Chapitre III
De l'éducation et de la culture.
Maître. — Ce nom convient spécialement à tous ceux qui enseignent les esprits et élèvent les jeunes générations. L'influence qu'ils exercent est sans rivale, à beaucoup d'égards. La hiérarchie des maîtres s'étend depuis les savants, les grands écrivains et les artistes en renom, qui président au mouvement intellectuel, religieux, scientifique, littéraire et artistique, jusqu'aux plus modestes instituteurs, et peut-être l'influence de ces derniers ne le cède pas à l'influence des autres. Ou plutôt, les maîtres qui communiquent directement avec Tâme de la jeune génération et la marquent de leur empreinte, ne font qu'obéir en somme à la direction et au mouvement imprimés d'en haut. Comme le disait très bien un ennemi de l'enseignement religieux, Jules Ferry, « c'est sur les hauts sommets que s'alimente la source éternelle qui charrie jusqu'aux petites écoles, jusqu'à l'enseignement enfantin et populaire, les paillettes d'or du savoir humain ». (Discours à la Sorbonne, 7 août 1883). La fortune de l'enseignement primaire et secondaire, suivra donc en définitive celle de l'enseignement supérieur.
Pédagogie. — C'est l'art,' de former l'esprit et le cœur de la jeunesse, c'est-à-dire de l'instruire et de l'élever. Il suppose bien des connaissances et exige chez celui qui l'exerce des ïvertus peu communes. Cet art ne pouvait être inconnu des anciens, bien qu'ils fussent privés des lumières et des ressources incomparables de la foi et de la morale évangélique : ils nous ont laissé sur cette matière plus d'un écrit remarquable. Malheureusement l'esprit pédantesque et l'indifférence en matière de
religion n'ont que trop déteint sur la pédagogie contemporaine. Elle s'est mise trop souvent sous la tutelle de philosophes tels que Kant, Spencer, Bain, sans parler de l'auteur de T Em i/o. Les pédagogues contemporains (Gréard, Buisson, Compayré, etc.), avec les psychologues qui ont coopéré à leur œuvre, ont péché par le même rationalisme ou la même insuffisance religieuse. De là les échecs lamentables de l'éducation publique en France, malgré les développements relatifs de la science et de l'enseignement et les efforts extraordinaires soutenus depuis 20 ans. Il faut qu'une instruction religieuse complète et toutes les vertus chrétiennes rentrent de nouveau et avec honneur dans nos écoles, si la France ne veut faillir à sa mission et rendre inévitables les pires catastrophes. La littérature pédagogique est immense. Citons, parmi les œuvres françaises : les écrits de Bossuet pour l'éducation du Dauphin, ceux de Fénelon, les Entretiens et les Lettres de M'ne de Maintenon, les ouvrages de Mgr Dupanloup. M. Buisson a publié un Dictionnaire de pédagogie conçu dans un esprit hostile au catholicisme (v. plus bas éducation).
Etudiant. — Au moyen âge, les étudiants participaient aux privilèges des universités auxquelles ils appartenaient. De nos jours ils forment souvent diverses sociétés, qui ne sauraient les dédommager de leurs anciens droits. Elles sont très répandues en Allemagne, où elles se sont signalées par leurs rivalités et leur turbulence. L'Association générale des étudiants de Paris a été reconnue d'utilité publique (1890). Pour justifier du temps d'études exigé par le règlement des facultés et écoles supérieures, les étudiants doivent prendre des inscriptions. Celles-ci sont trimestrielles ; gratuites pendant quelque temps, elles comportent de nouveau un droit à payer, qui est de 30 fr. par inscription. 4 inscriptions sont nécessaires pour la licence es lettres ou es sciences ; 12, pour la licence en droit ; 16, pour le doctorat en droit et le doctorat en médecine.
