‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 294 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

actions: on poussait des cris et des lamentations; le corps était brûlé sur un bûcher hors la ville. Mais les pauvres étaient inhumés et souvent sans honneur. De là les collèges funéraires qui se formèrent pour assurer à leurs membres une sépulture plus digne. Les chrétiens profitèrent de ces institutions, (pie la loi protégeait. En France, on décerne des funérailles nationales ou seulement publique* à certains personnages.

Messe. — C'est le sacrifice de la nouvelle loi (v. sacrifice). Mais la sainte messe comprend, en outre, toutes les cérémonies complémentaires ou accessoires du sacrifice eucharistique, telles que l'Eglise les a déterminées. De là les différentes sortes de messes : hautes ou chantées, basses, publiques, privées, etc.. Selon l'opinion commune, l'essence de la messe, comme celle du sacrifice, consiste dans la consécration des deux espèces, qui figurent la mort de N.-S., avec l'effusion de son sang. Entre toutes les prières de la messe, le canon est la plus respectable et la plus ancienne. D'ailleurs toutes les cérémonies de la messe, les ornements à revêtir, les gestes à faire, l'autel et la pierre sacrée sur lesquels on doit célébrer, le servant qui doit répondre au prêtre, les cierges à allumer : toutaété réglé avec soin par l'Eglise et doit être observé religieusement (v. Knoll, /(.'■-• Cérémonies de la Mette). Prose — Ce chant liturgique rentre dans les prières de la messe à certains jours (Pâques, Pentecôte, Fête-Dieu, messe des morts, etc.); il se chante ou se récite après le graduel. De là, le nom de séquence qu'on lui donne. La prose est composée de vers non rythmés, mais ayant un nombre déterminé de syllabes et terminés par une rime. Elle diffère donc de l'hymne, qui est une pièce de poésie mesurée. Citons, parmi les proses : le Stabat, de Jacopone; le Victime1 paschali, pour la fête de Pâques ; le Veni sancte Spiritus, pour la Pentecôte ; le Lauda Sion, de S. Thomas, pour la Fête- Dieu ; le Dies ira', qu'on a attribué à Thomas de Celano, pour la messe des morts.

Office divin. — C'est le nom général qu'on donne aux prières publiques de l'Eglise. Selon le degré de solennité des fêtes, on distingue les offices solennels majeurs ou doubles de Ve classe, les solennels mineurs ou doubles de 2e classe, les doubles (aux offices doubles, on double les antiennes), les semi-doubles, les simples. On distingue aussi les offices communs (qu'on célèbre généralement pour un martyr ou un confesseur, etc.) et les offices propres à telle fête ou à tel saint. On entend spécialement, par l'office divin, les prières déterminées que certaines personnes ecclésiastiques sont obligées de réciter chaque jour et qu'on appelle bréviaire. La prière constante et, pour ainsi dire, officielle, n'a jamais fait défaut dans l'Eglise et date des origines mêmes. Déjà Tertullien appelait les heures canoniales des heures apostoliques. Mais ce fut au XIIIe siècle que le bréviaire prit son nom, parce qu'il fut composé en abrégeant les prières que l'on récitait précédemment dans les églises et ordres monastiques. Les ordres apostoliques de S. Dominique et de S. François adoptèrent la nouvelle forme de prière publique, inaugurée d'abord par la cour romaine. Le bréviaire comprend 7 ou 8 heures canoniales : matines et laudes (comptées ensemble ou séparément), prime, tierce, sexte et none (appelées petites heures), vêpres et complies (v. Batifrol, Hist. du Bréviaire; Pimont, les Hymnes). Symbole. — H y a trois formulaires principaux de la foi ou symboles : le symbole des apôtres, qu'on récite dans le chapelet ; — le symbole de Nicêe ou de Constantinople, qui fut composé parles Pères du premier concile général do Nicée, en 325, et complété par les Pères du concile de Constantinople 381 ; l'Eglise latine y ajouta le filioque, qui a trait à la procession du Saint-Esprit ; elle le

récite à la messe ; — enfin le symbole de S. Athanase, ainsi nommé parce qu'il renferme la doctrine que ce saint patriarche a défendue, mais dont l'auteur serait peut-être Vigile de Tapse, en Afrique, vers la fin du Ve siècle. On récite ce symbole le dimanche, à prime.

