LIVRE VIII : DU SIG.VE
gogue déicide sont les fêtes de l'Eglise. Elles ont la signification la plus haute ; elles sont l'expression parfaite des vérités les plus augustes, de la morale la plus pure et des espérances les plus nobles et les plus sûres. Les principales sont : la Noël, V Epiphanie, les Jeudi, Vendredi et Samedi sain/*, Pâques et les deux jours suivants, Y Ascension, la Pentecôte et les deux jours suivants, la Fête- Dieu, la Saint-Jean-Baptiste, la fête des SS. Pierre et l'uni, Y Assomption, la Toussaint, la Dédicace, la Fcte patrouille ou titulaire de l'église. Ces fêtes sont dites doubles île Ie classe. Viennent ensuite les fêtes doubles de ï)e classe, etc. (v. office). Chaque jour est sanctifié par de grands souvenirs. En France, en vertu d'un accord avec le .Saint-Siège, quatre jours de fêtes seulement doivent être célébrés par le repos, etc., outre les dimanches ; ce sont : Noël, V Ascension, Y Assomption, la Toussaint. Ces fêtes, en eii'et, tombent ou peuvent tomber dans la semaine. Beaucoup de fêtes sont mobiles et se règlent sur la fête de Pâques ; d'autres sont fixées à tel quantième du mois. De là, chaque année, la nécessité de régler le calendrier ecclésiastique (y. calendrier), avec l'ordre des offices. Pour nous en tenir ici aux caractères généraux des fêtes, nous remarquerons qu'elles tirent leur excellence et leur perpétuité de l'idée religieuse : avec elle elles survivent aux monuments de granit et d'airain, aux peuples et aux empires. Il n'appartient donc pas à l'autorité civile seule de créer des fêtes proprement dites : le pouvoir civil ne peut que décréter d'éphémères et trompeuses réjouissances. On remarquera aussi que les fêtes sont une nécessité à la fois religieuse et sociale. Comme le dit Lacordaire (52e Conf.), « l'homme a besoin de fêtes. Retenu loin de la cité permanente qui est le terme de son pèlerinage et portant au cœur la mélancolie de l'épreuve et de l'absence, il a besoin de sortir par des secousses de l'ombre monotone de sa vie... Les législateurs des nations ont reconnu ce besoin populaire de jouissances communes et publiques ». Mais si la vraie religion ne vient point sanctifier ces jouissances et les employer à l'élévation morale de l'homme, elles dégénèrent en licences, qui dégradent le peuple, au lieu de l'affranchir. Seule la religion chrétienne peut ennoblir assez les joies de la foule et faire de ce séjour terrestre le vestibule déjà radieux d'une vie meilleure et sans fin.
Jours fériés. — Outre les dimanches et les 4 fêtes indiquées plus haut (Noël, etc.), sont regardés en France comme jours fériés : le premier jour de l'an, les lundis de Pâques et de la Pentecôte et la fête nationale, fixée en ce moment au 14 juillet, mais que l'on fera coïncider prochainement, sans doute, avec la fête de Jeanne d'Arc. Aux jours fériés, on ne peut faire aucun acte public ou de procédure, sauf permission du président du tribunal ; on ne peut arrêter aucun débiteur ni exécuter aucune condamnation ; la lettre de change e1 le billet à ordre qui échoient ce jour-là, sont payables la veille ; le protêt ne peut être fait que le jour suivant. Dans le droit commun de l'Eglise, les jours fériés sont plus nombreux, et c'est une erreur dédire que cette législation chrétienne, si favorable à l'élévation morale de la classe laborieuse, lui ait porté préjudice.
