PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPÉDIQUE
mères travaillent hors de leur domicile. Chaque crèche est visitée tous les jours par un médecin. Beaucoup de crèches sont reconnues comme établissements d'utilité publique.
Hôpital, hospice. — L'existence des hôpitaux pour les malades et des hospices pour les vieillards, les pauvres, les abandonnés, est due à la charité chrétienne, qui continue encore de les soutenir, alors même qu'on lui refuse de les administrer. Ils sont nés de cette parole de J.-C. : « Ce que vous ferez aux plus petits de mes frères, c'est à moimême que vous l'aurez fait. » De là encore le nom d'hôtel-Dieu, qui est né d'un acte de foi. Sans parler d'établissements plus anciens, les hospitaliers fondèrent à Jérusalem des hospices pour les pèlerins; à la suite des croisades, les léproseries, les ladreries, les maladreries se multiplièrent ; chaque abbaye, chaque cathédrale avait son hôpital. D'abord sous la direction du clergé, qui les avait fondés et les soutenait, les hôpitaux furent soumis ensuite à d'autres administrations : celle des parlements, puis celle du prévôt des marchands. Aujourd'hui les hôpitaux sont gérés par une commission administrative, composée du maire de la commune et de cinq membres nommés par le préfet. L'Eglise n'a cessé de les entourer de sa sollicitude maternelle et de leur accorder des privilèges.
On convient aujourd'hui que les hôpitaux, du moins les plus considérables, devraient être éloignés des centres urbains ; qu'il faut renoncer aux constructions massives, avec nombreux étages; qu'il vaut mieux construire des pavillons isolés, bien ouverts à la lumière et au grand air ; que les salles ne doivent contenir que de 20 à 25 lits ; que les parois, les parquets, les dalles, tous les coins et recoins doivent être facilement lavés et purifiés de tout germe pathogène, etc. Mais on songe moins peut-être à restaurer l'esprit de famille, les vertus domestiques et les petits patrimoines qui rendraient les trois quarts de nos hôpitaux inutiles, alors qu'ils ne font que se multiplier, tout en restant insuffisants. L'hôpital ne devrait être la ressource suprême que d'un petit nombre de malades, dénués de tout ou affligés de maladies exceptionnelles qu'on ne peut traiter à domicile. Il existe nombre d'hôpitaux ou d'hospices spéciaux pour certaines maladies, certaines infirmités ou certains états. Ainsi les maternités, pour les femmes pauvres sur le point d'accoucher. Autrefois on donnait le nom de maternités à des hospices pour les enfants. L'hospice des Quinze- Vingts aurait été fondé à Paris, dit-on, par S. Louis, à son retour d'Egypte, pour 300 aveugles. Les Invalides ont été destinés aux vieux soldats. Bien souvent les hôpitaux et hospices reçoivent une rétribution de leurs hôtes, et ils ressemblent, sous ce rapport, aux maisons de santé, où l'on est admis en payant des pensions, parfois très élevées.
Maladrerie. — Les maladreries ou léproseries se multiplièrent, au moyen âge, lorsque la lèpre se répandit en Occident et y causa de terribles ravages. Cette maladie étant contagieuse et très redoutée, les lépreux furent bannis de la société et même regardés comme morts civilement. Ils devaient avertir de leur approche, au moyen d'une crécelle, ne boire que dans leur écuelle, ne toucher qu'avec une baguette les objets qu'ils marchandaient, etc. L'Eglise chercha à vaincre cette répugnance et fonda, pour les assister, l'ordre de Saint-Lazare. Les maladreries où l'on enferma les lépreux étaient de vastes enclos, où les malades avaient leurs cellules ; ils possédaient en commun des jardins, des vergers, des vignes, avaient leur église et leur cimetière. La France compta jusqu'à deux mille léproseries. Lorsque la lèpre disparut ou s'atténua, vers le XVIe siècle, bien des seigneurs s'attribuèrent les biens de ces établissements ; Henri IV en
employa une partie à l'entretien des soldats blessés ; Louis XIV donna le reste aux hôpitaux.
