PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPÉDIQUE
bares, une souveraineté temporelle, destinée à protéger l'exercice de la première. Pie VII déclarait, en 1809, dans sa bulle Cum memoranda, que « le principat temporel est nécessaire pour assurer au chef suprême de l'Eglise un exercice libre et certain delà puissance qui lui a été divinement remise sur tout l'univers, et que ce n'est pas sans un ordre évident de la divine Providence que le domaine temporel du Saint-Siège a été possédé depuis tant de siècles par les Pontifes romains ». A ce moment, le despotisme de Napoléon ne justifiait que trop déjà ces déclarations. La souveraineté des papes sur les Etats de l'Eglise s'établit insensiblement par leurs bienfaits et par la nécessité des temps : abandonnées par leurs souverains, qui d'ailleurs ne pouvaient plus les défendre, écrasées par des conquérants barbares, les populations se tournèrent vers le Saint-Siège, comme vers le salut à la fois spirituel et temporel. Pépin et Charlemagne étendirent ou reconnurent ces droits déjà incontestables, exercés ensuite pendant plus de mille ans et que nulle spoliation ne saurait abroger. Les spoliateurs sont frappés d'excommunication.
Les insignes du pape sont : la férule, bâton d'or, surmonté d'une croix pattée, que tient le pape en guise de crosse, aux offices pontificaux et aux consécrations; la sedia gestatoria (siège à porteurs) ; le trône pontifical ; la tiare ; la croix papale, dont le crucifix est toujours tourné vers le pape ; Vanneau, dupècheur, au chaton duquel est gravé S. Pierre, assis dans une barque et jetant ses filets à la mer, etc. L'anneau du pêcheur servait autrefois à sceller les brefs apostoliques expédiés sub annulo piscatoris.
Cardinal. — Les cardinaux sont les plus hauts dignitaires de l'Eglise après le pape, alors même qu'ils n'auraient point reçu l'ordre épiscopal ni même l'ordre de la prêtrise. Ils assistent le pape dans le gouvernement de l'Eglise, dirigent les Congrégations (v. ce mot), qui sont comme des tribunaux ou des ministères ecclésiastiques, etc. En principe, ils doivent donc résider à Rome, quoique cette obligation soit suspendue pour les évêques des principaux sièges de la chrétienté, qui sont si souvent agrégés au Sacré-Collège. On donne le nom de cardinal- vicaire à celui qui supplée le pape comme évêque de Rome. On pense que les premiers cardinaux étaient les curés ou les titulaires des paroisses et des églises de Rome, ainsi appelés, dit-on, parce que, quand le pape célébrait, ils se tenaient aux carnes de l'autel : ad cardines altaris. Quoi qu'il en soit, ils ne furent d'abord que 14 ou 15 ; puis on multiplia les titres. Le nombre des cardinaux fut considérable pendant le schisme d'Avignon; Paul IV le fixa à 40 ; Sixte-Quint, à 70, en mémoire des 70 vieillards choisis par Moïse (1536). Le même pape divisa le Sacré-Collège en trois ordres : évoques (aujourd'hui au nombre de 6), prêtres (50), diacres (14). Les insignes des cardinaux sont : la pourpre, la calotte et le chapeau rouges, etc. Le chapeau n'a plus d'autre usage maintenant qu'à la mort du cardinal : on le dépose à ses pieds sur son lit funèbre ; puis, à l'église, à la partie antérieure de la bière ; enfin on le suspend à la voûte, au-dessus de la sépulture.
Camerlingue. — Il ne faut pas confondre le cardinal camerlingue de la sainte Eglise romaine avec le cardinal camerlingue du Sacré-Collège. Celui-ci est comme l'économe du Sacré-Collège et il est nommé tous les ans. L'autre, qui est inamovible, est l'un des principaux dignitaires de la cour de Rome. A la mort du pape, qu'il est chargé de constater ollicielleinent, il prend en main le gouvernemeet temporel de l'Eglise.
