PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPÉDIQUE
missi dominici de Charlemagne. Nos évêqucs ont d'abord porto le titre d'inspecteur, puisque le nom à'èvéque a cette signification en grec. Mais les inspecteurs se sont multipliés outre mesure de nos jours, à mesure que la centralisation, le fonctionnarisme et la bureaucratie se faisaient plus lourdement sentir.
Trésorier. — Ce nom convient généralement à ceux qui ont charge de garder ou même de percevoir et de distribuer les fonds d'un Etat, d un souverain ou d'une société, d'une communauté. Jadis les agents des finances prenaient le nom de trésoriers : trésoriers de l'épargne ou de la maison du roi; trésoriers de la guerre, de la marine et des colonies. Les trésoriers de France étaient des agents supérieurs qui, dans les généralités, s'occupaient de la répartition des tailles et de plusieurs autres parties de l'administration. On donne aujourd nui le nom de trésoriers-payeurs généraux à des fonctionnaires supérieurs des finances, qui ont remplacé, depuis 1891, les payeurs départementaux et les receveurs généraux. — Dans l'Eglise, le titre de trésorier était donné à celui qui avait la garde de l'argenterie, des reliques, des châsses et autres objets de prix.
Econome. — Ily a cette différence entre Yèconome et le trésorier, que le premier a non seulement la garde mais encore l'administration des biens qui lui sont confiés II y avait déjà des économes dans plusieurs églises d'Orient, lorsque le concile de Chalcédoine ordonna que les évêques en choisissent un qui fût capable de régir, sous leurs ordres, les biens de leur église. A l'exemple des apôtres, les évêques continuèrent donc à se décharger autant que possible du temporel sur des ministres inférieurs. En Occident, l'office d'économe fut rempli souvent par les archidiacres : par exemple S. Laurent. Plus tard, lorsque l'autorité des évêques sur les biens de leur église eût été réduite, les économes devinrent presque inutiles ; leur fonction fut bornée au soin des revenus de l'évêque pendant la vacance du siège. S. Charles Borromée essaya de renouveler l'usage des économes dans son diocèse et dans les dtocèses de sa province, mais sans succès.
Service. — Quelle que soit la différence des fonctions, des honneurs, des fortunes, tous les hommes sont appelés à servir : les plus hauts dignitaires comme les plus humbles serviteurs. C'est avec un sens profond de cette justice sociale, consacrée par la charité chrétienne, que les papes se déclarent les serviteurs des serviteurs de Dieu. Le pouvoir ecclésiastique et la puissance séculière n'ont pas d'autre raison d'être que le service public. C'est ce que N.-S. J.-C. avait déclaré le premier dans ces paroles : Je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir. Les offices dont nous avons parlé jusqu'ici sont donc des espèces de services, d'autant plus honorables ordinairement qu'ils sont plus étendus et d'ordre public. Quant aux services privés et personnels, ils sont plus humbles de leur nature et rendus par des serviteurs propre^ ment dits.
Héraut. — Ce nom est d'origine germanique, mais l'office de héraut existait également chez les anciens, où il était rempli par des officiers particuliers : les Grecs les appelaient xïpuxe; ; les Latins, caduceatores. Ce dernier nom nous rappelle Mercure, le héraut ou messager des dieux, dont l'attribut était le caducée. Les fèciaux romains, qui signifiaient les déclarations de guerre, étaient encore de véritables hérauts. De même, au moyen âge, les hérauts d'armes, qui signifiaient les déclarations de guerre et les défis, réglaient les formalités des tournois et devenaient comme des maîtres de cérémonies à la cour. Le roi de France avait 28 hérauts d'armes, commandés par un roi d'armes. Les hérauts
d'armes existent encore en Angleterre (v. blason). Chambellan, chambrier. — A la cour des empereurs romains, il y avait un grand chambellan ou chambrier (prœpositus sacri cubiculi), qui était l'un des principaux officiers de la maison impériale. Ily eut une charge de grand chambrier, à la cour de France, jusqu'à la fin du XVIe siècle. La charge de grand chambellan ne fut abolie qu'à la Révolution. Le premier et le second empire la rétablirent. La plupart des cours de l'Europe ont encore leurs chambellans.
Huissier. — Comme le mot l'indique, l'huissier fut d'abord un portier, et l'on donne encore ce nom aux gens de service qui se tiennent dans les antichambres des hauts fonctionnaires, etc. pour introduire les visiteurs, à ceux qui sont chargés du service intérieur dans les Chambres, les tribunaux ou les académies. On distinguait autrefois les huissiers de la chambre du roi ; les huissiers d'à )• mes, les huissiers de la chaine, etc.
Page. — Les monarques orientaux, comme les princes et seigneurs du moyen âge, avaient des pages. C'est ainsi que Daniel fut choisi, parmi les jeunes gens les plus distingués de sa nation, pour être élevé à la cour de Babylone. Cet usage fut pratiqué aussi par les nobles Romains ; mais il n'eut pas chez eux le caractère guerrier et moral qui le distingua au moyen âge. Alors les pages furent de jeunes gentilshommes qui faisaient, auprès des seigneurs féodaux et des dames châtelaines, l'apprentissage des armes, de la chevalerie et des nobles manières. Les pages portaient la livrée de leur seigneur, exécutaient ses messages et le servaient même à table. A 14 ans, ils étaient mis hors de page et reçus écuyers.
Panetier, échanson. — Nous retrouvons l'office de panetier dans les plus anciennes cours. C'est ainsi que Joseph fut enfermé avec le grand panetier et le grand échanson de Pharaon, lorsqu'ils furent tombés en disgrâce. Sous 1 ancien régime, le Grand panetier était l'un des grands officiers de la couronne : il veillait à la distribution du pain dans la maison du roi et avait autorité sur tous les boulangers du domaine royal. Avec le grand panetier, les principaux officiers de bouche étaient : le grand échanson, les maîtres d'hôtel, les écuyers de cuisine, sommeliers, etc.
Valet. — Le nom de valet ou varlei fut d'abord donné aux jeunes gentilshommes qui remplissaient auprès des seigneurs l'office de page ou auprès des chevaliers celui d'écuyer. Les pages attachés au service des dames châtelaines étaient appelés damoiseaux. Le nom de valet est devenu ensuite synonyme de domestique, et il réveille aujourd'hui l'idée des défauts auxquels est exposée la profession : servilité et mensonge. Au théâtre, le rôle de valet de comédie, rappelle les Crispins, les Frontins, les Scapins, personnages fins et astucieux, propres à toutes sortes d'intrigues.
Portier. — Dans l'Eglise, c'est l'un des ordres mineurs. Les portiers étaient chargés de veiller à ce que rien ne vînt troubler le service divin. Leur office est rempli en partie aujourd'hui par les suisses, appariteurs, bedeaux, massiers, etc. Dans les couvents, on donne le nom de frère portier ou de sœur portière à la personne chargée du soin de la porte. On donne aujourd'hui spécialement le nom de portier ou de concierge à celui qui est commis par un propriétaire ou un régisseur à la garde d'un immeuble. Son office est d'ouvrir aux locataires, de leur transmettre fidèlement leurs journaux, lettres, etc., de faire visiter les appartements à louer, de tenir propres les escaliers et les allées, etc. Le propriétaire est responsable des délits de son concierge.
Condition sociale, état. — La condition sociale de chacun résulte déjà de la situation de