PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
ont formé des ligues internationales, tenu des congrès retentissants et soutenu de longues grèves. Le salaire des ouvriers mineurs est relativement élevé, du moins en France, en Belgique et surtout en Angleterre, où l'extraction est facile et le charbon d'excellente qualité ; mais on reconnaîtra facilement que la profession elle-même, considérée au point de vue hygiénique, intellectuel, moral et social, est bien au-dessous de la plupart des autres. Un bon régime d'association peut seul corriger ou prévenir ses mauvais effets. Entre toutes les autres, elle doit être surveillée et soumise à une sage réglementation.
Orpailleur. — Les derniers orpailleurs de France ont été ceux de l'Ariège. Ils ont dû renoncer à leur profession, devenue trop peu productive. Nos fleuves, le Rhône en particulier, ne laissent pas de charrier toujours quelques parcelles d'or. On a tenté naguère encore, mais sans succès, d'ouvrir en France, des mines de métaux précieux. C'est dans les pays neufs, comme l'Australie, le Transvaal, l'Alaska, que la recherche et l'extraction de l'or donnent quelquefois la fortune à ceux qui s'y adonnent. Mais cette passion fait bien des victimes et ne fait pas d'heureux.
Sucrier. — On donne vulgairement le nom de sucriers à ceux qui vivent de l'industrie ou du commerce du sucre. L'industrie sucrière s'est développée beaucoup en France avec la culture de la betterave. Elle fournit aujourd'hui à la consommation intérieure et à l'exportation. Le Trésor en tire un revenu énorme évalué à 250 millions (0,60 c. par kilo). C'est-à-dire que le kilo de sucre ne coûterait guère que 0,50 c. au consommateur, n'étaient les droits perçus par le Trésor. Grâce à l'emploi et au perfectionnement des machines, 50,000 ouvriers peuvent suffire en France à cette énorme production, qui est l'une des plus centralisées et des plus dépendantes du haut commerce (v. raffinerie, sucre).
Fondeur. — L'art du fondeur était connu des Grecs et des Egyptiens ; il déclina sous l'empire romain et souffrit beaucoup de l'invasion des barbares. On y excella de nouveau au XVIIe siècle. Louvois créa la fonderie de l'Arsenal pour les statues de bronze (1685). L'art de fondre les canons, les cuirasses de navires et les grandes pièces des machines a pris un grand développement de nos jours, avec l'industrie métallurgique, qui peut suffire à des travaux gigantesques. Citons les fonderies du Creusot, de Saint-Chamond, d'Indret ; les fonderies de canons de Bourges et de Ruelle
Forgeron. — A proprement parler, le forgeron n'est qu'un ouvrier qui fait ou travaille à la forge certains gros ouvrages de fer. Mais la forge dite maréchale sert d'ailleurs à des industries fort différentes : maréchaux ferrants, serruriers, mécaniciens, cloutiers, etc. On réserve le nom de forges aux usines où l'on fond le minerai et où l'on fabrique le fer et l'acier. Elles sont sous la direction de maîtres de forges.
Plombier. — On range sous le nom de plomberie (art du plombier, art de travailler le plomb) deux industries assez différentes. La première consiste dans la fabrication et la pose de tuyaux de conduite, la construction de bassins, réservoirs, pompes, fontaines (v. fontainier) . La seconde consiste dans la couverture des bâtiments soit en plomb, soit en zinc, cuivre, etc. (v. zingueur, couvreur) .
Ferblantier. — Le ferblantier fabrique une foule d'objets en fer-blanc, entre autres la plupart des ustensiles de ménage : casseroles, passoires, entonnoirs, etc. Il emploie aussi le zinc, avec lequel il fait des seaux, des baignoires, des gouttières et des tuyaux de conduite. Son industrie coïncide donc sur certains points avec celle du plombier.
Maréchal ferrant. — Cette industrie est relativement ancienne et des mieux déterminées. Le maréchal ferrant adapte une ferrure convenable aux sabots du cheval, de l'âne, du bœuf, etc. ; il se sert, à cet effet, de divers instruments : rogne-pied, brochoir, tricoires, rénette, etc. La corporation des maréchaux ferrants remontait au XIIIe siècle ; elle avait pour patron, S. Eloi.
Armurier. — On donnait autrefois ce nom à celui qui fabriquait toutes sortes d'armes servant à l'attaque ou à la défense, comme épées, sabres, cuirasses, casques. Il se distinguait de l'arquebusier, qui fabriquait les armes de jet et les armes à feu. Ces industries se sont transformées, à mesure que les armes se perfectionnaient et que leur fabrication était centralisée dans les grandes manufactures.
Taillandier. — Il fabrique toutes sortes d'outils tranchants servant aux charpentiers, tonneliers, charrons, laboureurs, etc., tels que haches, doloires, faux, bêches, coutres. On distinguait jadis diverses catégories de taillandiers (tailleurs de limes, ouvriers en fer blanc et noir, etc.). Cette industrie s'est transformée et centralisée comme la plupart des autres industries du fer.
Serrurier. — La serrurerie est un art qui tranche sur les précédents par son caractère esthétique et aussi par les connaissances spéciales qu'il exige souvent en mécanique. Il comprend non seulement la fabrication des appareils de sûreté (serrures, verrous, grilles, clefs), mais une foule d'autres ouvrages pour voitures, machines. De là le serrurier en bâtiments, en voitures (suspensions, ressorts) et le serrurier- mécanicien. L'art du serrurier fut poussé très loin au moyen âge, qui nous a laissé des chefs-d'œuvre; la France y a excellé et s'y distingue de nouveau.
