PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
par une diagonale de gauche à droite (taillé). — Les émaux comprennent les 2 métaux (or et argent); les6 couleurs: l'azur (bleu), le gueules (rouge), le siuople (vert), le sable (noir), Yorangè et le pourpre (violet) ; les 2 fourrures : l'hermine (blanche) et le vair (azur). — Les figures héraldicpues ou pièces honorables sont : le chef, la fasce, le pal, la croix, la bande, la barre, le chevron, etc. : on en compte 19. — Les ornements intérieurs ou meubles sont des figures naturelles ou artificielles d'hommes, d'animaux, de plantes ou d'autres choses : alèrions, merleétes, tours, étoiles, basants, etc. Ajoutons encore les ornements extérieurs : casque ou timbre, couronne, lambrequins, supports...
Armoiries. — Parmi les espèces d'armoiries, nous remarquerons : les armoiries de villes, que les communes adoptèrent lors de leur affranchissement ou en quelque autre circonstance ; les armoiries de sociétés ou de corporations (universités, corps de marchands, etc.) ; les armoiries de familles, de beaucoup les plus nombreuses. Elles sont dites brisées, quand les cadets les modifient pour se distinguer de la branche aînée ; diffamées, si le roi leur a imposé une modification injurieuse ; à enquerre ou fausses, si elles -violent les règles ou la vérité ; parla nies, si elles désignent les noms des possesseurs. Autrefois le juge d'armes composait les armes des nouveaux anoblis. Abolies à la Révolution, les armoiries furent rétablies après.
Hachures. — Les métaux et les couleurs sont représentés dans les gravures par divers points ou traits, dits hachures en t. de blason. L'or est marqué par un pointillé ; l'argent, par l'absence de hachures ; l'azur, par des hachures horizontales ; le gueules, par des hachures verticales; le sinople, par des hachures de dextre à senestre ; le pourpre, par des hachures de senestre à dextre; le sable, par des hachures horizontales et verticales croisées.
Devise. — C'est une courte sentence, une pensée caractéristique, qui accompagne le plus souvent un emblème. Déjà connue des anciens, elle trouva naturellement sa place dans les armoiries, sur l'écu des chevaliers. « En France, en Espagne, en Italie, dit à ce sujet Marmontel, elle brilla dans les tournois, dans les réjouissances publiques, dans les pompes funèbres; elle fut l'ornement des fêtes de Louis XIV, et l'expression des trois sentiments qui animaient et distinguaient cette cour : la vertu guerrière, la galanterie et le culte pour le monarque ». « Dans la devise, on distingue le corps et l'âme, dit le même auteur : le corps, c'est la figure ; l'âme, ce sont les mots ». Il ajoute que la figure doit être simple et distincte, et que les mots doivent être concis et justes. Citons, parmi les devises célèbres, celle de Louis XIV : un soleil avec ces mots : Nec pluribus hnpar (il suffit à éclairer plus d'un monde) ; celle de la Sicile : une hermine avec ces mots ; Malo mori quam, fœdari ; celle de l'ordre de la Jarretière : Honni soit qui mal y pense; celle de la Légion d'honneur: Honneur et patrie; celle des Chartreux: un globe surmonté d'une croix, avec ces mots : Stat crux dum volvitur orbis (v. sentence).
