‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 37 sur 686 · LIVRE II : DE L ETRE · texte numérisé non relu

LIVRE II : DE L ETRE

expliquer celle de ranimai. Ici nous passons entre deux erreurs opposées. Descartes et Malebranche regardent l'animal comme une simple machine ; ils lui refusent une âme proprement dite, un premier principe de vie qui soit distinct des forces mécaniques. D'autres philosophes, au contraire, au lieu d'opposer l'animal à l'homme comme le mécanismeà l'esprit, les rapprochent jusqu'à les confondre ; car ils accordent à l'animal non seulement une âme, mais encore une âme intelligente, et même parfois spirituelle. Mais il faut maintenir également que l'animal n'est pas un automate et qu'il n'a pas l'intelligence proprement dite. Il n'est pas un automate; car il a une âme sensible, il sent aussi réellement que nous sentons nous-mêmes. On le voit assez par les marques si nombreuses qu'il donne de la vivacité de ses impressions, de la sûreté de ses instincts, de l'étendue de sa mémoire. Non seulement il voit, il entend, il se souvient, il imagine; mais encore il sent qu'il voit, qu'il entend, il fait la différence de ses sensations, il en juge de quelque manière, il a une sorte de conscience, purement sensible il est vrai, mais qui l'amène jusqu'aux confins de la personnalité. S'il ne raisonne pas, il a du moins des facultés qui lui permettent d'associer des impressions, d'en suivre une longue série : c'est par là que tout ce qu'il fait offre une certaine suite qui paraît inspirée par le raisonnement.

Ensuite l'animal n'a pas l'intelligence proprement dite, c'est-à-dire la faculté de l'universel. Connaître l'universel, c'est-à-dire le vrai, le bien, le beau et, avec eux, les principes de la science et de la moralité : tel est le privilège de l'homme. De l'intelligence il ne faut pas séparer la raison, qui n'est que l'exercice de l'intelligence, ni la parole, qui n'est que l'expression de la raison. Celle-ci nous permet de créer les sciences, d'inventer les arts et les industries ; son mouvement c'est le progrès, et son fruit la civilisation. Bien conduite, elle nous découvrirait Dieu lui-même, si la tradition ne l'avait précédée et ne nous avait d'abord prosternés devant lui ou du moins avertis de son existence. Donc la religion, la moralité, la vertu, le progrès, la civilisation, la science, la parole, tous ces grands biens et tout ce qu'ils impliquent sont le privilège de l'homme, parce qu'il a seul uneàme intelligente, créée à l'image de Dieu. Pour toutes ces raisons, l'âme de l'animal n'est pas spirituelle. Elle est toute sensible, c'est-à dire qu'elle ne perçoit que le concret, le particulier, le matériel. Les réalités supérieures lui échappent ; elle ne connaît pas la vérité, cet aliment des esprits, ni le devoir, cette force de la volonté et cette joie austère du cœur ; elle ne connaît point son Créateur ni rien de spirituel. Toute son activité est bornée à l'ordre sensible et ne s'exerce que par des organes : c'est pourquoi elle est absolument dépendante du corps et doit disparaître avec lui (V. les études de psychologie comparée : P. de Bonniot, Histoire merveilleuse des animaux; La Bête comparée à l'homme).

Embryon. — Soit l'animal soit le végétal commencent par un état très imparfait, celui à" embryon. L'embryon naît de l'œuf fécondé ou de la graine. Dans l'embryon humain, se dessine bientôt une ligne primitive, transparente, qui marque la place de la moelle épinière et du cerveau, organe qui prend vite le plus de développement. L'embryon se divise en trois lames ou feuillets : le feuillet externe, d'où naissent peu à peu le cerveau, la moelle, les nerfs, c'est-à-dire les organes de la vie sensible ou de relation ; le feuillet interne, d'où naissent le canal digestif et les viscères ou les organes de la vie végétative; le feuillet moyen, d'où naissent les vaisseaux, les muscles et les os. Apparaissent bientôt les membres supérieurs et inférieurs. L'embryon, qui n'avait qu'un millimètre au douzième jour, atteint 3 centimètres après le deuxième mois ; au troisième

