PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
nairement de chêne ; beaucoup ne sont que des imitations de meubles anciens. L'un des centres de l'industrie du meuble est, à Paris, le faubourg Saint- Antoine.
Marqueteur. — L'art de la marqueterie était connu des Romains, qui le tenaient de l'Orient. Longtemps négligé, il a repris faveur de nos jours. Le marqueteur fait toutes sortes d'ouvrages avec des bois de couleurs différentes, employés d'ordinaire en feuilles minces et plaquées. Il se sert aussi de matières telles que l'écaillé, l'ivoire, le cuivre, des émaux, des pierres précieuses, avec lesquelles il compose de véritables dessins. L'art du marqueteur confine donc à celui du mosaïste.
Tabletier. — De même que les arts précédents, avec lesquels elle a tant de rapport, la tabletterie française est très renommée. Elle comprend la fabrication d'une foule de menus objets en bois, en écaille, en ivoire, en corne, en nacre, en os, etc., comme tabatières, dominos, dés et autres jeux de table, brosses à toilette, éventails, boutons, couteaux à papier, etc. L'ouvrier français met souvent beaucoup d'art et de bon goût dans ces mille riens, qui acquièrent ainsi une véritable valeur artistique.
Charron. — Le charron fabrique les tombereaux, charrettes, baquets et autres véhicules les plus communs ; il construit aussi le train des carrosses, des cabriolets. Son industrie confine donc à celle de la carrosserie. L'une et l'autre ont dû s'adapter au progrès des moyens de transport et fournir, par exemple, ces quantités énormes de vagons [de toutes sortes qui roulent sur nos voies ferrées.
Tonnelier. — La tonnellerie comprend la fabrication de toutes sortes de contenants en bois, formés de pièces appelées douves, reliées entre elles par des cercles de bois ou de fer : tonneaux, cuves, cuviers, seaux, barattes, etc. Cette industrie, comme tant d'autres, a été bien diminuée par le machinisme. Aujourd'hui, dix ouvriers, avec des machines-outils, peuvent fabriquer en un jour 120 barriques d'un hectolitre.
Boisselier. — La boissellerie tient à la fois de la tonnellerie et de la vannerie : elle comprend la fabrication de menus ouvrages tels que boisseaux et autres mesures de capacité, seaux, soumets, tamis, cribles, etc. Cette industrie s'exerce surtout dans des pays forestiers.
Vannier. — Le vannier fabrique, le plus souvent avec de simples brins d'osier, toutes sortes d'ouvrages destinés à contenir des objets solides : corbeilles, paniers, bannes, hottes, etc. On distingue la vannerie proprement dite et celle qui s'occupe de la fabrication des objets à clairevoie, etc. Le centre de la vannerie fine est dans l'Aisne, à Vervins et aux environs. La Marne et le Loiret fournissent aussi beaucoup d'objets de vannerie.
Allumettier. — La fabrication des allumettes en France est monopolisée entre les mains de l'Etat. Cette fabrication, jusqu'à ces derniers temps, a été très insalubre, à cause surtout de l'emploi du phosphore blanc, qui condamne les allumettiers ou allumettières qui le manipulent à des nécroses faciales horribles et mortelles. A la suite de grèves trop excusables et même justifiées, cette industrie inhumaine paraît devoir se transformer.
Bimbelotier. — La fabrication des bimbelots, simples jouets d'enfants, occupe un grand nombre d'ouvriers et alimente une branche appréciable du commerce. La ville de Nuremberg a eu longtemps le monopole de cette fabrication. Aujourd'hui les bimbelots de Paris, les sculptures de bois et d'os de Saint-Claude rivalisent avec les produits allemands.
Filateur. — L'art de filer, si nécessaire à l'humanité, avec l'art de tisser, remonte aux origines. L'Ecriture nous a laissé le nom de Noéma,
sœur de Tubalcaïn. Elle est regardée comme l'inventrice de l'art de confectionner les étoffes- L'Esprit-Saint a loué la femme forte, qui savait employer la laine, le lin, comme aussi le byssus et la pourpre. D'après la fable grecque, ni les déesses ni les mortelles ne dédaignaient les travaux de leur sexe, comme on peut le voir par l'exemple de Minerve et celui de Pénélope. On file le lin, le chanvre, la laine, la soie, le coton, toutes sortes d'écorces et de tiges ou de bourres végétales, les poils de certains animaux, etc. On file au fuseau, au rouet, etc. Mais c'est peut-être dans les industries textiles que le mécanisme a réalisé le plus de merveilles. Le premier métier à filer était inventé en 1768. Bientôt se succédèrent des machines de plus en plus parfaites, qui ne tardèrent pas à être actionnées par la vapeur. Aujourd'hui les filatures anglaises, françaises et autres peuvent fournir les tissus ordinaires en quantités énormes et à des prix très bas.
Gordier. — La fabrication des cordages comprend deux opérations distinctes : le filage et le commettage, c'est-à-dire que le cordier fabrique d'abord des fils de caret, en se servant de divers instruments : rouet, touret, râteliers ; puis il assemble ces fils et les tord pour former des cordages plus ou moins forts, qu'on utilise, en particulier, pour le gréement des navires. Les ateliers de corderie exigent un long espace. Il en existe de très grands à Toulon, Brest, Cherbourg, où des machines-outils économisent une grande partie de la main-d'œuvre.
Tisserand. — A proprement parler, le tisserand est l'ouvrier qui fait de la toile. Mais le tissage s'étend à toutes les espèces de fils et de tissus ; de là les tisserands drapant (en drap ou autres étoffes de laine), les tisserands en soie, en basin, en futaïne, etc. Autrefois le tissage se faisait à la main ; il s'exécute aujourd'hui au moyen de métiers et de machines. La substitution de la machine à la maind'œuvre, bien que profitable en principe, a causé souvent de grandes perturbations économiques et sociales, parce que les transitions n'étaient pas ménagées. Au moyen âge, la corporation des tisserands fut l'une des premières organisées ; elle avait pour patron S. Biaise ou S. Roch.
Feutrage. — On confectionne les feutres, sans filage ni tissage, par le simple foulage, avec le poil de divers animaux : castor, loutre, lièvre, lapin, chameau. On se sert aussi des laines de cachemire, de vigogne, d'agneau. Le feutrage comprend diverses opérations, entre autres l'arçonnage et le feutrage proprement dit. On fabrique, avec le feutre, des chapeaux, des tapis, diverses étoffes imperméables.
Teinturier. — L'art de teindre remonte aux temps les plus anciens. Il était connu en Egypte. Les Phéniciens furent les premiers qui teignirent avec la pourpre et le kermès. Milet fournissait des laines teintes renommées. Négligée au moyen âge, la teinturerie prit de l'importance un peu plus tard et fut protégée par Colbert, qui donna des règlements à la profession. De nos jours, cet art s'est développé beaucoup avec la chimie, à laquelle il emprunte tant de ressources. Les matières tinctoriales sont, pour ainsi dire, en nombre infini. Les étoffes qui doivent les recevoir subissent certaines préparations : pour le coton, le lin, le chanvre, c'est le blanchiment ; pour la soie, le decruement ; pour la laine, le dèsuintage.
Blanchisseur. — Le blanchissage occupe un grand nombre de personnes, surtout de femmes, dans les villes et aux environs, et c'est une industrie qui intéresse beaucoup l'hygiène publique. Dans les cas d'épidémie ou de maladie contagieuse (phtisie, etc.), les linges doivent être désinfectés avant d'être blanchis, par exemple en les passant à