enseigne. — La patrie a son symbole comme la religion : celle-ci arbore la croix, et celle-là le drapeau. Que d'actes héroïques accomplis sous ces deux étendards ! L'origine du drapeau est bien humble, alors cependant qu'il groupait déjà de vaillants patriotes. Les premiers Romains eurent pour signe de ralliement une botte de foin (manipulus) . Comme les autres peuples, ils adoptèrent ensuite différentes [figures d'animaux. Avec Marius, l'aigle devint définitivement l'enseigne des légions. L'enseigne des Francs ripuaires était une épée, la pointe en haut ; celle des Francs Salijens et des Sicambres était une tête de bœuf. En 498, les Francs et le roi arborèrent comme étendard la chape de saint Martin ; elle fut remplacée plus tapi par l'oriflamme rouge de saint Denis. D'ailleurs les bannières se multiplièrent au moyen âge, comme ceux qui avaient droit de les lever. Jeanne d'Arc fit écrire sur la sienne les noms de Jésus et de Mariev Le nom de drapeau prévalut au XVIe siècle, mais les drapeaux étaient divers comme les couleurs. Sous Louis XIV, la couleur blanche, qui était celle de la première compagnie dans chaque régiment ou colonelle, domina de plus en plus et devint la couleur royale. En 1789, elle fut alliée aux couleurs bleu et rouge, qui étaient celles de la ville de Paris. Le drapeau tricolore est aujourd'hui le drapeau national. L'empire le surmontait de l'aigle ; Louis- Philippe, du coq gaulois. Le drapeau blanc fut celui de la Restauration, Depuis la Révolution, le drapeau rouge est devenu celui de l'insurrection et de la Terreur. — Dans la cavalerie, on donne au drapeau le nom d'étendard ; dans la marine, celui de pu vil- Ion.
Couronne. — Signe d'honneur, de puissance, de mérite ou simplement signe de fête et de joie, la couronne a été portée et plus souvent qu'aujourd'hui dans l'antiquité. Les païens couronnaient leurs dieux. La couronne de Jupiter était de chêne ; celle d'Apollon, de laurier ; celle de Bacchus, de pampre et de lierre ; celle d'Hercule, de peuplier ; celle de Minerve, d'olivier ; celle de Cérès, d'épis ; celle de Pluton, de cyprès. Dans les festins, on se couronnait de roses, de violettes, etc. La couronne était souvent portée dans les cérémonies religieuses et civiles : les prêtres, les magistrats, les ambassadeurs en portaient de diverses espèces : d'olivier, de laurier, etc. Les Grecs décernaient des couronnes aux vainqueurs dans les jeux olympiques ou autres jeux publics. Les Romains décernaient à leurs héros diverses couronnes, selon les hauts faits accomplis (vallaire, murale, obsidionale, rostrale ou navale). Celui qui avait sauvé la vie à un citoyen obtenait une couronne civique. La couronne triomphale, qui était de laurier, fut portée par Jules César et ses successeurs, alors que J.-C, dans sa passion, par un contraste qu'on ne saurait trop méditer, ne recevait qu'une couronne d'épines. Charlemagne reçut du pape la couronne impériale : elle était fermée en haut comme celle des empereurs d'Orient. Les empereurs d'Allemagne, au moyen âge, portaient trois couronnes : celle de Germanie, en argent ; celle de Lombardie ou « couronne de fer », qui est conservée à Monza, et la couronne impériale. Les rois de France ont porté diverses couronnes. Le pape porte la tiare. Aujourd'hui les souverains portent la couronne fermée ; les autres princes portent la couronne ouverte.
Image. — Ce nom s'applique généralement à
tous les objets peints, sculptés ou dessinés. En philosophie, l'image est toute chose vue ou imaginée ; on fait même de ce mot le synonyme d'idée (sensible ou intellectuelle). Les Romains donnaient le nom d'images aux portraits de leurs ancêtres en cire, en marbre, etc., auxquels ils rendaient une sorte de culte. On les portait dans les pompes funèbres. Au VIIIe siècle, l'Eglise dut maintenir le culte des saintes images (celles de J.-C, de la Vierge et des saints) contre les iconoclastes. Aujourd'hui l'Eglise russe rend un culte extraordinaire aux images peintes ou dessinées, mais elle n'admet pas les statues. Les protestants continuent pour la plupart à répudier le culte de la croix, des saintes reliques et des images. Il est si facile pourtant de le justifier et de le recommander, étant donné surtout qu'il est toujours soumis aux sages prescriptions et aux censures de l'Eglise. C'est ainsi que le Saint-Office prohibait, en 1645, les images de la T. S. Trinité représentant une figure d'homme à trois laces, ou à deux têtes entre lesquelles une colombe. En 1623, la S. Congrégation des Rites défendait les crucifix dits jansénistes, c'est-à-dire dont les bras, au lieu de s'étendre horizontalement, montent verticalement pour exprimer le petit nombre des élus, etc.. « Que dans les peintures sacrées, dit Benoit XIII, on ne représente que des choses vraies, conformes aux Ecritures, aux traditions, à l'histoire ecclésiastique, à la coutume et aux usages de la sainte Eglise notre mère... ». « L'iconographie, dit Barbier de Montault, a posé certaines règles particulières, qu'il ne faut pas laisser tomber en désuétude. Ainsi, l'on donne des ailes aux anges, parce que ce sont les messagers célestes. La nudité des pieds, absolue ou avec sandales, caractérise les personnes divines et les anges, les apôtres et quelquefois les prophètes, à cause de leur mission ici-bas. Le nimbe surtout a été sanctionné parla Congrégation des Rites, qui le prescrit circulaire pour les saints et irradié pour les bienheureux : aux trois personnes divines on ajoute une croix, afin de les distinguer... ». La pensée de l'artiste doit être élevée et chaste. Il importe aussi de conserver aux saints leurs attributs et vêtements caractéristiques. On ne doit pas prêter une figure idéale à ceux dont le type est connu et populaire.