Chaudronnier. — La chaudronnerie comprend non seulement la fabrication de la batterie de cuisine ou dinanderie : chaudrons, marmites, etc., mais encore la fabrication des planches de cuivre rouge qui servent à la gravure (chaudronniers planeurs) et celle des instruments de musique en métal : cors, trompettes, cymbales. L'Auvergne est un centre important de cette industrie. La plupart des chaudronniers ambulants sont de ce pays.
Coutelier. — La coutellerie comprend la fabrication de tous les instruments tranchants : couteaux, ciseaux, canifs, rasoirs, trousse de chirurgie. Il y avait autrefois une corporation de Frères couteliers, à laquelle se rattachaient les enrouleurs et les faiseurs de manches. Mais ceux qui fabriquaient des manches sculptés formaient corporation à part, sous le nom d' imagiers-tailleurs. En France, les coutelleries de Châtellerault, de Saint- Etienne sont renommées; en Angleterre, celle de Sheffield.
Potier. Céramique. — La céramique comprend la fabrication de toutes sortes de poteries, faïences, porcelaines, employées comme ustensiles ou comme conduits, vases, ornements, bas-reliefs, statuettes. Elle met en œuvre l'argile, le kaolin, le feldspath et autres matières de choix. C'est un art des plus anciens, qui a été cultivé par tous les peuples célèbres (Phéniciens, Egyptiens, Assyriens, Grecs, Etrusques, Romains), et dans lequel les Chinois excellèrent de bonne heure (tour de Nankin). Il a de nombreux points de contact avec les beauxarts, les arts décoratifs en particulier, bien qu'il se confonde d'autre part avec les industries les plus indispensables, celles dans lesquelles dut s'essayer d'abord le génie de l'humanité naissante. Le champ de ses travaux s'est rétréci à mesure que se multipliaient les matériaux que l'homme pliait à ses usages. Mais ses œuvres n'ont rien perdu peut-être de leur perfection, comme en témoignent par exemple les produits de la manufacture de Sèvres.
Parmi les centres de production importants, citons aussi Limoges et Nevers (v. Edouard Garnier, Dictionnaire de la céramique).
Verrier. — Les ouvriers appliqués à la production des objets en verre les plus communs, comme bouteilles, fioles de toute forme, exercent une profession des plus meurtrières et cpui mérite particulièrement d'être protégée et surveillée. L'industrie du verre est d'ailleurs des plus complexes ; elle s'étend à toutes sortes d'objets en verre ou en cristal : glaces, miroirs, verres peints, etc. Elle intéresse donc les beaux-arts et diverses professions : vitriers, miroitiers, opticiens, peintres verriers, etc. Cette industrie naquit avec la découverte du verre, qui est très ancienne. Il ne fut pas inconnu des Egyptiens, qui savaient le fondre, le mouler et le colorer. Tyr et Sidon eurent des fabriques de verrerie. Les Grecs et les Romains tirèrent parti du verre, des émaux, mais au point de vue de l'art, plutôt qu'à celui de l'industrie. Cependant les Romains nous ont laissé des coupes, flacons, vases et objets émaillés; on a même trouvé des vitres à Pompéi et à Herculanum. Plus tard la verrerie fut cultivée, surtout à Constantinople, d'où elle passa à Venise (glaces de Venise) ; les Arabes et les Persans s'y distinguèrent aussi. Quant à la peinture sur verre, elle se développa pendant le moyen âge, où elle fut employée à la décoration des églises. On atteignit la perfection du genre dans les splendides vitraux des cathédrales, au XIIIe siècle. Les découvertes de la chimie et des autres sciences permettent aujourd'hui de fabriquer des glaces de grande dimension et d'une grande pureté, comme aussi des verres de diverse nature, dont quelquesuns sont rendus pour ainsi dire incassables (v. Ottin, Le Vitrail, son histoire, ses manufactures diverses à travers les âges, etc.; Ollivier Merson, Les Vitraux, 1895).
Maçon. — Entre tous les arts qui ont pour objet la construction et auxquels préside l'archifecture, se fait remarquer d'abord l'art de la maçonnerie. Il fonde et élève les monuments impérissables que tous les autres arts seront appelés ensuite à embellir. Selon les travaux dont elle s'occupe et les matériaux qu'elle emploie, on distingue la grosse maçonnerie ou limousinage (travaux de fondations, murs et voûtes) et la maçonnerie légère (plafonds, cloisons, enduits). De là diverses classes d'ouvriers. On distingue aussi la maçonnerie faite de matériaux de petite dimension (moellons, briques, etc.) et l'appareil, où l'on n'emploie que des pierres de taille disposées régulièrement (v. constructions, murs, matériaux). Au moyert âge, les maçons formèrent de bonne heure une corporation importante : elle était bien organisée déjà au temps de S. Louis et comprenait les tailleurs de pierre, les plâtriers, les fabricants de mortiers. Son patron était S. Biaise.
Ravalement. — Il consiste à terminer un édifice à l'extérieur : il comprend le grattage ou le polissage des pierres, la taille des sculptures ou des moulures, l'achèvement des parties qui comportent des reliefs ou des ornements. On l'exécute de haut en bas, de manière à ne pas endommager les parties finies et à démonter l'échafaudage à mesure que le travail se poursuit. Au moyen âge, on avait renoncé à ce procédé; et tous les blocs étaient complètement moulés ou sculptés avant la pose.
Peintre en bâtiment. — La peinture en bâtiment comprend un assez grand nombre de spécialités : il y a les peintres de fonds, les décorateurs, les peintres en marbres, les peintres en lettres pour enseignes, etc. Certains travaux décoratifs exigent de véritables qualités d'artiste. On emploie tantôt la peinture en détrempe et tantôt la peinture à l'huile, où il entre beaucoup de céruse ou blanc de plomb, qui expose à de graves mala-