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LIVRE XI : DE LA VALEUR

des branches les plus importantes de l'art et de l'histoire. Celle-ci, en tant qu'elle s'éclaire de la découverte d'anciens monuments, s'est développée beaucoup de nos jours, comme l'attestent la création de tant de musées historiques et de sociétés savantes.

Portique. — Les portiques, sortes de galeries couvertes soutenues par des colonnes, des piliers ou des arcades, étaient fort en usage chez les anciens. Il y en avait autour des temples, des théâtres, des stades, des gymnases. A Athènes, l'Académie et le Lycée avaient des portiques; les disciples de Zenon se rassemblaient sous le Pœcile : d'où leur nom de stoïciens. A Rome, sans parler des portiques ouverts au public, il y en avait autour des cours intérieures des riches habitations. Au moyen âge, comme aujourd'hui encore, les cloîtres étaient de véritables portiques. Parmi les portiques modernes, on peut citer : ceux de la cour du Vatican par Bramante, et de la cour des Loges du même palais, dessinés par Raphaël; ceux de la place Saint- Marc, à Venise; les galeries du Palais-Royal, à Paris.

Ordres d'architecture. — On entend par là certaines dispositions régulières et harmonieuses des parties essentielles d'un édifice. On distingue cinq ordres classiques : le dorique, Y ionique, le corinthien (d'origine grecque), le toscan et le composite (en Italie). On donne quelquefois le nom d'ordre composé aux créations architecturales qui s'éloignent des règles ordinaires. On appelle ordre persique celui où l'on voit des figures de captifs au lieu de colonnes. Mais ces divisions ne sont ni absolues ni complètes. Il y a autant d'ordres d'architecture que de styles ; et le génie humain qui en a créé déjà de si variés, peut toujours en créer de nouveaux, alors surtout que les progrès de la métallurgie et de tous les arts lui fournissent des moyens de construction inconnus auparavant. C'est à la forme des chapiteaux qu'on reconnaît le plus aisément les différents ordres grecs et italiens. L'ordre dorique offre des colonnes cannelées, sans base, d'un galbe sensiblement conique, des chapiteaux composés de grandes moulures en forme de coupe. Dans l'ordre ionique, le chapiteau est orné de grandes volutes. L'ordre corinthien est mieux décoré encore : le chapiteau est orné de volutes et de feuilles d'acanthe. L'ordre toscan, analogue à l'ordre dorique, fut d'abord employé par les Romains. Ils employèrent ensuite les ordres grecs et créèrent l'ordre composite, qui allie ensemble l'ordre ionique et l'ordre corinthien, avec une profusion d'ornements.

Styles. — Ce nom s'applique, en matière d'art, à des périodes entières, où règne un genre particulier. Comme les ordres, les styles ne sont en définitive que des genres d'architecture. Les principaux sont: le roman, le gothique, le byzantin, le style Renaissance. Le roman naquit de l'architecture romaine, remarquable par l'importance de la voûte, qui finit par éliminer les ordres grecs avec leurs colonnes. Le roman régna du IXe au XIIe et XIIIe siècle ; nous lui devons nos églises les plus anciennes. Le style gothique naquit dans l'Ilede-France, vers 1150, et se répandit au siècle suivant. Nous lui devons nos plus célèbres cathédrales (Notre-Dame de Paris, Chartres, Strasbourg) ; et aucun autre n'a aussi bien traduit et d'une manière aussi neuve l'esprit de foi intense et d'ardente piété qui anima les grands siècles chrétiens. Le style byzantin naquit de l'art grec et romain et prit à Constantinoplc la physionomie qui le distingue. Son type est la fameuse église Sainte-Sophie, dont les Turcs ont fait une mosquée. L'église byzantine est carrée, ou circulaire, ou polygonale ; la nef principale forme, en se reliant à deux parties latérales, une croix grecque. Du style byzantin s'est

inspirée l'architecture sarrazine. Le style Renaissance naquit du retour de l'architecture aux modèles grecs et romains. Il se distingue par la science et la richesse de l'ornementation. Â l'époque de la Renaissance, on fît beaucoup moins d'églises que de châteaux, de palais et d'hôtels. Quant à l'architecture religieuse, elle perdit trop souvent tout caractère.

Colonne. — La colonne se compose d'une base, d'un fût et d'un chapiteau, qui diffèrent quant aux proportions ou aux ornements dans les divers ordres d'architecture, dont la colonne est l'élément principal. On distingue : les colonnes cannelées ou striées, dont le fût est orné de cannelures ; les colonnes torses, dont le fût est en spirale ; les colonnes en faisceau, qui semblent réunir plusieurs colonnettes, etc. Certains monuments ont la forme d'une colonne isolée, parfois colossale : colonnes funéraires, colonnes triomphales. Citons, parmi ces dernières : la colonne JVendôme, élevée à la gloire de la Grande Armée et abattue momentanément en 1871 ; la colonne de Juillet. D'autres fois, les colonnes sont disposées en série ou colonnade. Citons la colonnade du Louvre et celle de Saint- Pierre.

Arc. — Les Romains furent les premiers qui employèrent l'arc méthodiquement dans leurs constructions, auxquelles ils donnèrent un développement et une solidité inconnus auparavant. On distingue surtout l'arc plein-cintre et l'arc aigu ou ogival. Le premier est dit surbaissé ou surhaussé (en fer à cheval), selon que la flèche est moindre ou plus grande que le rayon du cercle. On appelle arc eu décharge, un arc noyé en plein mur, audessus de vides, de linteaux de portes, etc., pour reporter la charge de la maçonnerie sur des points plus solides.

Voûte. — La voûte n'est qu'un arc de cercle d'une certaine profondeur. Elle est formée par l'assemblage de voussoirs, taillés en coin et appuyant l'un sur l'autre jusqu'à la première rangée, qui porte elle-même ordinairement sur un mur pependiculaire appelé pied-droit. Le voussoir du milieu où viennent s'appuyer les voussoirs des deux côtés, prend le nom de clef. On distingue les voûtes en berceau, les voûtes d'arêtes, les voûtes sphèriques ou coupoles, etc. Connue des Egyptiens, des Assyriens, des Etrusques, la voûte n'a été parfaitement utilisée que par les Romains. La voûte en arc d'ogive ou gothique amena, au moyen âge, une transformation de l'architecture, toute à l'honneur de cette époque.

Moulure. — Quelque accessoires qu'elles paraissent, les moulures ne laisssent pas d'avoir une véritable importance en architecture. Elles servent à accuser bien des lignes architecturales, dont l'ensemble est du plus bel effet. Ce sont elles qui forment les corniches, les impostes, les chambranles, les bases des colonnes, etc. Leur nom de moulure vient de ce qu'elles se répètent avec une régularité géométrique, comme si elles étaient moulées les unes sur les autres. On distingue les moulures plates (filet ou listel, fasce ou plate-bande, plinthe) et les moulures rondes (baguette, tore, quart de rond) ; d'autres sont en creux (gorge, cavet) ; plusieurs sont à la fois en creux et en saillie (talon, doucine).

Temple. — La force du sentiment religieux s'est manifestée chez tous les peuples, dès les origines, par la construction d'une infinité de monuments et, en particulier, de temples splendides, où toutes les richesses de l'époque étaient accumulées. Aussi l'histoire de l'architecture et de l'art est-elle essentiellement religieuse, surtout pour l'antiquité. Après le Temple de Salomon, à Jérusalem, qui fut détruit, au temps do la captivité, reconstruit après et détruit définitivement, moins de 40 ans après

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