LIVRE XI : DE LA VALEUR
abbatiales, monastiques) qui ont fait surgir en France et dans toutes les contrées ravagées par les barbares les premières écoles. Celles-ci devinrent ensuite les Universités, qui se multiplièrent au moyen âge et depuis lors, en répandant si largement l'instruction. Il ne faut pas oublier que de bonne heure les canons des conciles obligèrent les moines et les prêtres à s'instruire et à ouvrir des écoles. Le mouvement intellectuel dont le siècle présent est si fier, n'a pas d'autres origines. De nos jours le gouvernement français a élevé à grands frais de nombreux établissements d'instruction. Malheureusement on affecte, dans l'enseignement qu'on y donne, une neutralité religieuse impossible et absurde, qui n'est souvent qu'une hostilité déguisée. Il est indispensable, au contraire, que l'enseignement à tous les degrés et, à plus forte raison, l'éducation s'inspirent toujours de l'idée chrétienne. — Au point de vue matériel, de bonnes écoles doivent satisfaire à toutes les prescriptions de l'hygiène concernant l'éclairage, le chauffage, l'aération, le mobilier scolaire, etc. Sous ce rapport, de véritables progrès ont été accomplis.
Séminaire. — Dès les premiers siècles, les évêques (on cite surtout S. Augustin) réunirent autour d'eux des disciples et déjeunes clercs, qu'ils s'appliquèrent à former à l'état ecclésiastique. Mais les séminaires proprement dits sont d'institution moderne. Leur fondation fut ordonnée par le concile de Trente, qui traita longuement de leur organisation (Ses.*, xxm, ch. 18). D'après le concile, les séminaires doivent être établis non seulement pour enseigner la science ecclésiastique et former les prêtres à la vie sacerdotale, mais encore pour instruire les jeunes gens dans les lettres humaines et leur apprendre les langues, notamment celle de l'Eglise, sans laquelle on ne peut étudier convenablement la sainte Ecriture, les Pères, la théologie, le droit canon, etc. De là deux sortes de séminaires bien différents : les grands séminaires, pour les études théologiques et même philosophiques ; et les petits séminaires, appelés aussi écoles secondaires ecclésiastiques.
Lycée. — Chez les anciens, le Lycée a désigné l'école d'Aristote. A la veille de la Révolution, le nom de Lycée, puis celui OCAthènèe fut donné à un établissement où La Harpe donna son Cours de littérature. Lorsque Bonaparte créa l'Université de France, le nom de lycée fut donné aux établissements d'instruction secondaire créés et entretenus par l'Etat, à la différence des collèges entretenus par les villes ou créés par des particuliers. Le nom de collège fut substitué à celui de lycée de 1814 à 1848. L'enseignement qu'on y donne aujourd'hui a été modifié notablement, surtout depuis la création (1891) de l'enseignement moderne.
Musée, muséum. — Les Grecs donnaient le nom de Musée aux temples consacrés aux Muses et aussi à tout édifice où l'on s'occupait de lettres, d'arts, de sciences. Athènes, Thespies, Alexandrie surtout, etc. eurent leurs musées. Aujourd'hui on donne ce nom à toute collection considérable d'objets plus ou moins précieux qui intéressent les arts ou même l'industrie. Paris et toutes les grandes villes ont des musées nombreux et parfois très riches de peinture, de sculpture, d'antiquités, etc. Le nom de muséum nous est venu également des Grecs ; il fut donné d'abord à une école fondée à Alexandrie par Ptolémée Soter. Aujourd'hui ce nom désigne particulièrement le Muséum d'histoire naturelle, établissement scientifique de Paris.