Enseignement. — Un élément essentiel et particulièrement décisif dans l'éducation, c'est l'enseignement. « Il n'y a rien, dit Bossuet, que l'homme doive plus cultiver que son entendement, qui le rend semblable à son Auteur. Il le cultive en le remplissant de bonnes maximes, de jugements droits et de connaissances utiles ». L'enseignement s'adresse à l'esprit pour y allumer de vives lumières et y engendrer des persuasions salutaires, des convictions fortes, qui attireront tôt ou tard les éneigies de la volonté et les complaisances du cœur. La vertu et la religion ne cessent de frapper à la porte d'une âme où la vérité a déjà été admise. La vérité peut réparer tous les maux et ramener tous les biens, tandis que rien ne peut la suppléer ellemême. Voilà pourquoi l'Eglise veille avec un soin jaloux sur le dépôt de la doctrine et condamne toutes les erreurs pernicieuses. Ce qu'il y a de plus capital dans l'éducation, c'est donc l'enseignement. Les sociétés n'appartiennent pas aux rois et aux puissants qui les administrent, mais aux maîtres qui les enseignent avec le prestige du savoir, et qui dirigent à leur gré les opinions et les aspirations ; elles appartiennent à J.-C, Maître suprême de la vérité, ou bien à des philosophes qui abusent leurs disciples après s'être trompés eux-mêmes. L'enseignement triomphe là où il s'introduit ; il est intolérant par sa nature même et veut réduire au silence tous ses contradicteurs. La neutralité est impossible : entre l'enseignement chrétien et l'enseignement incrédule il n'est pas d'alliance. Il est vrai que la science, dans ses conclusions immédiates, no relève d'aucune école; les mathématiques, l'histoire naturelle, l'astronomie ne changent pas avec l«'s croyances de celui qui les professe : mais il y a souvent entre les vérités qu'enseigne l'incré-
LIVRK IX : DE LA HIKRARCHIE
dule et les erreurs qu'il tient cachées des passages secrets, où le disciple imprudent se trouve engagé à son insu. L'accord qui existait entre la science chrétienne et la science incrédule, se brise à mesure qu'on s'éloigne des faits pour se rapprocher des principes et des théories : l'histoire combat l'histoire, la philosophie combat la philosophie. Tout à l'heure la médecine, l'histoire naturelle, l'astronomie étaient inoffensives sur les lèvres ,du rationaliste ; mais voici que la contradiction éclate, et le disciple, subjugué par l'ascendant du maître non moins que poussé par un orgueil secret, trahit peut-être sa foi pour défendre des systèmes chimériques et de vaines opinions. On ne livre pas impunément son esprit aux maîtres de l'erreur, alors même qu'ils professent de brillantes vérités.
Considéré dans son objet ou ses espèces et comme ses branches principales, l'enseignement est dit primaire, secondaire ou supérieur. Le premier se borne à la lecture, à l'écriture, à la grammaire, au calcul élémentaire et aux autres notions les plus indispensables. Le second y ajoute les éléments des lettres et des sciences. Le troisième s'étend aussi loin et aussi haut que les sciences qui en sont l'objet. On distingue aussi l'enseignement engénéral et en spécial. Le premier forme l'esprit même de l'homme et le prépare ainsi à des carrières fort diverses; le second, qui est technique, professionnel, est donné en vue de certaines carrières (v. écoles spéciales). L'enseignement est encore public ou prive, libre ou monopolisé. On montre, en morale sociale, que l'Etat doit favoriser la liberté de l'enseignement et user de tous les dévouements (v. liberté de l'enseignement, rapports de l'Eglise et de l'Etat,- droits de la famille).
Au point de vue de la méthode, l'enseignement est individuel (celui des précepteurs particuliers, par exemple) ou simultané (celui des professeurs dans les classes plus ou moins nombreuses); mutuel (si le professeur emploie les élèves les plus avancés à l'instruction des autres) ou mixte (s'il combine les méthodes).. L'enseignement mutuel a eu de chauds partisans et il peut donner d'excellents résultats selon les circonstances. Les philosophes disputent pour savoir si la méthode d'enseignement doit être analytique ou synthétique, inductive ou déductive, expérimentale (leçons de choses, méthode concrète) ou rationnelle (méthode abstraite, lois, règles). Il est certain que la méthode ne doit pas être exclusive, mais employer toutes les facultés de connaissance et s'adapter toujours à la nature des esprits et à leur état. On usera donc des leçons de choses, surtout pour l'instruction des enfants, mais sans oublier qu'elles ne sont que la préparation de la science : l'observation et la mémoire seront toujours en définitive au service de la raison. L'enseignement sera tour à tour analytique et synthétique, inductif et déductif, etc., selon la science enseignée et les esprits auxquels elle s'adresse. La méthode d'enseignement ne saurait coïncider exactement avec la méthode d'invention ; car le maître doit épargner à l'élève bien des tâtonnements, des hypothèses et des incertitudes provisoires. En philosophie notamment, la méthode cartésienne du doute universel et hyperbolique est inadmissible. — Il existe en France plusieurs Revues de l'enseignement, entre autres l'Enseignement chrétien.
