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PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

Parmi les qualités on distingue : l'habitude et la disposition, la puissance ou i'aculU'', vertu, force, etc., les qualités passives, et aussi la forme et la figure en tant qu'elles découlent de la nature. — On distingue encore les qualités premières et les qualités secondes. Anciennement, les qualités premières étaient celles qu'on attribuait aux quatre éléments : la chaleur, le froid, etc. ; les autres qualités résultaient de celles-ci. Aujourd'hui on regarde comme qualités premières des corps celles qui tiennent à la quantité et sont perçues à la fois par la vue et le tact ; les qualités secondes sont fondées sur les autres : ainsi la couleur est fondée sur la quantité ou extension.

Force. Puissance. Faculté. Energie. — Dans la philosophie moderne, on entend souvent par force une substance active ; mais, à proprement parler, la force n'est que la qualité de cette substance. La force est physique ou morale. A celle-ci se rattache la vertu morale de force et, en général, la force d'âme (v. vertus). La force physique est le principe du mouvement (v. ce mot) et l'objet de la mécanique. On distingue alors les forces de pression, de tension, instantanées, continues, etc. En physique, on suppose les forces de cohésion, d'affinité, d'attraction, etc. On appelle, en psychologie, force motrice la faculté qu'a l'homme et, en général, tout être animé, de mouvoir son corps par le moyen des nerfs et des muscles. Biran a fondé en quelque sorte toute sa philosophie sur l'observation de cette faculté et de ses effets ou de son exercice, qui est Yeffort.

A la force se rattachent les puissances, les facultés, l'énergie. La puissance, prise au sens de qualité et opposée à l'opération ou à la passion, est active ou passive. On réserve d'ordinaire le nom de facilités aux puissances supérieures de l'homme, celles dont il dispose plus ou moins librement (v. âme, intelligence, etc.). L'énergie marque un certain degré de force. Mais ce mot a un emploi particulier en thermodynamique, où l'on distingue l'énergie actuelle et l'énergie potentielle (v. mouvement).

Quantité. — La quantité est l'accident corporel qui consiste dans l'extension ou la divisibilité. Il découle de la matière comme la qualité découle de la forme substantielle. Plusieurs (Descartes) ont voulu ramener l'essence des corps à la quantité ; mais nous avons déjà écarté cette opinion en parlant des accidents en général. La substance ou l'essence des corps est bien plus profonde; elle ne tombe pas par elle-même sous la division mathématique ; elle peut se réaliser sous les dimensions les plus diverses (par exemple dans l'embryon et dans l'animal adulte). L'essence d'un corps doit être regardée comme ce qui, dans ce corps, est le principe premier intrinsèque de toutes ses opérations et de tout son développement, la raison de son identité sous les accidents les plus divers et à travers toutes les phases ; or la quantité ne réalise aucunement ces conditions.

Disons même que la quantité qui tombe sous nos mesures et par laquelle les corps se comparent entre eux dans un commun espace, en suppose une plus intime, en vertu de laquelle les corps se mesurent pour ainsi dire avec eux-mêmes, c'est-à-dire gardent leurs justes proportions. Les parties d'un corps, en effet, doivent garder entre elles leurs relations essentielles et leur juste mesure avant de se comparer aux corps étrangers. Bref, on conçoit une quantité interne\>d.v delà la quantité externe, et la première seule paraît découler nécessairement de l'essence des corps. Il est donc vrai que la petitesse et la grandeur mathématiques sont choses toutes relatives, selon l'observation de Platon et d'Aristote ; dès qu'il s'agit d'esprit ou même d'essence des corps, les dimensions mathématiques doivent être

comptées pour peu de chose, quelque imposantes qu'elles soient d'ailleurs. D'où l'on voit que l'idéalisme, tout en étant un système faux, ne manque pas d'excuse. '

Continu, discontinu. — La quantité est continua ou discontinue. Les parties du continu ne sont pas séparées, mais l'extrémité de l'une est le commencement de l'autre : ainsi le temps, le mouvement. Les parties du discontinu, au contraire, sont discrètes et forment un nombre. On distingue le continu permanent et le continu successif. Le premier est celui dont toutes les parties sont données à la fois : par exemple une ligne, l'espace. Le second est celui dont les parties sont données successivement : ainsi le temps, le mouvement. Nous devons reconnaître ici qu'il y a une certaine continuité dans la nature, au moins dans l'atome ; car des points simples ne peuvent constituer l'espace et les corps, que nous percevons cependant certainement. Cette vérité résulte de la réfutation du dynamisme (v. ce mot), qui essaie de constituer l'espace et les corps par des forces ou des centres de force. Mais alors se présente la question de la divisibilité de la matière. Il y a des difficultés égales à prononcer que la matière est divisible à l'infini ou qu'elle ne l'est pas. On résout cette prétendue antinomie en disant que la quantité abstraite ou dans l'ordre mathématique est seule divisible à l'infini ; le corps lui-même qui est le sujet de cette quantité n'est divisible que jusqu'à une certaine limite. Cette limite est l'atome, selon les chimistes, ou, si l'on préfère, cette petite portion de matière sans laquelle la nature du corps serait irréalisable. Le continu réel résulte donc d'éléments indivisibles réellement, mais on ne saurait néanmoins les qualifier de simples, car ils sont composés de matière et de forme. Maintenant, dans l'atome lui-même, les parties sont-elles distinctes et en quel nombre, fini ou infini? Rien n'empêche de dire que les parties virtuellement distinctes sont infinies en nombre ou plutôt indéfinies; mais on ne peut dire qu'elles sont actuellement (actu) en nombre infini. On peut supposer telles parties que l'on voudra (les sommets de la figure géométrique de l'atome par exemple) distinctes entre elles actu, mais unies entre elles par des parties continues. D'autres préféreront dire que toutes les parties de l'atome ne sont que virtuellement distinctes. Mais on ne voit pas alors qu'un atome dont toutes les parties ne sont que virtuellement distinctes entre elles puisse occuper et déterminer un lieu ou un espace : le lieu ou l'espace serait virtuel. Quoi qu'il en soit, admis le continu dans la nature, rien n'empêche de l'étendre des atomes à tous les corps, du moins à l'éther. Cette continuité universelle, compatible d'ailleurs avec toutes les distinctions que l'on voudra, explique mieux les actions des corps, actions si subtiles et si intimes, qui s'exercent si rapidement et à des distances souvent incalculables par la lumière, la chaleur, l'électricité, etc. (V. Farges, Vidée de continu dans l'espace et le temps.)

