LIVRE IX : DE LA HIERARCHIE
César. — Octave, fils adoptifet successeurde Jules César, en prit le nom, qui devint un simple titre des empereurs romains, d'ailleurs étrangers à la famille de César. Le titre de César fut ensuite donné spécialement aux héritiers présomptifs de l'empire ; cet usage passa même en règle à partir de Dioclétien. Alors les empereurs prirent le titre d'Auguste et s'adjoignirent un prince destiné à leur succéder, qui porta le titre de César.
Censeur. — Chez les Romains, les censeurs, au nombre de deux, étaient chargés du recensement, qui se faisait tous les cinq ans, de l'évaluation des fortunes, de l'administration du trésor public et de la surveillance des mœurs. Caton, surnommé le Censeur, se distingua dans cette magistrature, et son nom en est devenu comme inséparable. Les censeurs furent institués en 443 av. J.-C. et leur pouvoir dura d'abord cinq ans ; il fut réduit bientôt à un an et demi. Réservée d'abord aux patriciens, cette magistrature, qui ne tarda pas à prendre une grande importance, devint accessible aux plébéiens en 339. Elle fut abolie sous Auguste ; mais les empereurs en exercèrent les fonctions jusqu'à Vespasien.
Archonte. — Ce fut le titre des premiers magistrats des Athéniens. Ils succédèrent à Codrus, dernier roi d'Athènes. Il n'y eut d'abord qu'un seul archonte, qui devait être de la famille de Codrus et dont le pouvoir était à vie. En 752 av. J.-C, ses fonctions furent limitées à 10 ans ; en 684, le nombre des archontes fut porté à 9 et l'archontat devint annuel. Le 1er archonte, dit éponyme, parce qu'il donnait son nom à l'année, était chargé surtout de l'administration civile; le 2e, Yarchonteroi, présidait au culte; le 3e, le polèmarque, commandait les armées ; les six autres, appelés thesmothètes (législateurs), veillaient à la promulgation et à l'exécution des lois.
(Hiérarchie dans l'armée).
Soldat- — On donne quelquefois ce nom et dans un sens très honorable à tout homme de guerre. C'est ainsi qu'on lit sur le tombeau du maréchal Castellane : Ci-gH un soldat. Les Romains ne soldèrent leurs troupes que lorsque les armées commencèrent à devenir permanentes (400 ans av. J.-C, siège de Véïes). Au moyen âge, on ne soldait que les mercenaires ; les autres troupes ne fournissant qu'un service temporaire et à titre de redevance féodale. La solde devint régulière, lorsque les armées permanentes s'organisèrent (sous Charles V, Charles VII. V. armée). La solde donnée aujourd'hui au simple soldat est insignifiante ; elle porte le nom de prêt, bien qu'elle soit payée à terme échu, tous les cinq jours. H y a des soldats de toutes armes et de divers corps ; ils peuvent être chargés aussi de diverses fonctions : de là des fantassins, des cavaliers, des artilleurs, des chasseurs, des zouaves, des tambours, etc. On distingue des soldats de lre classe, etc., ou des soldats d'élite. Ceux-ci forment quelquefois des compagnies et même des corps d'élite : ainsi la gendarmerie.
Général. — Ce nom est donné à tous les officiers généraux. Le général qui commande une armée ou un groupe d'armée est dit général en chef. On distingue les généraux de division et les généraux de brigade (v. grades). Les premiers portent comme signe distinctif 3 étoiles sur les épaulettes et sur la manche; s'ils commandent un corps d'armée, ils portent la plume blanche au chapeau. Sous l'ancien régime, les généraux de division étaient appelés lient cuit ni s généraux, et les généraux de brigade maréchaux de camp. Il y avait un général des galères, qui commandait la flotte sur la Méditerranée.