Education. — La culture est un art souverain, et l'éducation est la première des cultures. Le maître qui enseigne la science, ressemble au laboureur, qui sème pour moissonner; au vigneron, qui taille les vignobles pour améliorer leurs produits; au fleuriste, qui admire les Heurs et diversifie leurs nuances; au pasteur enfin, qui veille sur son troupeau. Le premier auteur de l'éducation chrétienne s'est comparé lui-même à un semeur, à un
bon pasteur; il a un bercail et des pâturages, une vigne et un pressoir : torcular. calcavi solus. L'homme s'élève comme la plante et comme l'arbre; on ne cultive pas les végétaux seulement, mais encore les hommes ; on cultive l'esprit et le cœur, les vertus et les sciences : tous les peuples et toutes les langues ont choisi cette comparaison, tant elle est naturelle et instructive. Mais l'éducation n'est pas seulement une culture, elle est encore un culte. « Toujours la culture des âmes fut le sommet des choses et le goût des sages, dit Lacordaire ; mais depuis que Dieu s'est fait homme pour les cultiver lui-même, depuis que l'éternel artiste a paru ici-bas et que nos âmes sont le champ qu'il arrose, le marbre qu'il taille, le sanctuaire qu'il bâtit, la cité qu'il prépare, le monde qu'il dispose pour son Père et pour le nôtre, le soin des âmes, qui était déjà si grand, est devenu un amour qui surpasse tous les autres et une paternité qui n'a plus de rivale. L'artiste n'est plus artiste, il est père ; le sage n'est plus un sage, il est prêtre. Une onction surnaturelle s'est ajoutée au penchant de la nature, et l'éducation des âmes, au lieu d'être une culture, est dans la vérité un culte qui fait p.artie de celui de Dieu » (Disc, à Sortie).
L'éducation est nécessaire, parce que le mal est envahissant de sa nature et opprime le bien. Si l'ivraie étouffe le bon grain, que ne fera pas le vice dans une âme naissante et privée de culture, dépourvue des lumières et des forces qu'apportent l'expérience et les habitudes, affaiblie par le péché d'origine et ouverte à toutes les sollicitations ? Les vices germent dans le cœur de l'enfant plus vite que les vertus, et ils s'y implantent si profondément qu'on ne peut plus les déraciner. « Le jeune homme, dit l'Ecriture, suit sa première voie ; dans sa vieillesse même il ne la quittera point. » (l'rnr. xxiï, 6). Un caprice léger devient un défaut, et ce défaut, s'il n'est pas corrigé par une bonté aussi sévère que paternelle, devient une habitude coupable et même criminelle. « Tel homme, remarque J. de Maistre, pourra triompher de la plus violente passion à trente ans, parce qu'à cinq ou six ans on lui aura appris à se passer volontairement d'un joujou ou d'une sucrerie » (Du Pape, I, 4). Mais si, au contraire, l'enfant est laissé « au cours naturel de ses instincts, que devicndra-t-il ? un égoïste, un despote, un petit monstre, qui, après avoir abusé de sa faiblesse contre sa nourrice et sa mère, abusera de sa force contre ses compagnons d'âge et de plaisir, jusqu'à ce que, parvenu à la maturité du vice, il ne présente plus qu'un spectacle inférieur à celui que donne le sauvage, le spectacle de l'animalité pure, se repaissant de débauche et de cruauté. Il faut l'arrêter de bonne heure, châtier sa tyrannie, lui apprendre qu'il a des devoirs avant d'avoir des droits ; il faut courber sa tête et plier ses genoux, il faut qu'il s'humilie, qu'il demande pardon de ses fautes, qu'il pleure d'avoir offensé, qu'il subisse avec persévérance l'instruction de la verge et l'initiation de l'amour, et qu'abattu, relevé, froissé, taillé, caressé, il arrive au milieu des hommes, sinon doux et vraiment aimable, du moins poli comme un marbre au sortir de l'âme et des coups du sculpteur. Sans éducation point de civilisation, c'est à-dire que l'homme est nativement barbare et (pie la bonté se développe en lui par une culture profonde, dont l'art exige une sainte tendresse dans une mâle vertu. Malheur à l'empire qui ne sait plus élever ses enfants ! Malheur ;'i l'empire qui confond l'enseignement avec l'éducation, qui croit que le bien jaillit de la science et de la littérature, quelles qu'elles soient, et qu'aligner des mots qui se pondèrent, c'est préparer l'âme de l'homme et du citoyen! L'éducation est la tradition de l'obéissance, du respect et du dévouement, à une âme impatiente du joug et pétrie d'égoïsme, tradi-
tion sublime dont rien ne répare l'abseace et dont la nécessité prouve invinciblement la prépondérance spontanée du mal sur le bien » (Lacordaire, 64e Conf.).
