‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 343 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

consentir à perdre son gage, si l'on a tort dans quelque contestation. Parier c'est risquer de perdre son enjeu, en courant la chance de gagner celui de son adversaire. On peut gager à coup sûr, pour mieux maintenir ce que l'on assure; mais celui qui parie à coup sûr, va contre toutes les lois du pari honnête. Avoir, posséder. — On peut avoir bien des choses sans les posséder, c'est-à-dire qu'elles peuvent nous appartenir sans que nous en soyons effectivement les maîtres ou sans que nous en ayons la' disposition. Le propriétaire d'une maison ou d'une terre ne laisse pas de les avoir, alors même qu'il les loue. Il en est de même, dans l'ordre moral. L'homme a tout ce qui fait partie de sa personne ; mais il ne possède que jusqu'à un certain point son corps et son âme, son temps, son travail et même ses facultés les plus intimes.

Propriété, possession, jouissance. — La propriété c'est le droit du maître sur les biens qu'il a reçus ou acquis légitimement. La possession est distincte de ce droit et peut s'en séparer fort souvent; elle consiste dans le fait même de l'occupation : ainsi l'usurpateur d'un bien en a la possession sans en avoir la propriété. Quant à la jouissance, elle consiste dans l'usage : c'est elle qui appartient au locataire, au fermier, à l'usufruitier. Et de même qu'on peut jouir et posséder sans être propriétaire, de même aussi on peut être propriétaire et même posséder sans jouir. C'est ainsi que l'avare possède moins sa fortune qu'il n'en est possédé ; car il ne sait en tirer aucun mérite ni aucune satisfaction.

Peine, punition, châtiment — Peine est le terme le plus général : c'est proprement la sanction qui frappe ceux qui ont enfreint la loi. La peine est donc générale de sa nature et elle a un double effet : faire respecter la loi et ramener le coupable à l'obéissance, s'il est possible. La punition se dit de certaines peines, d'ordinaire médiocres, infligées par une autorité dans certains cas particuliers. Les

arrêts, les pensums sont des punitions. Mais il y a telles peines médiocres, par exemple certaines peines disciplinaires, auxquelles ce mot ne convient pas. La punition a pour fin propre de maintenir l'ordre et la discipline. Le châtiment a plulot pour fin la correction du coupable, selon ce proverbe : « Qui aime bien, châtie bien ». De plus le châtiment se dit souvent des peines les plus graves et les plus exemplaires : « Tout châtiment doit corriger le coupable ou le public ».

Accusateur, dénonciateur, délateur. — L'accusateur poursuit en justice une personne contre laquelle il requiert une condamnation. En France, le droit criminel réserve aux procureurs publics le rôle d'accusateur. Le dénonciateur est celui qui fait connaître au public ou à l'autorité quelque fait digne de réprobation et même de poursuite. Le dénonciateur peut céder à des motifs honorables, et même impérieux pour sa conscience. Mais le délateur cède à des motifs inavouables, tels que la vengeance, la jalousie ou l'intérêt.

Pardon, absolution, grâce, rémission.

— Le pardon, c'est l'oubli d'une offense, ou du moins la remise complète de la dette qui en était la suite. Le chrétien doit pardonner à ceux qui l'ont offensé, s'il veut que Dieu le pardonne lui-même. L' 'absolution est une déclaration d'innocence faite par le juge. L'absolution donnée par le prêtre, au tribunal de la pénitence, applique au pénitent les mérites de Jésus-Christ : elle implique donc, à la fois, le pardon le plus entier et la satisfaction la plus parfaite. La grâce c'est la remise du châtiment que le coupable avait encouru. Tout homme peut pardonner, le juge absout, le souverain fait grâce. De plus, le pardon et Y absolution peuvent être plus ou moins mérités, mais la grâce n'est due qu'à la bienveillance souveraine. Quant à la rémission, c'est une grâce moins entière ou moins éclatante ; c'est la remise à un condamné d'une partie de sa dette.

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