Confession d'Augsbourg. — On donne ce nom au symbole de la foi luthérienne, qui fut rédigé par Mëlanchthon et approuvé par Luther ainsi que par beaucoup de princes allemands. On le présenta à Charles-Quint à la diète d'Augsbourg (25 juin 1530). Ce formulaire admet la présence réelle de J.-C. dans la sainte eucharistie, l'impuissance du libre arbitre sans la grâce, l'existence du péché originel, etc. Mais le protestantisme ne s'y est pas tenu (v. Bossuet, Hist. des variations).

Procession. — L'usage des processions existait chez les anciens. Les Athéniens faisaient tous les ans cinq grandes processions : l'une en l'honneur de Jupiter ; une autre en l'honneur de Minerve ; les trois autres, où divers rites étaient observés, pour les mystères d'Eleusis. Les Romains avaient les ambarva/es, les pompes triomphales, la procession consulaire, où l'on conduisait les deux nouveaux consuls au Capitale, pour offrir un sacrifice à Jupiter, etc. Des manifestations analogues se retrouveraient chez les Hébreux. Le roi David dansa devant l'arche lorsqu'on la rapportait triomphalement à Jérusalem. Les processions chrétiennes se déroulèrent spontanément, pour ainsi dire, dès que l'ère de la liberté eut sonné. On allait, par exemple, chercher en cérémonie les reliques des saints martyrs où elles avaient été cachées et on les apportait avec honneur dans les églises, en chantant des hymnes ; dans les calamités publiques, on allait au tombeau des martyrs et des autres saints en récitant des prières, etc. Les processions devinrent donc l'une des formes les plus attrayantes et les plus pieusement symboliques du culte chrétien. On institua en particulier des processions pour la Purification, les Rameaux, les Rogations, l'Ascension, la Fête-Dieu, la Saint-Jean, l'Assomption, sans parler des processions qui faisaient partie de manifestations extraordinaires. Entre toutes, brilla la procession de la Fête-Dieu. Les processions étaient fréquentes au moyen âge, mais dégénéraient parfois en mascarades. Il appartient aux évêques de les régler ; il faut se conformer aussi aux décisions de la S. Congrégation des Rites. Dans les processions du Saint-Sacrement, on ne doit porter aucune relique, aucune statue ou image, si ce n'est celles qui sont peintes sur les bannières. Aujourd'hui les processions sont le plus souvent interdites en France, alors qu'elles sont tolérées et même protégées dans certains pays infidèles.

Fêtes. — La première fête a été instituée par Dieu même, puisqu'il ordonna qu'un jour de la semaine lui fût consacré en mémoire de la création, et que c'est à l'image de cette fêté primordiale que toutes les autres, pour ainsi dire, ont été instituées. Les fêtes, en effet, sont destinées à célébrer quelque bienfait spécial du Créateur, à perpétuer le souvenir d'un grand événement religieux ou national. Le plus souvent elles ont ce double caractère. Nous les retrouvons chez tous les peuples. Les Grecs avaient les Dionysiaques, les Panathénées, etc., sans parler des Jeux Olympiques et autres, qu'on célébrait avec beaucoup de solennité. Les Romains avaient les Lupercales. les Saturnales, les Fêtes séculaires, décennales. Les Juifs ont : la fête d'Esther (Pourim), en février; la Pâque (Péça'h), en mars ou en avril ; la Pentecôte (Chabouot) ; le Nouvel an (Roch- Hachana) ; le Grand Fanion (Kippour), en septembre ; la fête de Maccabèes (Hanoukka), en décembre. Hien supérieures aux fêtes de l'ancienne loi et surtout à celles du paganisme ou d'une syna-

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