LIVRE IX : DE LA. HIERARCHIE
dies (coliques de plomb, coliques des peintres). On a essayé de substituer le blanc de zinc à la céruse. Fumiste. — L'art du fumiste, quoique ancien, paraît-il, est des moins avancés ; et peut-être est-ce là le motif du sens défavorable qui s'attache vulgairement au nom de fumiste. Pour empêcher les cheminées de fumer, on ajoute souvent à la cheminée extérieure, qui s'ouvre sur les toits, un tuyau de tôle coudé en forme de T, ou bien un appareil dit gueule-de-loup, qui tourne au gré du vent de façon que le vent ne puisse s'y engouffrer et refouler la fumée. A l'intérieur, on tâche d'augmenter le tirage en abaissant le manteau de la cheminée, en diminuant l'ouverture du foyer, etc. La profession de fumiste et celle de poêlier peuvent être exercées par la même personne (poèlier-fumiste).
Ramonage. — Il est fait quelquefois à la main, avec une raclette, par de jeunes enfants (petits savoyards), qui grimpent dans l'intérieur des cheminées et en sortent noirs de suie. Mais quand les conduits sont trop étroits, le ramonage est fait avec une corde munie d'une sorte de balai, dit hérisson ou tête de loup. On ramone aussi en brûlant la cheminée, c'est-à-dire en mettant le feu à la suie, lorsque la cheminée est en pierres ou en briques; mais il est rare qu'il n'y ait pas, dans ce procédé, quelque danger d'éclatement des parois ou d'incendie. Le ramonage incombe aux locataires ; mais les propriétaires le prennent souvent à leur charge et l'imposent à des époques déterminées.
Calfat. — Ce n'est que l'un des moindres ouvriers, aux professions si diverses, qui travaillent aujourd'hui, sous la direction des ingénieurs maritimes, à la construction et à la réparation des navires. L'architecture navale, dont l'histoire à elle seule serait si longue, a pris d'immenses développements. Ils datent surtout de l'invention de la navigation à vapeur et de l'emploi du fer dans les constructions navales. On ne voit pas d'industrie, pour ainsi dire, qui n'ait sa part dans la création, le gréement et l'aménagement des cuirassés et des paquebots qui sillonnent aujourd'hui toutes les mers.
Charpentier. — Au moyen âge, on comprenait sous ce nom tous les ouvriers qui travaillaient le bois : menuisiers, charrons, tourneurs, etc. Les charpentiers formaient une corporation dont saint Joseph était le patron tout désigné. On distinguait les charpentiers de la grande cognée ou charpentiers proprement dits et les charpentiers de la petite cognée. De nos jours la charpente de fer tend à se substituer à la charpente de bois; mais il est rare que la première ne doive pas s'associer la seconde. L'industrie du fer a envahi aussi les chantiers de la marine, mais l'art du charpentier y conserve toujours une grande place.
Menuisier. — Le charpentier et le menuisier se partagent toutes les parties de la construction qui sont en bois; le second laisse au premier les plus importantes et se réserve les plus menues ou les plus travaillées : cloisons, portes, croisées, parquets, volets, jalousies, escaliers, etc. Ici encore l'industrie du fer tend bien souvent à se substituer à celle du bois. Le menuisier fabrique aussi les meubles les plus communs, et son art confine ainsi à l'ébénisterie. Ces deux arts relèvent du dessin et, en général, de l'architecture.
Ebéniste. — L'ébénisterie était comprise autrefois dans la menuiserie, et l'on appelait les ébénistes menuisiers de placage ou de marqueterie. Cet art a pour objet spécial aujourd'hui la fabrication des meubles en bois précieux, soit massifs, soit plaqués, et celle des ouvrages de rapport ou de marqueterie. Les bois employés sont : le noyer, le frêne, l'orme, l'amandier, etc., et, parmi les bois étrangers : le palissandre, l'acajou, le bois de rose, les ébènes. Les meubles en bois îuassif et sculptés sont ordi-