LIVRE II : DE LETKE
On ne peut nier celui-ci sans affirmer par là même qu'on en a quelque connaissance.
Analogue, analogie. — L'analogie est un rapport qui n'implique pas similitude, ni encore moins égalité, mais qui permet cependant de raisonner par comparaison. 11 y a, par exemple, analogie entre l'animal et la plante, entre l'aile de l'oiseau et la nageoire du poisson, etc. Il y a des analogies plus hautes entre la connaissance sensible et la connaissance intellectuelle, entre la nature et l'esprit, entre l'esprit et Dieu. Toutes les sciences, pour ainsi dire, s'appliquent à découvrir les analogies et les rapports des choses, de même que les arts s'étudient à les exprimer. En logique, l'induction est toute fondée sur les analogies qui permettent de remonter des effets aux causes, des phénomènes aux lois.
En logique encore et en métaphysique, de même qu en grammaire, il faut distinguer avec soin ce qui est analogue de ce qui est équivoque et de ce qui est univoque. Un nom univoque s'applique dans le même sens à plusieurs : tel est le nom d'homme. Un nom équivoque s'applique dans divers sens à plusieurs objets, qui peuvent ainsi n'avoir rien de commun entre eux : ainsi le nom de Pierre, attribué à tel homme et à tel minéral. Mais on distingue l'équivoque de pur hasard (ce casu) de l'équivoque intentionnelle voulue (a con— si/io). Celle-ci renferme quelque analogie et elle s'étend à toutes les métaphores, à toutes les comparaisons, sans lesquelles il n'y a pas de style ni de pensée. Ainsi, dans l'exemple cité, saint Pierre a été ainsi nommé par rapport à la pierre fondamentale de l'Eglise.
Opposition — C'est la relation entre deux choses ou deux termes dont l'un exclut l'autre. On distingue l'opposition de contradiction et celle de contrariété (v. ces mots ci-après). La première seule n'admet pas de milieu entre les deux termes.
— Axiomes : Les opposés tombent sous la même science, c'est-à-dire que l'on connaît l'un par l'autre, l'un avec l'autre. — Tout est double et toujours une chose est opposée à une autre. Le contraste, en effet, de même que l'analogie est partout : au jour est opposée la nuit ; au bien, le mal, etc.
Contraire. — Se dit de choses opposées et, en particulier, de propositions qui s'excluent comme différant de qualité, c'est-à-dire dont l'une est affirmative et l'autre négative. Exemple : Tous les hommes sont justes. — Tous les hommes sont injustes. On appelle subcontraires des propositions contraires et particulières. Ex. : Quelques hommes sont justes — Quelques hommes ne sont pas justes.
— Axiomes : Les contraires s'éclairent, se définissent mutuellement (Contrariorum eadem est disciplina, scientia, ratio — Contraria juxta se posita magis elucescunt). Par exemple on connaît le faux par le vrai, le bien par le mal. — Les contraires sont guéris par les contraires (Contiaria contrariis curantur). Cet axiome médical a sa contrepartie dans cet autre : Les semblables sont guéris par les semblables (Similia similibus curantur). Les deux axiomes sont vrais et trouvent leur application dans des circonstances données. — Tout est fait de contraires (Ex contrariis oinnia fiunt), c'est-à-dire que le contraste, l'opposition est partout. Dans les êtres nous trouvons la puissance et l'acte, l'essence et l'existence, la substance et l'accident, la matière et la forme, le bien et le mal, etc. Omnia duplicia, dit l'Ecriture, et unum contra unum. Mais Hegel abuse singulièrement de cette vérité en essayant de justifier sa philosophie de l'identité, avec ce principe : L'être c'est le néant.
Contradiction. — C'est l'opposition qui existe entre deux propositions différentes à la fois de qua-