LIVRE IX : DE LA HIKRAUCHIE
céréales doivent ensuite être hersées au printemps, pour faciliter le tallcment et activer la végétation ; il faut les rouler, si la gelée les a déchaussées, les débarrasser des mauvaises herbes, les effaner, etc.
Moisson. — On a moissonné d'abord et de tout temps avec la faucille, puis avec la faux, qui est plus expéditive, enfin avec la moissonneuse, utilisée surtout dans les grandes cultures. On moissonne quand le chaume perd sa couleur verte, bien que le grain ne soit pas encore résistant. L'avoine doit être coupée un peu plus verte que les autres céréales. Aussitôt coupés, les blés sont mis en gerbes, puis en meule?, en attendant le battage.
Glanage. — Le glanage au profit du pauvre, de l'orphelin, de la veuve et de l'étranger, est tellement conforme au droit naturel qu'il remonte aux origines, comme on peut le voir par le Pentateuque. La propriété privée, surtout quand elle est considérable, n'est pas absolue au point d'exclure toute charge ou redevance en faveur des malheureux. Car la terre a été donnée à l'humanité pour que tous les hommes en vivent. Le droit, romain et le droit moderne, qui s'en inspire, ont plus ou moins méconnu ou restreint le droit de glanage, sans le remplacer par un équivalent. Le glanage n'est permis que dans les champs ouverts ; il est accordé deux jours pour le glanage ; ont seuls le droit de glaner les pauvres hors d'état d'aider à la récolte, etc.
Battage. — Autrefois on ne séparait les céréales de leur épi que de trois manières : au fléau (en les battant sur l'aire), aie rouleau (en faisant traîner sur les gerbes, par des animaux de trait, des rouleaux de pierre ou de bois), ou bien en faisant piétiner les gerbes par des chevaux, des bœufs, etc., ce qu'on appelle le dépiquage. Ce dernier mode est très ancien, comme on le voit par un précepte du Deutéronorne : Non ligabis os bovis terentis in area fruges tuas (Dent. XXV, 4). Ces divers moyens sont lents, coûteux et font perdre beaucoup de grain ; ils sont remplacés aujourd'hui par le battage mécanique.
Sylviculture. — On sait combien les forêts sont utiles, soit à cause de leurs produits (bois de construction, de chauffage, bois d'oeuvre, tan, térébenthine, etc.), soit à cause de leur rôle bienfaisant dans la nature. Or la sylviculture est un art qui a précisément pour objet la création, l'entretien et l'exploitation des forêts. Les espèces d'arbres les plus communes dans les forêts de France sont : le chêne, le hêtre, le bouleau, le charme, le châtaignier, l'érable, l'orme, le tilleul, qui prospèrent surtout dans les terrains secs et perméables ; le peuplier, le platane, le frêne, l'aune, le saule, qui préfèrent les terrains humides. Les principales essences résineuses sont : le pin, le sapin, le mélèze. Pour boiser un terrain on peut employer deux procédés : le semis et la plantation, c'est-à-dire qu'on sème directement la graine à l'endroit où l'arbre doit s'élever, ou bien qu'on sème d'abord les graines en pépinière. Ce second procédé demande plus de soin, mais réussit mieux. Toute forêt, surtout si elle est en formation, exige certains travaux de culture, tels que l'éclaircissage. le repiquage, le recépage, l'élagage, l'émondage, le nettoyage. On exploite les forêts de deux manières : en futaie et en taillis, c'est-à-dire qu'on laisse prendre aux arbres, avant de les couper, un grand développement, ou bien qu'on les coupe encore jeunes, afin qu'ils repoussent de leurs souches. La première manière donne surtout des bois de construction et des bois d'oeuvre ; la seconde, du bois de chauffage. On combine souvent les deux méthodes en réservant, à chaque coupe, des baliveaux, auxquels on laisse prendre tout leur développement.
