PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
tout d'amener abondamment l'eau dans les villes, où elle est si nécessaire, sont des constructions destinées à conduire les eaux d'un lieu à un autre par une pente réglée. Lorsqu'ils traversent les vallées, ils forment des séries d'arcades plus ou moins élevées ; ils traversent les élévations de terrains sous forme de galeries voûtées. Les aqueducs les plus célèbres de l'antiquité sont ceux de Rome, qui furent construits successivement à partir de 312 av. J.-C. On a calculé qu'ils amenaient par 24 heures près de 4 millions de mètres cubes. Les Romains construisiient aussi de nombreux aqueducs dans les provinces : ainsi celui de Nîmes, dit pont du Gard, qui a trois rangs d'arcades superposés. De nos jours plusieurs aqueducs amènent à Paris les eaux de la Dhuys, de la Vanne, de l'Avre ; l'aqueduc de Roquefavour, conduit à Marseille les eaux de la Durance.
Pont. — Les Grecs furent les premiers à construire des ponts do pierre ; mais les Romains excellèrent ensuite dans cet art et ils nous ont laissé des œuvres d'une solidité proverbiale, tels que le pont du Danube, construit sous Trajan, le pont Saint-Ange, à Rome. Au moyen âge, vers le XIIe siècle, se formèrent des associations religieuses (Ponti/ices ou Frères du pont), pour la construction des ponts. On leur doit le pont d'Avignon (1178), le pont Saint-Esprit, entre une foule d'autres qui facilitèrent beaucoup les relations à cette époque. Ainsi l'Eglise ne cessait de contribuer par tous les moyens au progrès de la civilisation. Aujourd'hui les ponts sont construits en toute sorte de matériaux et d'après divers procédés. On distingue les ponts fixes (en pierre, en bois, en fer, ponts suspendus), et les ponts mobiles (ponts de bateaux, ponts-levis, ponts tournants, ponts roulants et à coulisses, ponts à soulèvement). On a pu jeter des ponts en fer de plusieurs centaines de mètres de portée : pont sur la Clyde, pont de Brooklyn, etc. Port. — Toutes les nations qui ont été puissantes sur mer ont disposé d'excellents ports, creusés par la nature ou créés par l'industrie de l'homme. Parmi les ports naturels, citons Brest, Toulon, La Havane ; parmi les ports artificiels, celui de l'ancienne Carthage, ceux d'Alger et de Cherbourg. On distingue les ports militaires, ou de guerre (Brest, Toulon, Cherbourg en France; Portsmouth, Plymouth en Angleterre; Cronstadt en Russie) et les ports marchands ou de commerce (Marseille, le Havre, Bordeaux en France ; Liverpool et surtout Londres en Angleterre). On dit qu'un port est de tonte marée, lorsque les navires peuvent y entrer en tout temps. Il est dit port d'èchouage, lorsque la mer, en se retirant à la la marée basse, laisse à sec les navires. On appelle ■mouvement d'un port le nombre de navires qui y entrent et qui en sortent chargés de marchandises et dont on évalue le tonnage.
Phare. — Les anciens construisirent des phares, entre autres le fameux phare d'Alexandrie, qui avait plus de 100 mètres de haut et au sommet duquel on brûlait des feux de bois, qu'on apercevait à 14 lieues en mer; le jour, c'était la fumée qui servait de signal. Mais au XIXe siècle, grâce aux progrès de la physique et surtout à l'invention de la lumière électrique, on a pu multiplier les phares autant qu'il est nécessaire et leur donner toute la portée convenable. On distingue : les phares de Ie1' ordre, espacés généralement de 14 lieues marines, qui servent à reconnaître les parages ; les phares de 2e ordre, qui indiquent les écueils, les baies, les rades ; les phares de 3e ordre, qui signalent l'entrée des ports, les passes, l'embouchure des fleuves. Tantôt les phares sont à feu fixe et éclairent constamment tous les ports de l'horizon ; tantôt ils sont à feu tournant ou à éclipses.