Orante. — Cette image, qui se rencontre fréquemment dans les catacombes, représente parfois la sainte Vierge : elle est le type de la prière. « L'Orante et YOrant, dit à ce sujet M. Prosper Fontaine, sont un type sublime, à notre avis, inspiré par la foi chrétienne et dont nul assurément ne contestera l'originalité. L'artiste des catacombes s'est plu à multiplier, en y mettant tout son cœur et tout son talent, l'image d'un chrétien ou d'une chrétienne priant. On a transporté au Vatican une des plus belles de ces images. C'est une femme aux formes suaves, vêtue d'une tunique blanche, longue et tombante, les épaules couvertes d'un court pallium vert et orange, bordé de pourpre, couleurs symboliques qui signifient vérité, candeur, virginité, vie surnaturelle de la grâce et amour ardent. Profondément recueillie, l'air ravi, la jeune femme étend les bras et ouvre les mains à l'exemple du Christ sur la croix. Dans l'acte, le geste, la physionomie et jusque dans les accessoires, resplendissent les vertus célestes nouvellement révélées à la terre. Le type nouveau nous offre la figure admirable de la jeune Eglise innocente, persécutée et miséricordieuse à l'exemple de son divin fondateur ». (L'art chrétien eu Italie).
Statue. — Les Egyptiens, les Assyriens, les Perses, les Grecs 'nous ont laissé des œuvres de sculpture remarquables et souvent d'une grande perfection : idoles ou autres statues, bas-reliefs, etc. Parmi les statues colossales, citons les sphynx, la statue sonore de Memnon, les statues royales du
temple de Thèbes, les taureaux ailés de Khorsabad, le colosse de Rhodes, la statue de Nabuchodonosor dont parle Daniel, celle que Néron se fit élever dans le Colisée, auquel elle donna son nom. Parmi les statues les plus célèbres au point de vue de l'art qui nous ont été conservées, citons l'Apollon du Belvédère, la Vénus de Milo, le Laocoon.
Buste. — Les Grecs ne commencèrent à exécuter des bustes en ronde bosse que vers le temps d'Alexandre. A Rome, les premiers bustes furent les images des ancêtres, en cire coloriée, en marbre, en bronze, môme en plâtre moulé sur nature. On les plaçait dans l'atrium. 11 existe des collections de ces bustes antiques.
Bas-relief. — Dans le bas-relief proprement dit, les figures sont peu saillantes et comme aplaties sur le fond ; dans le demi-relief ou demibosse, les figures sortent de la moitié de leur épaisseur ; enfin, dans le haut-relief ou pleinrelief, les figures sont presque détachées du fond. Les Assyriens, les Grecs ont laissé de superbes bas-reliefs : ceux du Parthénon, par exemple, sont encore des modèles. Parmi les bas-reliefs romains, citons ceux de l'arc de Titus et' de la colonne Trajane.
Médaille. — Les médailles antiques, dont il existe de belles collections, étaient en général les monnaies des anciens. Aujourd'hui on frappe des médailles pour conserver le souvenir d'un événenement ou d'un personnage. Le plus souvent les médailles sont rondes ; il y en a d'ovales, do carrées, de polygonales ; elle sont en or, en argent, en bronze, en étain, en plomb, etc. Il y a même des monnaies antiques en verre et en terre cuite. La dimension des médailles s'appelle module. On distingue, dans les médailles, le côté droit ou de la tête et le revers; la légende et l'exergue ou inscriptions qu'elle porte ; le champ, espace compris entre la légende et le sujet; le type ou sujet principal ; le symbole ou sujets accessoires et emblèmes ; il faut y ajouter encore les marques du graveur. La numismatique, qui s'occupe de l'origine et de l'authenticité des médailles, de leur classification, etc. est une branche importante et curieuse de l'archéologie et de l'histoire ; elle a sa terminologie. — On appelle médailles pieuses celles qui représentent quelque sujet de dévotion et dont les fidèles font usage. Parmi les principales citons : la médaille de l'Immaculée-Conception et celle de saint Benoît.
Tableau. — Il reste des fragments ou des vestiges souvent remarquables des peintures assyriennes, chaldéennes, égyptiennes, grecques et romaines (bas-reliefs décorés de belles couleurs, fresques, etc.). Mais les tableaux ne peuvent être que de date relativement récente. Leur histoire est celle même de la peinture et des différentes écoles. Les galeries de tableaux ou de peinture les plus célèbres sont, en France, celles du Louvre et de Versailles ; à Rome, celles du Vatican et du palais Farnèse; celles de Florence, de Dresde; les deux Pinacothèques (ancienne et nouvelle) de Munich. Chaque année, à Paris, et dans quelques autres villes, il y a des expositions de peinture, où paraissent certaines œuvres remarquables : ainsi naguère l'œuvre de Tissot sur la vie de N.-S. J.-C. Les sujets religieux sont ceux qui ont le mieux inspiré les artistes et permis au grand art de se développer. Citons les scènes de la Création et du Jugement dernier par Michel-Ange, la Transfiguration et les Vierges de Raphaël (v. les peintres célèbres et leurs œuvres).
Miniature- — La miniature est un art délicat, qui a produit de belles œuvres, chez les Byzantins, en Italie et en France. Il remonte au siècle d'Auguste. Parmi les plus belles œuvres du moyen âge, ciions les miniatures des Bréviaires de la reine /Hanche et de saint Louis (Louvre) ; celles des Heures de la reine Anne de Bretagne. Quand