PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPÉDIQUE
aussi bois de construction, les plus employés sont : le sapin, le mélèze, le pin, le chêne, le châtaignier, le hêtre, l'orme, le platane, le peuplier, l'aune, l'acacia. Les Romains se montrèrent très habiles dans l'art de la charpente : ils construisirent en bois des amphithéâtres qui pouvaient contenir jusqu'à 50.000 spectateurs. Mais cet art fut porté à sa perfection au moyen âge. On cite comme des chefsd'œuvre la charpente de la cathédrale de Chartres et celle de Notre-Dame de Paris. Aujourd'hui la charpente en fer est substituée de plus en plus à la charpente de bois, soit dans les édifices, soit pour les constructions navales.
Echafaudage. — L'échafaud est une construction temporaire en forme de plancher ou de plateforme, pour mettre plus en vue quelques personnes ou élever des ouvriers à une certaine hauteur. Les échafaudages sont des assemblages d'échafauds nécessaires pour travailler à un bâtiment. On distingue : les échafaudages ordinaires, formés de longues perches verticales, dites èçhasses, et de traverses liées ensemble; les échafaudages volant*, qu'on suspend à l'aide de cordes ; les échafaudages roulants ou mobiles, qui portent sur des chariots.
Appartement. — Chez les Grecs, la maison comprenait deux ou trois appartements : l'un sur le devant, pour les hommes; l'autre, le gynécée, réservé aux femmes; parfois un appartement pour les étrangers. Chez les Romains, les appartements, communs aux hommes et aux femmes, étaient généralement composés de pièces petites, mais bien distribuées. A la Renaissance, les nobles Italiens élevèrent des palais qui servirent de modèles aux palais et aux hôtels du reste de l'Europe. Mais, à partir du XVIIIe siècle, la nécessité de trouver sur un petit emplacement un grand nombre d'appartements, a déterminé le genre de construction qui a prévalu dans nos grandes villes, en particulier à Paris, et qui réunit beaucoup de confortable à beaucoup d'élégance. L'habitation moderne pourrait être parfaite, pour ainsi dire, si elle avoisinait toujours la campagne; ce qui ajouterait aux avantages qu'elle possède déjà ceux d'une grande économie et d'une parfaite salubrité.
Porte. — La forme des portes a varié avec le style : elle est carrée, ou cintrée, ou ogivale, etc. Les portes des villes étaient fortifiées jadis; elles sont parfois de véritables monuments. Les portes des églises, palais et autres édifices sont souvent ornées de colonnes, frontons, statues, sculptures, etc. Certains portails, en particulier ceux de nos églises gothiques, sont d'une grande beauté. Certaines portes en bronze, en bois sculpté, sont des chefsd'œuvre. Quant aux portes des maisons particulières et à celles de l'intérieur des appartements, elles ont rarement un caractère architectural. Les portes et fenêtres donnant sur rues, cours et jardins des bâtiments sont frappées d'un impôt particulier, qui est des plus difficiles à justifier.
Fenêtre. — La forme des fenêtres a varié avec le style. Dans le style roman, les fenêtres sont en arcade ou en rose, avec meneaux de pierre ; dans le style gothique, elles ont la forme de l'ogive ; vers la fin du XIVe siècle, paraissent les fenêtres en accolade, imitées du style mauresque; dans les siècles suivants, les fenêtres sont rectangulaires, avec angles supérieurs arrondis ou à meneaux de pierre : on multiplie les corniches, les frontons, les consoles et autres ornements. Les fenêtres sont dites en embrasure, lorsque l'ouverture vas'élargissant en dehors ; la partie évasée du mur intérieur est dite èbrasement.
Travaux. — On donne spécialement le nom de travaux à l'ensemble des opérations par lesquelles on procède à diverses constructions : fouilles, terrassements, chaussées. Les travaux publics sont ceux qui intéressent la généralité des habitants
d'un pays : routes, chemins de fer, cours d'eau navigables, ports de commerce, phares, monuments publics, dessèchements de marais, mines. On appelle mardi es de travaux publics les traités passés avec l'administration pour l'exécution de ces travaux. Le ministère des travaux publics a existé tantôt séparément, et tantôt comme une dépendance de celui de l'intérieur, ou du commerce, ou de l'agriculture.
Puits. — Les puits suppléent aux fontaines et aux eaux de source, dans beaucoup de pays, où ils sont bien souvent une des conditions essentielles de la vie. De là l'importance qu'ils ont eue de tout temps dans l'Orient, en Palestine, en Arabie, dans les déserts d'Afrique. Le puits le plus célèbre dans l'histoire religieuse est celui de Jacob, près de Samarie, au bord duquel Jésus rencontra la Samaritaine. Parmi les puits les plus remarquables, citons le puits de Joseph, au Caire, construit par un prince arabe du nom de Yousovf : il est taillé dans le roc ; sa profondeur est de 93 mètres ; sa circonférence, de 13; on y descend par un escalier de 300 marches. Le puits de Bicùtre, près Paris, achevé en 1735, a 55 mètres de profondeur et 5 mètres de diamètre. Ceux qui font creuser des puits doivent observer certains règlements {Code civil, art 674). L'eau de puits, dans les villes, est souvent corrompue; dans les campagnes, il faut veiller à écarter des puits tout voisinage et tout contact qui pourrait les infecter. Les puits artésiens, qu'on perce souvent à de très grandes profondeurs, sont d'une grande utilité en certains cas. Connus des anciens, ils n'ont pris de l'importance et n'ont été forés méthodiquement qu'au XIXe siècle. Le puits de Grenelle, foré de 1834 à 1841, a 647 mètres; celui de Passy en a 570; celui de Mondorf, dans le Luxembourg, 730. Les poissons amenés par les eaux artésiennes sont tous des poissons d'eau douce.
Digue. — Toute construction en pierre, en fascines, en terre, en bois, qu'on élève contre les eaux pour les arrêter ou les contenir, prend le nom de digue. On distingue : les digues de défense, élevées contre les inondations de la mer (digues des polders de Hollande) ou des cours d'eau; les digues en mer ou jetées, destinées à créer des rades abritées, à empêcher l'ensablement des ports; les digues-barrages, qui permettent d'élever les eaux d'un cours d'eau pour le rendre navigable, pour alimenter des canaux d'irrigation, etc. On emploie avec avantage, à l'entrée des ports, de longues digues à jour en charpente (estacades), où les lames se brisent avant d'entrer dans le port.
Canal. — Au moyen des canaux on peut dessécher les terres marécageuses, arroser celles qui sont arides, rendre plus navigables les fleuves, les mettre en communication entre eux, unir deux mers plus ou moins éloignées l'une de l'autre, etc. Les Egyptiens et les Assyriens ont excellé dans la construction et l'aménagement de canaux d'irrigation. Les Chinois emploient les canaux également pour l'irrigation de leurs plaines et la navigation : le Canal impérial, qui traverse la Chine du No d au Midi, unissant les fleuves qu'il rencontre, mesure 1200 kilomètres. De nos jours la France, l'Italie septentrionale, la Hollande surtout, la Belgique, l'Angleterre, les Etats-Unis sont sillonnés par une foule de canaux. Le Canal du Midi, construit sous Louis XIV, unit la Méditerranée à l'Atlantique. Si le transport par canaux est lent, il est du moins et de beaucoup le plus économique.
Ecluse. — Les écluses servent à retenir ou à lâcher les eaux à volonté. On les emploie de la manière la plus ingénieuse et la plus utile pour joindre les parties d'un canal dont les niveaux sont différents. On peut ainsi, au moyen d'une série d'écluses, faire franchir à un canal des élévations