Fortification. — On donne ce nom à toute
sorte de travaux exécutés pour mettre une troupe en état de résister à un ennemi supérieur en nombre. L'art de fortifier a été connu dès l'origine de la guerre ; mais ses moyens ont varié beaucoup avec le temps. Les Romains connaissaient très bien l'art de se retrancher. Jusqu'à l'invention de la poudre, les fortifications les plus sûres consistèrent en de hautes murailles entourées de fossés pleins d'eau. A l'apparition du canon et à mesure que se perfectionnait l'artillerie, les hautes murailles durent s'abaisser et même faire place à des terrassements. Aujourd'hui il n'est plus, pour ainsi dire, de place imprenable. Tout notre système de défense a dû être renouvelé après 1870 et il subit des modifications incessantes. Nos forteresses ou places fortes forment deux lignes ; en première ligne : Dunkerque, Lille, Maubeuge, Verdun, Toul, Epinal, Belfort, Besançon, Grenoble, Briançon, Perpignan, Bayonne ; en deuxième ligne : Reims, Langres, Dijon, Lyon. Les places fortes sont entourées de fort détachés, qui augmentent le rayon d'action de la place, la mettent à l'abri d'un bombardement et doivent se prêter un mutuel appui. On donne quelquefois le nom de camp retranché à l'ensemble de défenses formé par une place forte et ses forts détachés. On appelle forts isolés ceux qui commandent certains passages sur les frontières.
Camp. — Les Romains donnaient à leur camp la forme carrée ; les Grecs, les Orientaux, comme aujourd'hui encore les Arabes, préféraient la forme circulaire. Le camp romain était entouré d'un fossé (vallurn), revêtu intérieurement d'un parapet (agger), que fortifiait une palissade ; quatre portes s'ouvraient au milieu des quatre côtés : la prétorienne, devant; la décumane, à l'opposé; la dextre et la sénestre à droite et à gauche. Deux voies correspondant aux quatre portes se croisaient au milieu. Les tentes étaient séparées de l'enceinte par un chemin de ceinture ; elles s'alignaient perpendiculairement à la porte prétorienne : chacune contenait dix soldats. Le prétoire ou tente du général occupait le centre d'une place quadrangulaire, à la partie antérieure du camp. Les vivandiers, etc. occupaient les abords extérieurs du camp. Les armées modernes ne campent plus guère de cette manière régulière, mais d'ordinaire elles se cantonnent. Il existe cependant des camps permanents, où les troupes séjournent pour leur instruction.
Mine. — Dans l'art militaire, la mine est un chemin souterrain pratiqué par l'assiégeant, pour arriver sous un ouvrage de la place et le détruire. La mine comprend une galerie et un fourneau. Les mines étaient connues des anciens; elles consistaient alors en galeries de bois, qu'on détruisait par le feu et qui déterminaient la chute des murailles sous lesquelles on les avait pratiquées. Mais l'importance des mines date de l'invention de la poudre.
Monument. — Ce nom s'applique à une foule d'objets, en particulier à des œuvres d'architecture, destinées à perpétuer de grands souvenirs. On distingue les monuments préhistoriques ou mégalithiques, celtiques (cromlechs, dolmens, menhirs), et les monuments historiques, en si grand nombre, que nous ont laissés les peuples qui ont des annales. Aux uns ou aux autres se rapportent les monuments cyclopéens, attribués à la race pélasgique; les monuments antiques de l'Egypte, de l'Assyrie, de l'Inde, etc. Au point de vue de leur destination, on distingue : les monuments religieux (églises, monastères, temples des diverses religions), militaires (châteaux forts, citadelles), civils (palais, amphithéâtres, aqueducs); les monuments proprement comme inoratifs (arcs de triomphe); les monuments funéraires (tombeaux, mausolées). La connaissance des monuments s'appelle architecture, archéologie, etc.; c'est une