Observatoire. — Les observatoires datent des premières observations astronomiques. Or on sait que les Chaldéens, parmi les peuples anciens, étaient fort adonnés à l'étude des astres et même à l'astrologie judiciaire : la fameuse tour de Bélus, à Babylone, leur servait d'observaloire. Les Arabes,
les Chinois et, en général, les Orientaux s'éprirent des mêmes études et y mêlèrent souvent les mêmes superstitions. Aujourd'hui on a créé des observatoires sur les divers points du globe et ils sont munis d'instruments perfectionnés et incomparables, qui manquaient autrefois : télescopes, appareils photographiques, etc. Les deux observatoires les plus célèbres sont ceux de Paris et de Greenwich près de Londres. C'est par le principal observatoire d'un pays qu'on fait passer son premier méridien.
Théâtre. — Les Grecs eurent de bonne heure des théâtres ; mais le premier qui fut construit en pierre fut celui de Bacchus, vers l'an 500 av. J.-C. Il contenait 30,000 spectateurs. D'ordinaire les théâtres étaient adossés à un monticule, sur les pentes duquel les gradins s'étageaient en amphithéâtre. On distinguait : le théâtre proprement dit, où siégeaient les spectateurs ; Vorchestre, qui était entre le théâtre et la scène et où le chœur faisait ses évolutions : on y voyait aussi l'autel de Dionysos, placé devant la scène; enfin, la scène, qui seule était couverte et offrait plus de profondeur que de largeur. Les théâtres romains, plus grands encore que les théâtres grecs, étaient abrités d'ordinaire par un vélum ou velarium ; des places étaient réservées, dans l'orchestre, aux magistrats et aux sénateurs. On peut citer, parmi les théâtres célèbres, ceux de Marcellus, à Rome, d'Arles et d'Orange en France. De nos jours, les théâtres se sont multipliés, mais ils n'ont plus le même caractère (v. art du théâtre, livre V).
Amphithéâtre. — Le théâtre est né en Grèce, mais l'amphithéâtre appartient aux Romains, qui l'avaient trouvé chez les Etrusques. Les premiers amphithéâtres de Rome furent construits par César et Auguste. Le plus célèbre fut le Colisée, construit sous Vespasien et Titus et dont il reste des ruines imposantes : il pouvait contenir 100,000 spectateurs et fut souvent inondé du sang des martyrs. Beaucoup de villes de l'empire eurent aussi leurs amphithéâtres : Arles, Autun, Lyon, Nîmes, Fréjus, Saintes, en Gaule, sans parler des autres contrées. Les amphithéâtres étaient de forme ronde ou ovale ; au milieu était l'arène, entourée du podium, large mur de 4 à 5 mètres, sur lequel était la loge de l'empereur, avec les sièges des vestales, des magistrats, des sénateurs et de celui qui donnait les jeux. Au-dessus du podium s'élevaient les gradins ; au-dessous étaient des voûtes basses, où l'on renfermait, derrière des grilles de fer, des gladiateurs ou des bêtes féroces, destinés au spectacle.
Gymnase. — Les gymnases grecs, du moins les gymnases complets, étaient de vastes établissements où l'on se livrait aux exercices du corps, mais qui étaient aussi le rendez-vous des citoyens, des philosophes, des curieux, de tous ceux qui prenaient part à la vie publique. On y voyait : des portiques, sous lesquels discouraient les penseurs ; la palestre, où l'on se livrait à la lutte; le sphéristère, où l'on jouait avec des balles ou des boules ; des xystes d'été et des xystes d'hiver, pour la promenade; un stade, pour la course: une salle pour les archives et la lecture, etc. Un gymnasiarque présidait aux exercices. On donne aujourd'hui le nom de gymnase, en Allemagne, à des établissements d'instruction secondaire.
Hippodrome, vélodrome. — Chez les Grecs, l'hippodrome était réservé aux courses de chevaux et de chars; il différait du stade, où l'on se livrait à la course à pied et à d'autres exercices du corps. L'hippodrome d'Olympie avait 400 mètres de long ; à l'extrémité était une borne, que les chars des concurrents devaient seulement effleurer en la contournant; il était séparé du stade par d'immenses portiques. Chez les Romains, les courses de chars avaient lieu dans le cirque. On donne aujourd'hui le