On distingue l'éducation physique (v. exercices du corps), intellectuelle (v. instruction, sciences) et rnonilc (v. vertus). Il est évident, après ce qui précède, que celle-ci est la plus importante et doit se subordonner les deux autres (V. le P. Didon, ï 'Education présente, recueil de discours ; Brunetière, Education et instruction, opusc, 1895; Guibert, l'Educateur apôtre; MajrTurmann, Au sortir île l'école, les Patronages).
Culture. — La culture proprement dite est l'art de faire produire au sol tout ce qui est nécessaire aux besoins de l'homme. Mais, dans un sens qui va en s'élargissant, la culture comprend aussi l'art d'élever les troupeaux et, en général, de tirer parti de toutes les espèces vivantes, tant animales que végétales. La culture s'étend même à l'esprit et au cœur de l'homme, auxlsciences et aux vertus : il y a une culture intellectueJ4fi.et une culture morale. La culture n'a donc pas seulement pour objet Vuti/e, mais encore le beau, le bien, la perfection, à laquelle le beau se rattache si facilement.
Nous bornant ici au sens étroit du mot de culture, nous distinguerons les cultures grande, moyenne, petite. La grande culture s'exécute sur de grandes étendues de terrain, à l'aide de machines, etc. : ainsi dans les vastes plaines de l'Amérique du Nord. Elle est peu compatible avec la petite propriété et les immenses avantages d'ordre moral offerts parcelle-ci. La petite culture est pratiquée à bras, comme dans les jardins et les menues propriétés. La moyenne culture tient des deux autres. A la petite culture se rattache le plus souvent le jardinage, l'horticulture ; à la moyenne, la sylviculture, la viticulture. Mais les délimitations sont nécessairement vagues. On appelle culture intensive celle qui, au moyen de riches engrais (engrais chimiques en particulier) et de travaux appropriés, fait produire au sol le double, le triple et même bien davantage de ce qu'il produirait dans les conditions ordinaires. La culture forcée est celle qui permet d'avoir les produits du sol (primeurs, etc.) bien avant le temps où ils sont récoltés habituellement. Il existe une tendance à faire de la culture une branche de l'industrie, et même de la grande industrie. Mais cette assimilation est injuste ; car, sans parler d'autres raisons, dans la culture l'homme dépend essentiellement des saisons, des climats, des maladies des végétaux et des animaux et de mille accidents qu'il ne saurait conjurer ; il n'est que le collaborateur de la nature ou plutôt il est le collaborateur de Dieu, qui seul donne aux animaux et aux plantes la vie et la fécondité. Dans l'industrie, au contraire, il s'appartient mieux, ou plutôt il est moins dépendant de Dieu, mais beaucoup plus de ses semblables. Et puis, qui oserait comparer, pour la beauté et l'importance absolue, les produits de l'industrie à ceux de la culture 1
Agriculture. — Cet art si bienfaisant et si moral remonte aux origines du genre humain. Avec la chasse et la pêche, l'agriculture fournit aux premiers hommes toutes les subsistances nécessaires ; en se développant, elle obligea les populations à devenir sédentaires et leur permit de vivre sur un territoire peu étendu. L'agriculture fut très honorée chez les Romains, qui allaient chercher leurs dictateurs à la charrue ; chez les Grecs, qui attribuaient son invention à Cérès et à Triptolème ; chez les Egyptiens, qui utilisaient les eaux du Nil avec un art admirable. En Chine, elle a été de tout temps l'objet d'une sorte de culte. De nos jours, elle a bénéficié du progrès des sciences et, en particulier, des découvertes de la chimie (chimie agri-
cole), de l'invention des machines, etc. D'abord sacrifiée à l'industrie, elle a de nouveau attiré la sollicitude des législateurs. Des fermes-écoles, des écoles régionales d'agriculture (v. écoles) ont été créées ; de puissantes sociétés et des syndicats agricoles ont groupé une grande partie des agriculteurs de France. L'enseignement de l'agriculture paraît devoir bénéficier beaucoup de toutes ces initiatives (V. les Reloues, Journau.r, Manuels, Aima mtchs, etc., qui traitent de l'agriculture).