Continuité (Loi ou principe de). — On désigne ainsi ce principe : La nature ne fait pas de saut, ou : // n'y a pas d'hiatus dans la nature. On peut entendre par là que la nature procède souvent par transitions insensibles. Mais il ne serait pas permis d'affirmer que les essences et les espèces ne diffèrent entre elles que par une série indéfinie de progrès et une accumulation d'accidents (v. espèce).

Relation. — Aux accidents absolus s'ajoutent les relations, dont plusieurs sont réelles. La catégorie de la relation dont il s'agit ici, n'est pas un rapport quelconque, par exemple le rapport de l'être avec l'intelligence qui constitue la vérité, ni le rapport de l'être avec la volonté qui constitue le bien. Nous laissons maintenant de côté la relation iranscen-

danta pour ne nous occuper que de la relation catégorique : elle est ce par quoi un sujet se rapporte à un terme. Telles sont par exemple Vègalitè, qui est fondée sur la quantité; la similitude, qui est fondée sur la qualité ; la paternité, qui est fondée sur la génération ; la causalité, qui est fondée sur quelque autre action. La quantité, la qualité, l'action causent donc de quelque manière la relation qui s'ajoute à elles; les autres catégories, le lieu, le temps, la situation, etc., suivent plutôt la relation qu'elles ne la causent.

Si nous analysons la relation, nous voyons qu'elle implique trois éléments essentiels : 1° un sujet, c'est-à-dire ce qui se rapporte à une autre chose, ce qui possède et ce à quoi on attribue la relation : ainsi le père, dans lequel est la paternité ; — 2° un terme, c'est-à-dire ce à quoi se rapporte le sujet : ainsi le fils par rapport au père ; — 3" un fondement de relation, c'est-à-dire une raison, une cause qui fait que le sujet se rapporte à son terme : ainsi la génération, qui est le lien du père et du fils, la cause de la paternité et de la filiation. Le sujet et le terme de la relation pris ensemble sont dits les deux termes de la relation ; ils sont corrélatifs, si la relation est mutuelle. S'il n'y a pas mutualité, comme cela arrive entre Dieu et la créature, les deux termes ne sont plus corrélatifs, mais l'un est dit relatif et l'autre absolu.

Parmi les espèces de relations on remarque surtout la relation réelle et la relation logique. La première est donnée indépendamment de l'opération de l'esprit : elle a lieu par conséquent entre deux termes réellement distincts et son fondement n'est pas moins réel que ses termes, si bien que l'esprit ne fait que la découvrir, sans la créer d'aucune manière. Telles sont toutes les relations des causes avec leurs effets. La seconde, au contraire, résulte d'une opération de l'esprit, qui crée des termes logiques ou dédouble un terme réel : c'est par exemple la relation du genre avec l'espèce', c'està-dire des universaux de ce nom, ou la relation d'un être réel avec un être de raison, la relation de l'être avec le néant, du présent au futur, d'une chose avec elle-même.

Voici maintenant les principales propriétés des relations : 1° Elles n'ont pas de contraire. C'està-dire qu'elles ne s'excluent pas dans le même sujet. Par exemple Ulysse peut être le fils deLaerte et le père de Télémaque — 2° Elles n'existent pas plus ou moins, elles sont incapables d'augmenter ou de diminuer par elles-mêmes. — 3° On peut les les retourner et dire par exemple : le père du fils, et le fils du pere, le chef-d'œuvre de cet artiste, et l'artiste de ce chef-d'œuvre. — 4° Dans les relations mutuelles, les corrélatifs sont donnés simultanément et jamais séparément : par exemple il n'y a pas de père sans fils, ni de fils sans père — 5° Les corrélatifs sont connus simultanément, ils se manifestent et se définissent l'un l'autre. Cela est vrai aussi des contraires.

Abolu (absolutus, délié, libre, complet, parfait)

— C'est ce qui ne suppose pas autre chose, ce qui ne se rapporte pas à autre chose. A l'absolu est opposé le relatif (y. relation). 11 n'y a qu'un absolu sans restriction : c'est Dieu, à qui tout se rapporte, sans que lui-même soit subordonné à rien. L'être est absolu, si on lui compare les différents modes. La substance et l'esseKce sont absolues, si on leur compare les accidents qui s'y ajoutent. La qualité et la quantité sont absolues, si on leur compare les autres accidents, qui affectent la substance d'une manière relative. L'universel est absolu si on lui compare le particulier. Absolu, absolu meut offrent encore plusieurs sens distincts, ils peuvent signifier : sans exception, sans restriction, sans condition, sans comparaison, indépendamment, etc.

— Il est évident que le relatif suppose l'absolu.

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