‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 311 sur 686 · PARTI K LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTI K LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

faculté de théologie, de droit, de lettres, de sciences. . Avant la Révolution, les corporations d'arts et métiers avaient également leurs bacheliers. Les épreuves du baccalauréat subi d;'ns les facultés ont varié beaucoup dans ces dernières années. On distinguait naguère un baccalauréat es sciences et un baccalauréat es lettres, plus un baccalauréat es sciences restreint et un baccalauréat de l'enseignement secondaire spécial. On distingue aujourd'hui le baccalauréat de l'enseignement classique et celui de l'enseignement moderne. Les épreuves de l'un et de l'autre sont divisées en deux parties. En France, le baccalauréat est une condition d'entrée dans la plupart des carrières. On lui a reproché d'augmenter le nombre des déclassés.

Licencié. — A l'origine, la licence était, comme le mot l'indique, la permission d'enseigner. Il y a des licenciés en théologie, en droit, es lettres, es sciences (soit naturelles, soit physiques, soit mathématiques). En France, les licenciés es lettres ou es sciences jouissent de certains privilèges par rapport à la loi militaire. La licence ouvre certaines carrières : le titre de licencié en droit est requis pour devenir avocat, avoué, juge ; la licence ouvre la porte du concours à l'agi égat on. Dans l'ancienne Université de Paris, pour obtenir le grade de docteur ou de licencié en droit canon, en droit civil, ou en médecine, il fallait avoir étudié sept ans, et, pour le grade de docteur ou de licencié en théologie, dix ans.

Docteur. — Les grades de docteur en théologie et de docteur en droit canon datent du XIIe siècle, c'est-à-dire des origines des Universités. Dès le XIIIe siècle, il y avait des docteurs pour toutes les sciences enseignées à l'époque : doctores medicinœ, grammaticos, logxcœ, philosophiçe et aliarum artium, et même des docteurs du notariat. Les grades universitaires étaient très estimés, et leurs privilèges étaient reconnus dans toute la chrétienté Le doctorat avait sa hiérarchie : le docteur en droit avait le pas sur le docteur en médecine et sur le docteur es lettres, qui marchait au dernier rang; le docteur en théologie avait le pas sur tous. L'insigne du doctorat était le bonnet carré. Le droit canon et le droit civil étaient cultivés avec le même zèle : de là les docteurs in utroque jure. Les docteurs les plus illustres du moyen âge reçurent des qualificatifs qui marquent assez bien leurs mérites particuliers ou le caractère de leur talent : docteur irréfragable (Alexandre de Halès), angèlique (S. Thomas), séraphique (S. Bonaventure), subtil (Scot), illuminé (Raymond Lulle), admirable (Roger Bacon), singulier (Ockam). Les grades universitaires donnaient accès aux dignités ecclésiastiques. Le concile de Trente veut que le candidat à l'épiscopat ait été promu au degré de maître ou docteur, ou bien à celui de licencié en théologie ou en droit canon. Il demande encore que les archidiacres, qui sont les yeux des évêques, et la moitié au moins des chanoines des cathédrales soient pourvus de ces mêmes grades canoniques. Aujourd'hui l'Université de France confère les doctorats en droit civil, es lettres, es sciences et en médecine. Le doctorat es sciences, comme la licence es sciences, forme trois branches (sciences naturelles, physiques ou mathématiques). Le doctorat en droit comprend également depuis quelque temps deux branches distinctes (sciences politiques et économiques). L'obtention de ces divers grades est soumise à certaines conditions : inscriptions, stages, examens, thèses. Le doctorat es lettres comporte deux thèses, l'une latine et l'autre française.

Rosière. — A côté des distinctions accordées à la science, il y a les distinctions méritées par la vertu ; et bien que celle-ci doive fuir les honneurs, où elle se diminue, il convient cependant quelque-

fois de la tirer de l'obscurité pour la couronner. De là les prix de vertu décernés par l'Académie, les institutions de rosières, etc. La première rosière aurait été la sœur de S. Médard, à Salency, près Noyon. On couronne aujourd hui des rosières à Nanterre, à Suresnes, à Dourdan, etc. Avec la couronne, les rosières reçoivent d'ordinaire une somme d'argent qui les aide à s'établir honnêtement. C'est une bonne récompense de la vertu que celle qui consiste à en assurer la persévérance.

Titre. — Il faut entendre ici les titres d'honneur que l'usage a attachés à certaines dignités (Majesté, Excellence, etc.), à certains états (maître, en parlant de gens dérobe ; père, frère, sœur, en parlant de religieux ou de religieuses), ou même qu'il accorde à toutes les personnes, selon le sexe et la condition de chacune (monsieur, madame, mademoiselle). Rien n'indique mieux la nécessité et le devoir de témoigner à toute autorité et à chaque personne les respects et la considération qui lui sont dus. Les usages ont varié beaucoup sur ce point, comme sur tant d'autres ; ils diffèrent aussi selon les peuples. Les Français d'aujourd'hui sont les moins prodigues de ces titres d'honneur, bien (pie nulle part mieux qu'en Franco les humbles soient respectés et obtiennent les appellations honorables qui leur conviennent. La langue italienne, au contraire, prodigue facilement les qualifications louangeuses, telles que celles d'illustrissime, de révèreudissime.

Majesté. — Le titre de Majesté, que nous devons aux Romains et qui nous rappelle quelque chose de leur grandeur, a fini par être réservé aux souverains. Les papes ont donné aux rois de France, dans les actes de la chancellerie, le titre de Majesté très chrétienne ; aux rois d'Espagne, celui de Majesté catholique ; aux rois de Portugal, celui de Majesté très fidèle ; aux rois de Hongrie, celui de Majesté apostolique.

Office. — D'une manière générale, l'office que nous signalons ici est toute charge, tout devoir, tout service dont il faut s'acquitter dans l'ordre social. Ainsi compris, l'office est le principe et la fin immédiate de la hiérarchie : il explique les distinctions, les honneurs, le pouvoir, les exceptions et les privilèges. Et il faut ajouter que tous ces avantages cesseraient d'être légitimes du moment qu'ils ne répondraient plus à quelque office ou service rendu à la société. Voilà pourquoi l'ancienne noblesse qui, à tant d'égards avait si bien mérité de la nation, était destinée à disparaître ou à se transformer, lorsque ses privilèges cessèrent d'être la récompense de ses services. Les canonistes distinguent les offices ecclésiastiques et les offices civils ou séculiers. Les premiers sont ceux qui ne conviennent qu'à des ecclésiastiques. Dans la primitive Eglise, les charges ecclésiastiques étaient de purs offices. Les bénéfices furent ensuite introduits naturellement en vertu même des offices, afin que ceux-ci fussent parfaitement remplis. Mais lorsque l'esprit séculier eut exercé sa malheureuse influence, on sépara plus ou moins, dans bien des cas, le bénéfice de l'office, au grand détriment de l'indépendance de l'Eglise et du bien des âmes. Parmi les offices ecclésiastiques se distinguent les offices claustraux, c'est-à-dire exercés ou censés exercés dans le cloître : ainsi l'office de cellérier, très considéré déjà au temps de S. Benoît et qui se démembra ensuite. Les offices civils sont ceux qui sont exercés par des laïques et émanent d'une autorité séculière. Ils ne peuvent être exercés, du moins en principe, par des ecclésiastiques : ainsi les offices d'avocat, de notaire, de procureur près les tribunaux séculiers; ceux de médecin, de négociant, de banquier. On nommait autrefois offices de judicature ou absolument offices, les charges de président, de conseiller, de procureur, etc. Ces offices étaient vénaux (c'est-

Page 1