‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 304 sur 686 · LIVRE IX : DE LA HIERARCHIE · texte numérisé non relu

LIVRE IX : DE LA HIERARCHIE

est du style élevé ; il s'applique spécialement aux fonctions ecclésiastiques. L'emploi est déterminé par le genre de travail auquel on est appliqué. Ce mot est du langage ordinaire ; il est très général et peut désigner les plus grandes comme les plus petites charges. Toutefois ceux qui remplissent des emplois considérables ne sont pas qualifiés Remployés. La fonction c'est l'exercice d'une charge ou d'un office; ce mot s'emploie ordinairement au pluriel. Mais on ne donne le nom de fonctionnaire qu'à celui qui exerce une charge ou un emploi civil et relève, dans l'exercice de cette charge ou de cet emploi, de l'autorité de même ordre. En exerçant le ministère ecclésiastique, on n'est donc pas un fonctionnaire Enfin la charge est un emploi important, qui impose beaucoup de sollicitude et de responsabilité.

Poste, place. — Le poste est une place plus ou moins importante ou difficile à occuper ; il suppose quelque chose à défendre, des intérêts particuliers à sauvegarder ; il implique l'idée de combat et de vigilance. Là place se dit, en général, de l'emploi, de la fonction, du rang que l'on occupe dans la hiérarchie et par là même dans la société.

Collègue, confrère. — Les collègues (v. l'étymologie) se trouvent associés seulement par les emplois qu'ils remplissent, les fonctions qu'ils exercent et qui les font concourir à une œuvre commune : ainsi les députés d'un même parlement, les fonctionnaires d'une même administration. Les confrères sont unis par des liens plus étroits ; ils appartiennent à un même corps : ainsi les religieux du même ordre, les membres d'une même académie, les membres d'un même tribunal.

Condition, état, profession, art, métier. — La condition c'est le rang que l'on occupe dans la société, par sa naissance, par sa fortune, par sa profession, etc. L'état c'est le genre de vie, eu égard non seulement à la profession, mais encore aux autres conditions sociales où l'on se trouve placé. Remplir les devoirs de son état, c'est bien exercer sa profession ; c'est, en outre, user sagement de sa fortune, si on est riche ; bien élever ses enfants, si on est père ; mettre son crédit au service de toutes les bonnes causes, si on a de l'autorité et de l'influence La profession marque la classe à laquelle on appartient, dans la société, par le savoir que l'on professe ou l'ait que l'on exerce : ainsi la profession de médecin, d'avocat, de négociant, de boulanger. Les professions qui s'exercent par le travail manuel prennent le nom de métiers. Tout métier suppose un art qui l'éclairé et le dirige; mais tous les arts pratiques ne sont pas des métiers.

Liberté, indépendance. — La liberté consiste à être maître de ses actes ; l'indépendance consiste à n'être pas sous la domination d'autrui. Un peuple est indépendant, s'il n'est pas soumis à un autre ; il est libre, s'il n'est pas tyrannisé au dedans par un despote ou une minorité de sectaires et de persécuteurs. Un peuple peut donc être indépendant sans être libre : ainsi en est-il des individus. Toute liberté véritable est réglée.

Prêtre, ecclésiastique, curé. — Le prêtre est celui qui, en vertu du sacrement de l'ordre qu'il a reçu, peut célébrer la sainte messe, absoudre des péchés, etc L'ecclésiastique est un membre quelconque du clergé, particulièrement du clergé séculier, qu'il soit prêtre ou diacre ou simple clerc. Le

curé est celui qui a une cure, c'est-à-dire charge d'âmes dans une paroisse.

Ermi.e. solitaire. — L'ermite s'est retiré au désert, où il vit seul, séparé de toute société Le solitaire est celui qui s'est retiré seulement dans la solitude et peut participer d ailleurs à une vie commune : ainsi les solitaires de la Chartreuse.

Enseignement, instruction, leçon. — L'enseignement est une série ou un ensemble de leçons, dont le but est d'instruire celui qui les reçoit : il est général ou particulier, supérieur ou élémentaire, relevé ou familier. L'instruction est le résultat de l'enseignement : c'est la culture donnée à l'esprit par le maître et reçue par celui qui l'écoute. Instruction a, en outre, un autre sens plus général, qui n'est pas considéré ici. La leçon est la connaissance particulière qu'un maître essaie d inculquer à ses disciples ou à ses élèves chaque fois qu'il vaque à son office. Mais les meilleures leçons sont souvent celles que donne l'expérience et, avec elle, la Providence, qui est la maîtresse de toutes les intelligences, comme elle l'est de tous les événements.

Pasteur, pâtre, berger. — Pasteur était d'abord le même mot que pâtre; mais il ne s'emploie guère aujourd'hui qu'au figuré (par exemple : J.-C. est le bon Pasteur. — Le pape et les évêques sont les pasteurs des âmes), ou poétiquement, ou bien encore en parlant des peuples pasteurs, c'està-dire adonnés à la culture des troupeaux. Lepâtre est celui qui garde des brebis ou d'autres animaux qui paissent Le berger est proprement celui qui garde un troupeau de brebis.

Recueillir, récolter. — Ces deux mots ont même étymologie, même sens primitif; mais ils s'emploient aujourd'hui d'une manière différente. Recueillir se dit principalement des fruits et s'emploie au figuré aussi bien qu'au sens propre. Récolter est un terme d'agriculture : il s'applique aux fruits et à toutes les productions de la terre, considérés en masse, c'est-à-dire comme récolte. On dira aussi, au figuré : Récolter des compliments, etc., au lieu de : Recueillir des compliments, si l'on veut marquer une certaine abondance.

Elaguer, émonder. — Elaguer se dit des grands arbres dont on n'utilise guère que le bois. Emonder se dit plutôt des arbres fruitiers ou des arbrisseaux. On élague, pour décharger l'arbre, en retranchant le superflu et souvent de grosses branches. On è monde, avec plus de soin et sans négliger les branches menues, pour embellir l'arbre et améliorer ses fruits.

Commerçant , marchand , négociant , trafiquant. — Dans un sens général, le commerçant est celui qui fait profession d'acheter et de vendre des marchandises; dans un sens plus général encore, on entend par commerçant tous ceux qui font des actes de commerce en vertu de leur profession : fabricants, commissionnaires, banquiers, armateurs. Mais, dans un sens restreint, le commerçant est celui qui achète les denrées en gros et les revend de même Le marchand est celui qui vend en détail. Le uéi/ociant est celui qui achète et revend en gros toutes sortes de marchandises Le trafiquant est celui qui achète dans un endroit une marchandise qu'il revend dans un autre. Aujourd'hui le trafiquant peut faire les opérations de son commerce sans se déplacer.

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