Légat. — Le légat est un prélat envoyé par le pape pour tenir sa place et exercer sa juridiction dans les lieux où il ne peut se trouver. Au concile
de Nicée (325), les deux prêtres romains Vitus ou Victor et Vincent furent, avec Osius, évêque de Cordoue, légats du pape. Dès le Ve siècle nous voyons, en divers pays, des évêques ou archevêques avec le titre de vicaires apostoliques : c'étaient de véritables légats en permanence. Ce titre de légat, ayant été continué à leurs successeurs, devint assez souvent comme un privilège du siège : de là les légats-nés, qui exagérèrent plus d'une fois leurs pouvoirs et finirent par n'en conserver que le titre. Les légats a latere, qui les remplacèrent, furent contrariés souvent par les pouvoirs civils dans l'exercice de leur mission. Les nonciatures ont remplacé aujourd'hui les légations.
Nonce. — Les nonces sont des prélats envoyés par le pape dans les différentes cours catholiques pour le représenter et s'acquitter en son nom des fonctions d'ambassadeur. Les anciens apocrisiaires exerçaient plus ou moins autrefois les fonctions qui sont dévolues aujourd'hui aux nonces. Ce droit d'envoyer des nonces jouissant d'une juridiction stable, est fondé sur la primauté divine du Saint- Siège et les papes l'ont toujours exercé. (V. le bref de Pie VI du 20 janvier 1787 «, l'archevêque de Cologne). Il y a quatre nonciatures cardinalices, c'est-à-dire qui conduisent directement au cardinalat : Paris, Madrid, Lisbonne et Vienne.
Protonotaire. — Les protonotaires apostoliques sont des prélats chargés d'enregistrer les actes de la sainte Eglise. Leur charge est une des principales de la cour pontificale. L'origine des protonotaires est très ancienne, car elle remonte au collège des sept notaires institué par S. Clément I pour écrire l'histoire des martyrs. Outre les protonotaires participants (au nombre de 7), il y a les protonotaires ad instar participuntiu m , dont le nombre est illimité. Il s'élève à 3 ou 400, dispersés en partie dans toute la chrétienté. Il y a encore des protonotaires honoraires ou titulaires dits protonotaires noirs, parce qu'ils n'ont pas droit au violet : on les qualifie Rèvèrendissime, mais jamais Monseigneur.
Patriarche. — Le patriarche est un prélat dont la juridiction est plus élevée que celle des métropolitains et à peu près semblable à celle des primats. Il n'y eut d'abord que trois patriarches : les évêques de Rome, d'Alexandrie et d'Antioche, ces trois sièges ayant été regardés comme fondés ou occupés par S. Pierre. Plus tard furent établis les patriarcats de Constantinople, de Jérusalem, etc. Il y a actuellement dix sièges patriarcaux : Constantinople, Alexandrie, Antioche, Jérusalem, Babylone, Cilicie, Lisbonne, Venise, Indes Orientales, Indes Occidentales. Le patriarche des Indes Occidentales est l'archevêque de Tolède ; celui des Indes Orientales, l'archevêque de Goa. Il y a quatre patriarches à Antioche, selon les divers rites : maronite, melchite, syrien, latin.
Primat. — Les primats sont des archevêques qui ont une supériorité sur plusieurs archevêchés ou évêchés. Il y en eut de bonne heure en Orient et en Occident. Ceux qui restent encore en Occident n'ont que le simple titre sans juridiction. En France, le concordat de 1801 ayant aboli tous les anciens titres et n'ayant point rétabli celui de primat, mais seulement celui de métropolitain, on en a conclu que ces titres n'existaient plus. Cependant Pie IX, par un bref de 1851, reconnut à l'archevêque de Lyon le titre de primat des Gaules ; l'archevêque de Bordeaux s'est intitulé primat d'Aquitaine; l'archevêque de Rouen, primat de Normandie. L'Eglise de Lyon a longtemps exercé une juridiction, qui fut souvent contestée, sur les métropoles de Tours, de Rouen, de Paris et de Sens. Grégoire VII l'avait accordée ou reconnue, au XIe siècle.
Archevêque métropolitain. — Lorsque