‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 396 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

nom d'hippodrome à des champs de course ou à des cirques. Le lieu où se font les courses de vélocipèdes prend le nom de vélodrome. Il comprend une piste, qui entoure un terrain nommé pelouse, où se tiennent ceux qui donnent le signal du départ, mesurent le temps et jugent de l'arrivée.

Palais de justice. — On donne le nom de palais de justice ou absolument de Palais aux lieux où siègent les tribunaux. Les jours de Palais sont les jours d'audience au Palais, ceux où l'on plaide. Les gens de Palais comprennent lesjuges, avocats, avoués, etc. Les formules et termes dont ils se servent dans les actes judiciaires constituent le style du Palais. On a reproché à ce style de n'être plus assez d'accord avec nos mœurs et de manquer parfois aux règles de la convenance (par ex. dans ces expressions : le sieur un tel; ladite personne; icelui, icelle). Le Palais de justice de Paris, qui est le plus célèbre, fut d'abord l'habitation des rois de France. S. Louis fit construire à côté la Sainte- Chapelle.

Tribune. — La tribune est le lieu d'où se font entendre les orateurs politiques, à la Chambre et dans d'autres assemblées. Elle comporte un genre particulier d'éloquence, qu'on distingue de l'éloquence de la chaire et de l'éloquence du barreau.. Chez les Romains, la tribune, élevée au milieu du forum, était ornée de proues de navires (en latin rostra), trophées d'une victoire navale remportée par le consul Mœnius sur les Antiates. Cette tribune était formée par un piédestal en pierre, haut de deux mètres environ, sur lequel pouvaient tenir cinq ou six personnes. Les rostres furent transportés par César à l'extrémité du forum, au pied du mont Capitolin.

Mairie. — On donna d'abord aux mairies le nom de parloirs aux bourgeois. Elles se réduisaient, en effet, ou à peu près, à quelque pièce où s'assemblaient les principaux bourgeois pour traiter des affaires de la commune. Dès le XVL' siècle, ces parloirs prirent le nom d'hôtels de ville. Aujourd'hui nombre de villes ont des hôtels de ville remarquables. Citons : celui de Paris, incendié en 1871, et réédifié depuis; ceux de Lyon, d'Arras ; celui de Toulouse, appelé le Capitale. Outre l'hôtel de ville, il y a, dans les villes considérables, un nombre de mairies proportionné à celui des arrondissements. C'est à la mairie que se trouvent les registres de l'état civil, etc.

Prison. — La loi française distingue, en fait de prisons : les maisons de police municipale ; les maisons d'arrêt; les maisons de justice ; les maisons de détention ou de force, dites maisons centrales. Il faut ajouter : les maisons ilr correction et les maisons ou colonies pénitentiaires pourlesjeunes détenus ; plus les prisons d'Etal, les prisons militaires. Les bagnes ont été supprimés. Les maisons de police municipale prennent, selon les lieux ou la coutume, les noms de dépôt, de salle de police, de violon, de geôle, etc. Chaque commune doit avoir sa prison, qui reçoit les condamnés par les tribunaux de simple police. Dans chaque arrondissement, les maisons d'arrêt reçoivent les inculpés, les prévenus et les condamnés à un an de prison tout au plus. Les maisons centrales reçoivent les condamnés à plus d'un an de prison ou les femmes condamnées aux travaux forcés. Le régime des prisonniers était généralement très dur chez les anciens. De bonne heure, la charité chrétienne se préoccupa d'adoucir leur malheureux sort. On cite le concile de Nicée (325), qui créa des procureurs des pauvres, chargés aussi de visiter les prisonniers et de travailler à leur délivrance.

Cage. — L'emploi des cages pour enfermer les prisonniers fut pratiqué par ies anciens et jusqu'à nos temps modernes. Alexandre fit enfermer, dit-on,

le philosophe Callisthène dans une cage de fer et l'y fit périr cruellement. Bajazet, sultan des Turcs, fut enfermé dans une cage de fer par Tamerlan, son vainqueur, qui le traînait ainsi à sa suite. Louis XI traita de la même manière le cardinal La Balue, sans parler de plusieurs autres.

Etablissement. — Ce nom est donné non seulement au siège decertainesassociations, entreprises ou institutions, mais encore aux institutions ellesmêmes. Un établissement est dit d'utilité publique, lorsqu'il est autorisé par le gouvernement ; cette autorisation d'ailleurs le soumet à une certaine tutelle. On distingue les établissements publics (hôpitaux, écoles publiques, manufactures de l'Etat) et les établissements privés (fabriques, mines, banques, ateliers, agences, etc.). Beaucoup d'établissements industriels peuvent offrir des inconvénients et même des dangers, au point de vue de l'hygiène et de la sécurité publique ; la loi les distingue en trois classes (dangereux, insalubres, incommodes), qu'elle soumet à des prescriptions plus ou moins rigoureuses. Les établissements dangereux (poudreries, fabriques de machines à vapeur) ne doivent pas avoisiner les habitations particulières. Les établissement insalubres (certaines fabriques de produits chimiques) sont relégués hors les villes et dans des lieux où elles ne sont nuisibles à personne. Les établissements incommodes (fabriques de vernis, de savon, de suif, raffineries), ne menacent en rien la santé publique ; ils peuvent être autorisés plus facilement que les précédents.

Messageries. — Avant la création des chemins de fer, il y eut en France, comme dans d'autres pays, des Messageries nationales. L'origine de ces établissements publics remonte aux Universités du moyen âge, qui organisèrent pour leurs étudiants les premiers services réguliers. Elles obtinrent des privilèges à cet effet, dès 1297. La Cour des comptes et les Parlements eurent aussi des messagers particuliers. L'Etat s'empara de ce service vers la fin du XVIe siècle (v. postes).

Atelier. — C'est le lieu où travaillent des ouvriers ou des ouvrières tels que menuisiers, tailleurs ou tailleuses, cordonniers, modistes, etc. On appelle chantier le lieu où travaillent les ouvriers occupés aux travaux de construction : charpentiers et constructeurs de navire, scieurs de long, tailleurs de pierre. On appela ateliers nationaux, en 1848, des établissements ouverts aux ouvriers sans travail ; leur mauvaise organisation et l'aflluence des gens sans ressources préparèrent la guerre civile. Mais les ateliers nationaux, trop discrédités peut-être, avaient été précédés par les ateliers publics (1810, 1817, 1830) et par les ateliers de charité, qui remontaient au XVIe siècle.

Manufacture. — Dans les temps anciens et au moyen âge, les travailleurs étaient généralement dispersés ou formaient des groupes peu considérables. Il ne faut pas oublier cependant qu'en Flandre et ailleurs il y eut des fabriques de drap très importantes. Mais l'apparition de nombreuses manufactures et de villes manufacturières très peuplées, date de l'invention des machines et des progrès accomplis dans toutes les branches de l'industrie dans ces derniers siècles. Les manufactures anglaises furent les premières à se développer. Les grandes manufactures françaises furent fondées ou subventionnées par l'Etat, sous l'administration de Colbert, etc. Les manufactures de Sèvres, les Gobelins sont encore manufactures de l'Etat, sans parler des manufactures de tabac, des chantiers annexés aux arsenaux, etc.

Ouvroir. — Depuis longtemps les couvents de femmes avaient des salles communes pour les travaux de couture ou de broderie. Plusieurs communautés établirent des ouvroirs publics pour les ouvrières sans travail. Cet usage a été adopté de

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