‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 393 sur 686 · LIVRE XI : DE LA VALEUR · texte numérisé non relu

LIVRE XI : DE LA VALEUR

trictions concernant l'audition de la messe les jours des principales fêtes. L'esprit de l'Eglise c'est que ces oratoires privés ne portent point préjudice à la prospérité des paroisses. On ne doit pas bénir les chapelles domestiques qui n'ont pas un certain degré de fixité, etc. On donne le nom de chapelles de secours à des églises dépendantes de la paroisse, qui peut y faire célébrer les offices religieux.

Autel. — Toutes les religions ont eu leurs autels. Ce furent d'abord des tertres, des monticules, sur lesquels on offrait les sacrifices. Chez les Egyptiens, l'autel était en forme de plateau reposant sur une base conique. Les Hébreux édifièrent des autels en terre, puis en pierres non taillées. En Gaule, les druides se servaient de larges tables de pierre, dont beaucoup subsistent encore. Souvent, chez les anciens, l'autel avait des proportions colossales. A Jérusalem, l'autel des holocaustes, érigé en face du vestibule du Temple, avait vingt coudées en longueur et en largeur, et dix en hauteur. L'autel de Jupiter, à Olympie, avait 40 mètres de tour à sa base, et 7 à 8 mètres de haut. Les chrétiens n'eurent guère d'abord que des autels portatifs et de bois ; mais, à partir du VIe siècle, ils furent tous en pierre. On ne tarda pas, après les persécutions, à en élever de magnifiques. Celui de Sainte-Sophie, à Constantinople, était en or, avec pierres précieuses et émaux. Aujourd'hui les autels chrétiens se sont multipliés partout et la prophétie de Malachie se réalise : In omni loco sacrïficatur et offertur nomini meo oblatio muvda (I, 11). Les autels sur lesquels on célèbre doivent être couverts de linges, avoir une croix au milieu et des chandeliers de chaque côté. Les nappes de l'autel doivent être de linge blanc et bénites par l'évêque ou par un prêtre qui en a reçu le pouvoir. A partir du Ve siècle, il fut prescrit que les autels seraient consacrés : le ministre de cette consécration est l'évêque. L'autel ad moduni fixi peut être en bois ou en toute autre matière ; mais il doit avoir une pierre sacrée assez grande pour recevoir l'hostie et la plus grande partie du calice. C'est dans cette pierre que l'on scelle les reliques des martyrs, que tout autel doit contenir. On ne peut consacrer une église sans y consacrer au moins en même temps un autel portatif. Un autel fixe est exécré, c'est-àdire perd sa consécration, quand la table consacrée est séparée de sa base, h' autel privilégié est un privilège en vertu duquel le pape attache une indulgence plénière à la célébration de la sainte messe. Ce privilège eut personnel ou local.

Chaire. — Dans l'église primitive, la prédication était réservée à l'évêque, et le siège épiscopal était placé au fond de l'abside. La chaire fut ensuite rapprochée du centre de la basilique ; elle occupa l'ambon ou jubé et finalement un côté de la nef, comme nous le voyons aujourd'hui. Beaucoup de chaires sont des chefs-d'œuvre d'art ; quelquesunes sont en marbre et ornées de bas-reliefs ; d'autres, en bois sculpté. De la chaire de la prédication se dislingue la chaire épiscopale ou trône, qui doit être réservé à l'évêque quand il officie pontificalement dans une église ou même quand il assiste seulement à l'office.

Clocher. — Les premiers clochers furent construits isolément, eomme les baptistères et aujourd'hui encore les campaniles. Dans la suite, on éleva les clochers tantôt contre l'église, tantôt au-dessus de la croix du transept ou près du transept ; on multiplia aussi les tours. Le plus souvent on se contenta d'une seule au-dessus du transept ou du portail, ou bien de deux, qui encadraient le portail. A une époque, certaines églises importantes avaient seules le droit, paraît-il, de posséder deux clochers do même hauteur. De là l'inégalité qu'on observe parfois dans les tours des anciennes églises. Les plus beaux clochers et les plus élancés conviennent

au style gothique. Citons, parmi les flèches les plus élevées : celle de Strasbourg (142 m.), de Chartres (113 m.), de Cologne (156 m.).

