‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 392 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

la mort de Jésus-Christ, on peut citer : le temple de Diane , à Ephèse , le Parthénon d'Athènes , le temple d'Apollon à Delphes, le temple de Jupiter à Olympie. L'Egypte, l'Inde offrent des temples, moins beaux sans doute, mais plus importants par leur masse et leurs proportions.

Arche d'alliance. — Elle fut construite par Moïse, qui y plaça les deux tables de pierre, sur lesquelles étaient gravés les dix commandements, ainsi que la verge miraculeuse et un vase rempli de la manne du désert. L'arche était en bois de sittim, bois précieux, inconnu aujourd'hui ; elle avait une coudée et demie en largeur et en hauteur, deux coudées et demie en longueur ; elle était revêtue en dehors et au dedans de lames d'or. Le couvercle en or massif, appelé propitiatoire ou oracle, était surmonté de deux chérubins, qui le couvraient de leurs ailes. Aux côtés de l'arche étaient des anneaux d'or qui servaient aux lévites à la transporter. Dans les campements au désert et jusqu'à la construction du Temple, elle était déposée dans le Tabernacle. L'arche était le symbole de l'alliance de Dieu avec son peuple. Lors de l'invasion de Jérusalem par Nabuchodonosor, elle fut cachée par Jérémie dans une caverne du mont Nébo. Son histoire cesse à partir de ce moment. Le tabernacle ancien et l'arche d'alliance ont été remplacés par nos églises et notre tabernacle eucharistique, dont ils n'étaient que la figure.

Eglise. — L'église, temple matériel où se réunissent les fidèles, pour entendre la parole de Dieu, assister au sacrifice et recevoir les sacrements, est aussi la représentation mystique de l'Eglise universelle, assemblée des âmes que réunissent la foi et l'amour de Jésus-Christ. Elle est comme la demeure de Dieu et la porte du ciel. Le droit canon réserve aux évêques le privilège de désigner le terrain convenable sur lequel doivent s'élever les nouvelles églises de leurs diocèses. Il leur appartient également de les consacrer. S'il s'agit de rebâtir une église, il faut, autant que possible, l'édifier sur le même emplacement et utiliser les anciens matériaux, déjà sanctifiés par leur premier usage. Quant à la forme et au style des églises, il a varié beaucoup dès l'origine. La forme de nef prévalut en Occident, mais on trouve aussi la forme circulaire, carrée ou polygonale, surtout en Orient. Les premières basiliques, offertes par les empereurs, étaient des palais de justice. Le symbolisme ne tarda pas à s'ajouter aux raisons de nécessité ou d'utilité. On donna aux églises la forme de croix, latine ou grecque, et même la forme du Christ en croix. De là cette déviation souvent observée dans l'axe de nos anciennes églises (Notre- Dame de Paris, Saint-Etienne-du-Mont, la primatiale de Lyon). Mais aucun style ne fut jamais obligatoire. L'art religieux n'est point exclusif; il est local. De bonne heure, il y eut certaines prescriptions sur l'orientation des églises. Elle était déjà pratiquée par les païens pour leurs temples. Les chrétiens adoptèrent cette coutume, mais en l'honneur du vrai soleil de vérité, qui venait de se lever sur les âmes. Néanmoins, beaucoup d'églises célèbres furent tournées vers l'Occident ; ainsi Saint- Pierre de Rome et Saint-Jean de Latran. Il est vrai que, dans ces églises, le célébrant, placé en face des fidèles, était tourné vers l'Orient. L'orientation des églises, quoique passée en règle en Occident, n'a pas laissé d'être toujours facultative. Le pape saint Léon avait même prescrit aux chrétiens de son temps de ne pas prier en se tournant vers l'Orient, afin de ne pas imiter les manichéens, qui adoraient le soleil. Plusieurs ordres religieux ont affecté de tourner leurs églises vers le nord ou vers le midi, etc. Les églises étaient souvent précédées d'un portique ou d'un porche ; mais ces parties, qui deviennent rares aujourd'hui, ont l'inconvénient de

