‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 398 sur 686 · Chapitre III · texte numérisé non relu

Chapitre III

Des constructions et autres travaux.

Constructions. Matériaux. — Il ne suffit pas de considérer d'une manière générale les villes, les monuments, les palais, œuvres achevées et souvent admirables ; mais il faut remarquer encore les ouvrages d'architecture qui les commencent, les complètent ou en dépendent, et observer les détails de leur construction. Les habitations, même les plus modestes, n'ont été élevées qu'au prix de mille efforts. Chaque pierre, avant d'occuper la place qui lui convient, a dû être choisie, transportée, placée, peut-être polie et façonnée. L'architecture relève donc essentiellement de la construction ; l'architecte est impuissant sans le concours de nombreux travailleurs. Qu'il y a loin de cet idéal qu'il contemple silencieusement en lui-même, ou même du dessin, pourtant si minutieux et si exact, qu'il jette sur le papier, à ce monument achevé, qui s'élèvera de terre et dans lequel la foule bruyante et curieuse portera ses pas! Il est peu d'arts, qui exigent comme celui-ci, dans l'exécution, le concours de tant de volontés et de tant de bras. L'architecte ne peut rien sans le constructeur. Celui-ci, à son tour, n'entreprend que ce qui lui est permis par la nature des matériaux qu'il emploie. Aussi, faire l'histoire des matériaux employés, c'est déjà faire l'histoire de l'architecture. La tour de Babel fut construite en briques. L'Egypte se servit de ses granits pour élever des obélisques et construire des labyrinthes. Le temple de Salomon était bâti de pierre et de cèdre ; il étincelait de lames d'or. Les Grecs prodiguèrent les marbres précieux et les colonnes richement sculptées ; ils ont créé plusieurs ordres d'architecture. Les Romains les imitèrent et trouvèrent un ciment indestructible. Des peuples antérieurs, les Pélasges, avaient entassé des blocs informes, qui n'offraient pas d'autre résistance que celle de leur pesanteur et de l'équilibre.

Parmi les matériaux susceptibles d'être employés, la pierre et le marbre conviennent à la beauté autant qu'à la solidité de l'édifice ; le bois est léger, résistant, d'un usage facile, mais il est exposé aux ravages du temps et surtout à ceux de l'incendie ; la brique est solide, mais uniforme et vulgaire. Et puis les matériaux doivent être choisis suivant le genre de construction qu'on se propose et la partie dont on s'occupe. Un abri improvisé sera fait de poutres et de planches : il n'en sera pas de même d'une demeure fixe ; une façade sera formée de pierres choisies, taillées et disposées symétriquement ; dans les fondations on jettera des quartiers de roche ou bien l'on coulera des blocs de ciment ; la colonne sera de marbre ; la pierre du chapiteau ne sera pas trop rebelle au ciseau ; la voûte sera de pierres, de briques ; enfin la charpente sera de bois, peut-être de fer ; elle supportera la toiture, qui elle-même sera de briques, d'ardoises ou de plomb. Une dernière remarque au sujet des matériaux. La nature a si bien proportionne leur poids à leur résistance, qu'il est possible d'élever des monuments grandioses, mais non de tout à fait démesurés ; il est impossible de franchir certaines limites. Le cèdre ne peut s'élever autant que la montagne, ni l'éléphant comme une pyramide ; car le cèdre, en se balançant au moindre souffle de vent, serait brisé

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