Labour. — Il consiste à ameublir le sol en le retournant et en l'émieftant, afin que les racines des plantes s'y développent facilement, que l'air y pénètre mieux, de même que la chaleur et l'humidité. Certains labours ont aussi pour but de détruire les mauvaises herbes, de couvrir les semences, de mêler les engrais au sol. On distingue les labours superficiels (env. 0,10 centimètres), moyens (0,20 à 0,25 centim.), profonds ou de défoncement (0,40 cent.). On les exécute avec divers instruments : houe, bêche, charrue. Les labours à la bêche sont les meilleurs, mais lents et coûteux. On les emploie surtout pour le jardinage et la petite culture.
Assolement. — L'assolement et la rotation des cultures ont pour but d'obtenir du sol le maximum de rendement. On sait, en effet, que les plantes épuisent le sol en le privant des éléments nécessaires à leur nutrition : les unes empruntent surtout de l'azote ; d'autres, de la potasse ; d'autres, de l'acide phosphorique ; il en est dont les racines serpentent à la surface du sol, tandis que d'autres jettent des racines profondes; quelques-unes empruntent beaucoup à l'air, les autres ne vivent guère que du sol. Il y a donc intérêt à varier les cultures de façon à ne jamais épuiser le sol, à lui rendre toujours ses éléments fertilisants. On distingue l'assolement bien niai, tri eu niai, etc.
Amendement. — On amende le sol en modifiant sa nature physique de manière à le rendre plus fertile. Les principaux matériaux qu'on emploie à cet effet sont : le sable, pour les sols argileux ; l'argile, pour les sols sablonneux ; les marnes, la craie, le plâtre, la chaux, les cendres, le sel marin, le nitre. On modifie aussi la nature du sol en vue de sa culture par des travaux tels que le drainage, le colmatage, etc.
Arrosement. — On arrose les plantes le matin et le soir de préférence, et non pas au soleil, dont la chaleur peut causer des dessèchements trop rapides et comme des brûlures. L'eau de pluies et l'eau de rivière valent mieux que l'eau de source ou de puits. Avant de se servir de celle-ci on la laisse exposée quelque temps à l'air et au soleil. Les arrosoirs à pomme qui dispersent l'eau en pluie et autres instruments qui permettent d'arroser les têtes d'arbustes, etc., sont employés utilement. L'arrosement artificiel des terres à l'aide de canaux et autres travaux convenables prend le nom ^irrigation. Elle est en usage surtout dans les pays chauds. Le b m effet qu'on peut en attendre dépend beaucoup de la qualité des eaux.
Semailles. — On sème à la volée, en pots, en lignée. On sème généralement les céréales de la première manière, c'est-à-dire en parcourant d'un pas régulier le champ k ensemencer et en jetant le grain au loin en quantité toujours égale. On sème avec plus de régularité et en économisant la semence au moyen des machines (semeuse). Pour semer en pots, on fait de petits trous où l'on dépose une ou plusieurs graines que l'on recouvre : on sème ainsi les fèves, les pommes de terre, les châtaignes, etc. Pour semer en lignes, on se sert du semoir ou d'un plantoir à plusieurs dents, avec lesquels on fait des trous à intervalles réguliers. On sème le froment, le seigle avant l'hiver ; l'avoine, l'orge, les menus grains, en février ou en mars. Les