Reboisement. — On a essayé de remédier, par un reboisement méthodique, à des défrichements inconsidérés, qui avaient privé les montagnes de
leurs forêts, dénudé leurs pentes et amené la crue subite des rivières, dans les temps de pluie, ou même la formation de torrents dévastateurs. Les montagnes et coteaux nouvellement reboisés, sont exempts pendant 20 ans de l'impôt foncier. D'autres encouragements ont été donnés à cette culture réparatrice.
Aménagement. — Il consiste à diviser une forêt en coupes successives, à régler l'âge des coupes annuelles et leur étendue. Dans les bois taillis, les coupes ont lieu tous les dix ou vingt ans ; dans les bois de haute futaie, elles sont bien plus rares. On appelle coupes sombres, celles qui diminuent l'épaisseur de la futaie pour favoriser le développement des jeunes arbres. On ne doit couper les arbres qu'en automne et en hiver; la coupe doit être faite avec la cognée et au rez déterre pour que la repousse soit plus vigoureuse.
Arboriculture. — Elle comprend la culture des arbres forestiers, celle des arbres d'ornement, celle des arbres fruitiers, la culture de la vigne, etc. L'arboriculture fruitière comprend la multiplication des arbres fruitiers, leuf plantation et les divers soins à leur donner. Les arbres fruitiers sont multipliés par le semis, le marcottage, le greffage. On les plante vers le milieu de l'automne ; on les préserve ensuite contre l'action des vents, en leur donnant un tuteur ; on les arrose, on les engraisse, on les débarrasse des insectes nuisibles et on les taille d'une manière convenable : en espalier, en quenouille, en pyramide, en buisson (arbres nains), en plein vent.
Echenillage. — Il se pratique à la fin de l'hiver, avant l'éclosion des œufs des chenilles. On se sert, pour atteindre les branches élevées, d'un échenilloir, sorte de ciseaux placés au bout d'un long manche, que l'on manœuvre avec une ficelle. La partie coupée, avec les nids de chenilles qui la couvrent, est brûlée ou détruite. L'échenillage est obligatoire pour les propriétaires, fermiers, à peine d'amende.
Greffe — C'est l'une des plus belles opérations de l'arboriculture. Elle consiste à transporter sur un végétal un rameau ou un bourgeon d'un autre végétal, dans des conditions qui lui permettent de s'y nourrir et de s'y développer. Le greffe ne peut réussir qu'autant que les végétaux mis en communication offrent de grandes analogies d'organisation, c'est-à-dire sont de même espèce ou au moins de même genre. L'arbre qui reçoit la greffe s'appelle sauvageon ou sujet. On compte cinq espèces principales de greffes, utilisées dans la culture des arbres fruitiers : la greffe par approche, en fente ou par scions, en ècusson, la greffe anglaise, et la greffe en flide. On greffe généralement au printemps (mars ou avril), par un temps doux et sec, jamais par un temps pluvieux. Cependant la greffe en flûte est pratiquée d'ordinaire en septembre.
Viticulture. — La culture de la vigne remonte jusqu'à Noé; elle constitue l'une des richesses de la France. Très répandue dans les départements méridionaux, dans la Gironde, dans la Bourgogne, etc., elle utilise souvent des terrains rocailleux, qui seraient impropres à toute autre culture. Parmi les cépages employés on distingue : les cépages français (chasselas, aramon, gamay, etc.), qui ont été plusou moins détruits par le phylloxéra; les cépages américains (riparia, jacquez), qui ont servi à reconstituer nos vignobles dévastés; les cépages franco-américains, aujourd'hui les plus répandus ; enfin les cépages hybrides. On multiplie la vigne par provignage, bouturage, greffage; le semis est peu usité, parce qu'il osl trop lent et ne donne pas de bons résultats. On plante la vigne de diverses manières : en lignes, en carrés, en quinconce ; l'écartement des souches varie beaucoup selon la nature des cépages et celle du sol : l'écartement moyen est d'un mètre. Parmi les soins constants