Nécropole. — Certains peuples anciens, en particulier les Egyptiens, les Carthaginois, les Etrusques creusaient de vastes tombeaux destinés aux sépultures royales ou même aux sépultures des particuliers. On cite surtout la nécropole d'Alexandrie et celles de la Thébaïde : les pyramides ellesmêmes n'étaient que de vastes tombeaux. Des fouilles savantes ont mis à jour les plus curieux monuments de l'ancienne histoire de l'Egypte.
Cimetière. — Le cimetière proprement dit, si bien nommé dortoir, en grec, est d'institution chrétienne. Les riches Romains plaçaient leurs tombeaux dans le voisinage des villes, sur le bord des chemins, ou bien dans leurs jardins. Quant aux hommes du commun et aux esclaves, ils étaient jetés dans des espèces de voiries. Les Grecs avaient aussi des lieux de sépulture commune. A Rome, les premiers chrétiens enterrèrent leurs morts dans les catacombes, sorte de nécropôle ou plutôt de reliquaire, découvert et exploré par de Rossi ; mais ils ne tardèrent pas à consacrer à cet usage des terrains séparés et placés près des églises. Les églises elles-mêmes, à partir du Xe siècle, furent affectées aux sépultures de personnages ecclésiastiques ou laïques.
Dans le droit ecclésiastique, tout cimerière doit être bénit ; la consécration de l'église à laquelle un cimetière est contigu emporte la consécration de ce cimetière. Parmi les cimetières que nous a laissés le moyen âge, citons le Campo santo de Pise, remarquable par ses peintures : la terre en fut apportée de Palestine par les galères de la république. En France, la loi du 14 nov. 1881 a enlevé malheureusement aux cimetières tout caractère religieux. En obligeant les particuliers à enterrer leurs morts dans des cimetières communs, la loi aurait dû favoriser l'acquisition de sépultures perpétuelles ; mais les concessions de terrains, dans les grandes villes du moins, atteignent des prix exorbitants pour les familles peu aisées, privées ainsi du droit naturel d'avoir une sépulture réservée. Colombaire. — Les colombaires étaient des sortes de caveaux où les Romains déposaient les urnes qui renfermaient les cendres des morts. Ces urnes étaient placées dans (les niches rangées par étages et ressemblant à un colombier. On a essayé, à Paris, de remettre les colombiers en honneur de même que la crémation (v. ce mot).
Catacombes. — Ilya des catacombes à Naples, en Sicile, en Toscane, etc. Mais les plus célèbres sont celles de Rome, où les premiers chrétiens se réfugiaient souvent et où ils enterraient les corps des martyrs. Les principales sont celles de Sainte-Agnès, de Saint-Calixte, de Saint-Marcel, de Saint-Pancrace. Les marques auxquelles on reconnaît les corps des martyrs sont : la croix, la palme, le monogramme du Christ (X P), que l'on trouve gravés sur les pierres tombales; les fioles teintes encore du sang qui les avait remplies. On tire des catacombes des reliques, qui sont envoyées dans toute la chrétienté, après qu'elles ont été reconnues comme telles par l'autorité ecclésiastique. On peut mettre ces reliques dans les pierres d'autel. Il est défendu, sous peine d'excommunication réservée au pape, d'extraire des reliques des catacombes sans permission légitime. Abandonnées au IVe siècle comme lieu de sépulture, les catacombes devinrent des lieux de pèlerinage très fréquentés. Délaissées et même oubliées à la suite de grands troubles, elles ont été découvertes au XIXe siècle et admirablement étudiées par de Rossi et ses disciples (v. Roma sotterranea; Martigny, Dictionnaire des antiquité* chrétiennes).
Ecole. — L'école devrait être inséparable de l'église. Ce sont, en effet, les églises (cathédrales,