Pagode. — C'est le nom des temples brahmaniques et bouddhiques en Inde, en Chine, dans le reste de l'Asie et en Malaisie. Les plus fameux temples de ce genre sont : celui de Djaggernath, où les Hindous vont en pèlerinage pour honorer Vichnou ; celui d'Elora, qui est plutôt un ensemble de monuments taillés dans le roc et ornés d'une profusion de statues et de bas-reliefs.

Mosquée. — Les mosquées sont de forme carrée. Elles sont surmontées de tours ou minarets, qui portent le croissant et sont entourées d'une galerie, d'où le muezzin peut appeler les croyants à la prière, en se tournant vers tous les points de l'horizon. A l'intérieur, il n'y a ni autels, ni statues, ni tableaux, mais des lampes suspendues aux voûtes, des inscriptions du Coran entourées d'arabesques ; le pavé est couvert de riches tapis, sur lesquels on ne doit marcher qu'après avoir quitté sa chaussure ou pris des babouches. Autour des mosquées sont des fontaines et des piscines pour les ablutions. La plus célèbre mosquée est celle de La Mecque, vers laquelle tous les musulmans doivent se tourner pour faire leurs prières. Beaucoup sont remarquables au point de vue de l'architecture : ainsi celle d'Omar à Jérusalem ; celle de Cordone, transformée aujourd'hui en église.

Monastère. — L'histoire des monastères est l'histoire même de la vie religieuse (v. religieux, ordres). On en fait remonter l'origine à S. Antoine, qui inspira également à sa sœur de fonder le premier monastère de femmes. Les grands monastères devinrent, au moyen âge, des centres intellectuels, agricoles, industriels, en même temps qu'ils étaient des foyers religieux; et leur action fut décisive à cette époque de transition. On peut dire que c'est aux évêques et aux moines que l'Occident doit la civilisation chrétienne. Les monastères étaient bâtis généralement sur un plan uniforme. Autour d'un cloître, qui occupait le centre, se trouvaient les cellules, l'église, le réfectoire, etc. Chez les chartreux, la cellule est une petite maison isolée, avec un petit jardin et ordinairement un atelier. Les monastères prennent, selon les cas, les noms d'abbaye, de prieuré, de couvent, etc. Citons parmi les abbayes célèbres : celles du Mont-Cassin, de Cluny, de Cîteaux, de Clairvaux, du Bec, de Saint-Gall en Suisse, de Westminster en Angleterre.

Laure. — On donnait ce nom aux quartiers ou paroisses d'Alexandrie. Il fut réservé ensuite pour désigner des espèces de hameaux ou de villages, parfois considérables, habités par des moines. Ceux-ci se rassemblaient une fois la semaine pour assister à l'office divin et s'édifier mutuellement. En Orient, les laures ont précédé les couvents. Quatre couvents célèbres de Russie portent encore le nom de Sainte-Laure : celui de Kiev ; celui de Saint-Serge, près Moscou; celui de Saint-Alexandre Nevsky, à Saint-Pétersbourg; enfin celui de l'Assomption, à Potchaïev.

Presbytère. — D'après le décret de 1809, art. 92 : « toute commune doit fournir au curé ou desservant un presbytère, ou, à défaut de presbytère, un logement, ou, à défaut de presbytère et de logement, une indemnité pécuniaire ». Les anciens presbytères qui avaient été confisqués pendant la Révolution et qui n'avaient pas été vendus, ont été rendus au culte catholique parla loi du 18 germinal an X.

Crèche. — Comme plusieurs autres institutions de charité ou d'assistance, les crèches viennent en aide aux familles, pour satisfaire à des devoirs qu'il vaudrait mieux remplir au foyer domestique. Leur fondation date de 1844. Elles reçoivent de jeunes enfants au-dessous de trois ans, dont les

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