Colonel. — Le colonel répond de la discipline, de l'instruction militaire, de l'hygiène et de la tenue du régiment à la tête duquel il est placé. Il nomme
aux grades de caporal et de sous-officier. En temps de paix, pour être nommé colonel, il faut avoir deux ans de grade comme lieutenant-colonel ; la limite d'âge pour la retraite est à 60 ans. Le colonel a pour insignes 5 galons aux manches et au képi ; en grande tenue, il porte une aigrette blanche.
Capitaine. — Le titre de capitaine, en France, correspondit d'abord à celui de colonel ; il date du temps où le roi commença à donner des commissions aux seigneurs (XVe s.). Mais le uom de capitaine a'eu et conserve encore des acceptions fort diverses. Il y a, en Espagne, des capitaines généraux, qui sont placés à la tête de grandes subdivisions territoriales (capitaineries générales). Il y a en France, des capitaines de vaisseau, qui ont rang de colonel; des capitaines de frégate, qui ont rang de lieutenant-colonel. Dans l'armée de terre, les capitaines commandent les compagnies, escadrons ou batteries, etc. Ils ont pour insignes trois galons aux manches et au képi, et, en grande tenue, des épaulettes.
Fourrier. — Ce titre remonte au XVIe siècle. Il y eut jadis des fourriers-généraux et des fourriers-majors, chargés de tout ce qui regardait les logements. Aujourd'hui le fourrier est un sousofficier, ayant rang de sergent et placé sous les ordres du sergent-major pour l'aider dans la tenue de la comptabilité ; il fait les distributions, prépare les logements en route, etc. Il a pour insigne un galon d'or ou d'argent sur le haut du bras.
Caporal. — Le grade de caporal date du XVIe siècle, mais ses attributions ont longtemps varié. Originairement ce titre était donné à tout chef de troupe et devenait parfois synonyme de général. Le caporal commande une escouade. Il a pour insigne un double galon de laine sur chaque manche au-dessus du parement.
Grenadier. — Originairement les grenadiers étaient des soldats qui lançaient des grenades et ils étaient répartis dans les différents corps. Plus tard on les réunit en compagnies et le jet de la grenade fut laissé aux soldats du génie. Sous Louis XV, on forma 7 régiments de grenadiers royaux. Les grenadiers se sont illustrés surtout dans les guerres du lcrEmpire ; La Tour d'Auvergne fut surnommé le premier grenadier de France. Ce corps d'élite a disparu, en 1870, avec la garde impériale.
Lancier. — Au moyen âge, les chevaliers et les hommes d'armes étaient armés de lances ; mais, à la suite de l'invention des armes à feu, cette arme disparut des armées de l'Occident. Frédéric II remit la lance en honneur, en créant un régiment de lanciers. L'Autriche et la France l'imitèrent et créèrent plusieurs régiments ; l'armée de Napoléon comptait, en 1812, près de 10.000 lances. Cette arme est portée aujourd'hui encore par quelques régiments de dragons.
Cuirassier. — Au moyen âge, tous les chevaliers et les hommes d'armes portaient la cuirasse. Mais les premiers régiments de cuirassiers datent du XVIIe siècle. Il y en a 12 aujourd'hui. Avec la cuirasse, ils portent le casque en acier, orné d'une crinière noire et d'un plumet rouge ; ils sont armés du sabre et du revolver.
Vétéran. — C'est le nom qu'on donnait aux légionnaires romains qui avaient fait un certain nombre de campagnes (20 pour les fantassins et 10 pour les cavaliers) et avaient vieilli sous les enseignes. Entre autres récompenses, ils obtenaient d'ordinaire quelques arpents de terre dans les provinces, et même sur les frontières ou marches de l'Empire, qu'ils continuaient ainsi à défendre contre les envahisseurs.
Volontaire. — Les volontaires ont fourni plus d'une fois des contingents importants aux armées françaises. Près de î 00. 000 volontaires nationaux, en 1791, allèrent en quelques jours rejoindre les