masquer plus ou moins la façade, si belle dans nos églises gothiques. Le pignon de la façade est toujours terminé par une croix. De bonne heure les églises ont été comparées à un vaisseau : de là le nom de nef, qui en désigne le corps central. Outre la nef principale, beaucoup d'églises ont des nefs latérales ou bas côtés. Le transept n'est qu'une nef formant croix avec la nef principale. Le chœur ou presbyterium est l'endroit où se tient le clergé pendant l'office divin. Le sanctuaire est l'endroit saint par excellence, puisqu'il contient l'autel ; il fait suite au chœur, dont il est séparé par une ou plusieurs marches. L'abside termine le sanctuaire par un demi-cercle. La voûte de l'abside est souvent plus basse que celle de la nef, et on la décore plus richement. Le chœur et le sanctuaire sont séparés de la nef par le cancel ou la balustrade, qui sert de table de communion. Tout près du cancel, il y avait autrefois un rideau, qu'on tenait fermé pendant la célébration des saints mystères. Certaines églises d'Orient ont conservé cet usage. Au XIIIe siècle, on établit à l'entrée du chœur un ambon ou jubé, tribune où le sous-diacre et le diacre venaient lire l'épître et l'évangile. On le supprima au XVIe siècle. Les églises portent différents titres selon leur destination. Le nom d'église appartient excellemment aux cathédrales (patriarcales, primatiales, métropolitaines, etc.) ; il appartient ensuite aux églises paroissiales et aux églises conventuelles (abbatiales ou simples chapelles). Les églises collégiales sont celles qui sont desservies par un corps de chanoines autres que ceux de la cathédrale. — Les églises, qui ont remplacé les catacombes, ont été après elles le berceau des arts chrétiens, qui s'y sont merveilleusement développés. Architecture, sculpture, peinture sur toile et sur verre, mosaïque; musique s'y sont donné rendez-vous pour les embellir ou s'y manifester (v. à ce sujet, Y Esthétique religieuse de Lamennais, jointe à son Esquisse d'une ph il., mais publiée à part en ces dernières années).

Basilique. — Comme on l'a dit, « de profane qu'elle était dans le principe, la basilique devint, avec le christianisme, un édifice essentiellement religieux et sa forme est restée jusqu'à nous ce que l'a faite la tradition, c'est-à-dire trois nefs aboutissant à un transept, sur lequel l'abside se détache en saillie ». Plus tard on distingua les basiliques majeures et les basiliques mineures. Parmi les premières, dites encore patriarcales et sacrosaintes, citons celles de Rome : Saint-Jean de Latran, Saint-Pierre au Vatican, Sainte-Marie- Majeure, Saint- Paul -hors-les- murs et Saint- Laurent-hors-les-murs. Il existe un grand nombre de basiliques mineures en France, près de 40.

Chapelle. — On distingue les chapelles publiques, dont l'entrée est ouverte à tous les fidèles, et les chapelles particulières ou domestiques. Une chapelle publique, une fois consacrée à Dieu, ne peut servir à des usages profanes. Mais il n'en est pas de même d'une chapelle domestique. On donna d'abord le nom de chapelle à la châsse de S. Martin, qu'on gardait dans le palais royal, et sur laquelle on faisait les serments solennels dans les causes qui se terminaient par serment. Quand les rois allaient à la guerre, ils faisaient porter cette châsse avec eux : l'oratoire des rois de France prit ainsi le nom de chapelle, qui a passé aux oratoires en général. Les canonistes distinguent : 1° les chapelles fondées par les laïques ; 2° celles fondées par l'autorité ecclésiastique , mais pour un certain temps ; 3° celles qui sont érigées régulièrement en titre perpétuel. Le service des chapelles est réglé par leur titre de fondation. Quant aux oratoires privés, dont on ne saurait trop d'ailleurs encourager la création, on ne peut y célébrer qu'en vertu d'un induit apostolique, qui d'ordinaire impose des res-

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