il prend le nom de fœtus. Avec l'embryon il faut signaler ses annexes : Yamnios, membrane pleine de liquide qui protège l'être naissant; la vésicule ombilicale, qui contient ce qui est nécessaire à sa nutrition jusqu'au deuxième mois; la vésicule allantoïde, qui succède à la précédente et qui fait communiquer les vaisseaux de l'embryon avec le placenta maternel. L'embryon et ses annexes ne sont eux-mêmes que le développement du blastoderme, couche épaisse qui apparaît dans l'œuf fécondé. L'embryon végétal est analogue au précédent; il est composé, chez les phanérogames, d'une radicule (petite racine), d'une tigelle (petite tige) surmontée d'une gemmule (bourgeon) située entre deux cotylédons.

Cellule, cellulaire. — En histologie, on appelle cellules les corpuscules microscopiques qui paraissent être les éléments primitifs des tissus. Les anatomistes appellent tissu cellulaire, le tissu qui enveloppe et pénètre tous les organes ; il est formé de filaments et de lamelles qui s'entre-croisent et offrent, dans les intervalles, des cellules plus ou moins distinctes. On appelle théorie cellulaire une théorie toute moderne d'après laquelle tous les éléments anatomiques dériveraient, par changement de forme ou soudure, des cellules embryonnaires, ou plutôt d'une seule cellule. La théorie embrasse les deux règnes vivants : tous les organes, tous les tissus dériveraient d'une même cellule, qui se serait multipliée et dont les produits auraient subi diverses métamorphoses, répondant à la diversité des fonctions. Pour en revenir à la cellule ellemême et aux cellules embryonnaires, les seules complètes, elles se composent d'une enveloppe, qui contient un liquide granuleux, le protoplasma, au milieu duquel est un noyau solide; le noyau porte une tache, appelée le nucléole.

Plasma, protoplasma. — Le protoplasma est donc le liquide vivant où baigne le noyau des cellules. Quant km plasma, en général, ou blastème, c'est une substance plus ou moins fluide, qui peut s'organiser en tissu. On entend aussi d'une façon spéciale, sous le nom de plasma, la partie fluide du sang où nagent les globules. Les cellules plasmatiques sont les cellules du tissu cellulaire.

Parasite, parasitisme. — On entend par parasites, en zoologie, les animaux qui se nourrissent aux dépens des autres. Il faut les distinguer de ceux qui choisissent chez autrui leur habitation plutôt que leur nourriture : ainsi certains cirripèdes qui s'attachent aux flancs de la baleine. Parmi les vrais parasites, les uns vivent à la surface du corps : ainsi le pou de l'homme ; les autres dans les organes mêmes (le canal digestif, le foie, jusque dans l'œil et dans le cristallin). On appelle loi de révolution parasitaire, l'évolution propre à certains parasites, qui doivent passer par plusieurs stations avant d'arriver à l'état adulte : ainsi le ver solitaire vit d'abord chez le porc, où il produit la ladrerie, puis chez l'homme. Le parasitisme existe aussi dans le règne végétal. Les plantes vraiment parasites vivent des sucs élaborés par d'autres plantes, soit qu'elles vivent à la surface de ces plantes, soit qu'elles vivent à l'intérieur. Les plantes qui n'empruntent aux autres qu'un point d'appui, comme la vigne, le lierre, ne sont pas, à proprement parler, des parasites. Beaucoup de maladies chez l'homme, les animaux et les plantes, proviennent de parasites : la gale, la teigne, le muguet sont dus à des parasites animaux ; la pellagre est due à un parasite végétal (v. microbe, trichine, cryptogames, etc.).

Personne, personnalité. Moi. — Boèce définit la personne : la substance individuelle d'une nature raisonnable [Rutionalis naturœ individua substantia). Pour expliquer cette définition, il convient d'ajouter que la personne prise formellement ou

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