Manières. — Après la parole, l'écriture, les symboles et autres signes bien déterminés, il faut considérer ceux qui résultent de l'air, du maintien et des actes extérieurs de toute la personne : ils font, avec la parole, le bon ton et les bonnes manières. Leur importance est grande dans le monde : « Les manières que l'on néglige comme de petites choses, dit à ce sujet La Bruyère, sont souvent ce qui fait que les hommes décident de vous en bien ou en mal ». A moins d'être un masque et un mensonge, ce qui arrive souvent, les manières, de même que la politesse, sont l'expression des sentiments de l'âme. Elles sont dans les mœurs ce
qu'il y a de plus apparent et de plus saisissable. Très variables selon les temps, les peuples et les personnes, elles n'en sont pas moins soumises aux règles invariables du bon sens et de la vertu. Celle-ci, en effet, s'étend nécessairement à toute la personne, qu'elle soumet toujours de quelque manière à l'ordre moral. Elle s'étend aux gestes, au ton de la voix, aux expressions de la joie et de la tristesse, au rire et aux pleurs ; elle règle les relations humaines, les visites et les entretiens, toutes les expressions du respect, de la vénération et de l'amour. Les manières rentrent ainsi dans les cérémonies, cette autre forme distincte des liens religieux et sociaux indispensables à l'humanité.
Rire. — Le rire est généralement une expression de joie. Il consiste physiquement dans une série d'expirations convulsives, saccadées et rapides, avec résonance inarticulée et plus ou moins bruyante du larynx, etc. Chaque personne a son rire, parfois très personnel et caractéristique. Mais les sentiments qui déterminent le rire sont d'ordinaire très complexes ; il s'y mêle des éléments intellectuels, d'ailleurs variables et difficiles à analyser, qui font du rire, comme de la raison môme, un des caractères essentiels de l'humanité. Les animaux ne rient pas, à proprement parler. Pour rire, en effet, il faut saisir ce qu'il y a d'inopiné, de singulier, de curieux, d'amusant, de joyeux même dans certains contrastes. Il peut se faire que le rire et mieux encore le sourire soient faits entièrement de claire et agréable connaissance, de sympathie heureuse et d'amitié satisfaite. Mais il arrive souvent que cette joie est bruyante, déplacée ou exagérée jusqu'à l'insanité, ou bien qu'elle est maligne et se tire du mal d'autrui, ou bien encore qu'il s'y mêle du dépit, de la haine et de la colère. On peut rire de soi-même et de ceux que l'on aime ; mais ce rire est parfois bien amer. On comprend donc qu'il y ait tant d'espèces de rires, si différentes entre elles : le rire gai, bienveillant, affecté, moqueur, malin, forcé, nerveux, sardonique... Si le rire est l'effet irrésistible de sentiments violents et désordonnés, dont on ne peut se défendre, il devient très expressif et même tragique, mais il perd son caractère. Si, au contraire, il n'est, pour ainsi dire, qu'une contraction des muscles de la face, il est pure grimace. Il vient alors des nerfs plutôt que de l'esprit et constitue un phénomène physiologique plutôt que psychologique et moral. Tel est le rire de la démence, si navrant pour ceux qui en sont les témoins et qui atteste que la raison, sinon l'intelligence, a disparu. Tel est encore, mais dans un genre différent et qui n'a rien que d'aimable, le rire de l'enfant qui s'éveille à la vie intellectuelle. Le rire est alors sous l'empire absolu des nerfs et des sens. Un peu plus tard, le même enfant rira souvent d'un rire incoercible, quoique plus intelligent. Les hommes les plus graves n'échappent pas toujours à cette faiblesse, et l'on raconte que le philosophe Chrysippe mourut d'un accès de rire qu'il ne put arrêter. Tous ces rires sont imparfaits dans la mesure même où ils se dérobent à l'idée, et la trahissent au lieu de l'exprimer. Le sourire est meilleur, parce que la raison et le cœur en disposent beaucoup mieux ; et rien n'est gracieux comme certaines figures, pleines d'intelligence et de candeur, qui sourient naturellement, pour ainsi dire, même au repos. — Bien des auteurs ont traité du rire. Citons : Poinsinet de Sivry, Traité îles causes physiques et morales du rire (1768) ; Dumont, Du 'rire (1862).
Pleurs. — Les pleurs expriment des sentiments non moins complexes que le rire et le sourire, auxquels on les voit se mêler si souvent. Il y a, entre ces deux expressions souveraines de la joie et de la douleur humaines, de profondes analogies et des rapports étroits. Tout ce que nous avons dit du