Dimanche. — Le jour du dimanche fut substitué par les apôtres au jour du sabbat ; l'Eglise naissante se distinguait ainsi de la synagogue et célébrait, chaque semaine, avec le bienfait de la création, celui de la Résurrection de J.-C. et de la rédemption du genre humain. On lit dans Y Apologie de S. Justin : « Le jour qu'on appelle du soleil (nom que les païens donnaient au dimanche, devenu oliez les chrétiens le jour du Seigneur, dics dominica, Apoc. i, 10), tous ceux qui demeurent à la ville ou à la campagne s'assemblent en un même
lieu, et là on lit les écrits des apôtres et des prophètes autant que le temps le permet ». La sanctification du dimanche comprend de rigueur l'abstention des œuvres serviles et l'assistance à la messe, sans parler d'autres œuvres d'édification. Le premier prince qui ordonna la stricte observation du dimanche fut Constantin [(321). Les Etats chrétiens et, aujourd'hui encore, les Etats protestants, ont été fidèles plus ou moins à ce devoir. Le repos dominical, étant de droit naturel, religieux et social, la loi civile ne peut se dispenser de le sanctionner.
Noël. — Cette fête se célébrait dans l'Eglise avant le concile de Nieée, mais non partout le même jour. Elle était même réunie à celle de l'Adoration des mages et célébrée sous le nom d'Epiphanie. L'Eglise d'Occident ne tarda pas à les célébrer séparément. Au IVe siècle, la fête de Noël était inscrite au 25 décembre dans le calendrier •romain. Le même usage existait en Afrique de temps immémorial, au dire de S. Augustin. Lorsque la fête de Noël tombe un vendredi, l'obligation de l'abstinence est suspendue.
Quarante-Heures. — En France, on appelle de ce nom les exercices d'adoration opposés à la licence qui règne dans les derniers jours du carnaval. Les Quarante-Heures se célèbrent le dimanche, le lundi et le mardi avant le mercredi des Cendres. Cette dévotion remonte au XVIe siècle et fut inaugurée, prescrite ou propagée par les plus saints personnages : S. Charles Borromée, S. Philippe de Néri, Clément VIII.
Pâque ou Pâques. — Les Hébreux célébraient la Pâque en mémoire de la sortie d'Egypte, et la cérémonie principale de cette fête était la manducation de Y Agneau pascal, figure de N.-S. J.-C. La Pâque chrétienne a été instituée par N.-S. lorsque, dans la dernière cène, il se donna en nourriture à ses apôtres sous les espèces du pain et du vin. Mais le nom de Pâques signifie surtout la fête glorieuse entre toutes de la Résurrection de J.-C. Elle se célèbre tous les ans après le 14e jour de la lune de mars. Il y eut, à l'origine, quelque diversité de sentiments et de pratiques à ce sujet, les églises d'Asie célébrant la Pâque le 14e jour de la lune de mars, et les Romains la célébrant le dimanche suivant comme aujourd'hui. Cette dernière pratique fut sanctionnée au concile de Nicée (325) et ceux qui résistèrent furent regardés comme schismatiques.
Illuminations. — Parmi les signes de fête et de joie publique se font remarquer les illuminations, pratiquées de tous temps et chez tous les peuples. Les Romains se servaient de torches do pin pour illuminer, pendant leurs jeux séculaires. Les Grecs avaient leurs lamptèries, leur procession aux flambeaux aux mystères d'Eleusis. La fête des lanternes est célébrée en Chine de temps immémorial. Aujourd'hui la science a mis ses merveilleuses ressources au service de nos réjouissances civiles ou religieuses : gaz, électricité, feux d'artifice, etc. Parmi les illuminations périodiques et religieuses, citons : celle de Rome, pour la Saint- Pierre ; celle de Lyon, qui se célèbre depuis un demi-siècle, avec le même éclat, en l'honneur de l'Immaculée Conception (8 décembre).
Triomphe. — Les Romains, dès les origines, décernèrent des honneurs extraordinaires aux généraux qui avaient remporté de grandes victoires. Le triomphe consistait dans une entrée pompeuse de Yimperator dans Rome. Il entrait par la porte triomphale, le front ceint de laurier, monté sur un char tiré par quatre chevaux blancs, précédé du butin et des prisonniers de guerre, suivi de son armée et accompagné des plus hauts personnages venus à sa rencontre. Le cortège suivait la Voie sacrée, traversait le forum et montait au Capitule, où le triomphateur sacrifiait à Jupiter un couple do