Chapitre IV
Des moyens de transport.
Char. Moyens de transport. — Entre les immeubles et les meubles, prend place toute une classe de valeurs, très distincte et très variée. Elle comprend les moyens de transport de toute nature : sur terre, sur eau, disons même par air, depuis le canot d'écorce jusqu'au paquebot de cent quarante mètres de long, véritable ville flottante ; depuis le moindre véhicule, comme le vélocipède, l'un des plus récents, jusqu'au train de chemin de fer, bondé de marchandises. L'homme a donc inventé mille moyens de transport ; mais il était réservé à notre temps de les rendre plus puissants et plus rapides. Une tonne de blé vient de l'Inde à Londres pour quelque pièce d'or ; en une semaine, un voyageur peut passer d'Europe en Amérique et, en cinq ou six semaines, faire le tour du globe. La facilité de transport s'est accrue à mesure que les découvertes géographiques se multipliaient et que les hommes sentaient le besoin d'étendre leurs relations. Un esprit superficiel ne verra dans ces faits que le résultat naturel du progrès des connaissances; mais il est aisé d'y découvrir les desseins de la Providence, qui facilite la propagation de l'Evangile et ramène l'humanité tout entière vers l'unité première, brisée parla confusion des langues et par des guerres fratricides.
Parmi les moyens de transport les plus simples et les plus indispensables, est le char, avec toutes les formes qu'il a reçues depuis l'origine, sans bien changer au fond. Les chars proprement dits dont se servaient les anciens dans les jeux et dans les combats, étaient à deux roues et fermés par devant. Les chars de triomphe étaient circulaires et fermés tout autour. Les quadriges étaient des chars attelés à quatre chevaux de front.
Voiture. — Les anciens avaient déjà diverses espèces de voitures (plaustrtim, rheda, carruca, curpentum) ; elles se sont multipliées dans le dernier siècle, surtout depuis la construction des voies ferrées et l'invention de nouveaux modes de locomotion. Au point de vue de leur destination, on distingue : les voitures servant au transport de tardeaux ou de matières plus ou moins lourdes {chariot, charrette, tombereau, fourgon, etc.); celles qui sont destinées au transport des personnes (carrosse, berline, landau, diligence, omnibus, fiacre, etc). Ces dernières, comme les précédentes d'ailleurs, peuvent être à deux ou à quatre roues. Ajoutons encore les cycles et les automobiles récemment inventés, dont les formes et les applications sont déjà nombreuses.
Omnibus. — Un essai de service de voitures en commun fut tenté à Paris dès 1672 : l'idée en
était due à Pascal ; mais, après quelques années de succès, l'entreprise fut abandonnée. Elle fut reprise, en 1828, et n'a cessé depuis lors de se développer. A Paris et dans beaucoup de villes, existent des Compagnies d'omnibus, qui ont obtenu des monopoles.
Tramway. — Les tramways ou chemins de fer américains, se distinguent des voies ferrées ordinaires en ce que les rails ne sont pas saillants et laissent par conséquent la voie à ses usages ordinaires ; ce qui permet de les multiplier dans les villes et les banlieues. On donne aussi le nom de tramway (par abrév. tram) aux voitures qui circulent sur ces voies ferrées. On a calculé que l'emploi du rail diminue la résistance des deux tiers et économise ainsi une grande force de traction. Les tramways à traction de chevaux sont remplacés de plus en plus par les tramways à vapeur, à air compriment surtout par les tramways électriques. Ceuxci sont de deux sortes : les uns portent avec eux des accumulateurs ; les autres reçoivent le courant électrique par un câble.
Funiculaire. — Dans le tramway funiculaire, employé surtout pour gravir et descendre de fortes pentes (par ex. à Lyon-Fourvière et Lyon-Croix- Rousse, Paris-Belleville), la force motrice est donnée par une machine fixe, qui la transmet aux voitures par le moyen d'un câble. Les funiculaires (vulgairement appelés //celles en France) sont très répandus en Amérique.
Coche. — On appelait ainsi autrefois de grands carrosses publics de voyage, qui ont été remplacés par les diligences. Les coches dataient du XVIe siècle ; on y attelait 4 et même 6 chevaux; d'ordinaire ils n'étaient pas suspendus, ce qui les rendait fort incommodes, et roulaient fort lentement. On appela aussi coche ou coche d'eau, un grand bateau ponté qui servait à transporter les voyageurs et les marchandises sur les fleuves et les rivières.
Vélocipède. — Les premiers essais de vélocipède datent de 1790. Mais ce ne fut qu'en 1855 que Michaux eut l'idée d'ajouter des pédales à la roue d'avant des vélocipèdes de ce temps. L'invention mit longtemps encore à se perfectionner. En 1875, les hauts bicycles en fer, venus d'Angleterre, firent leur apparition ; les constructeurs inventèrent successivement la multiplication, les roulements à billes, la chaîne, le bandage pneumatique, etc. En 1890 on eut enfin la bicyclette légère, rapide, qui dès lors a eu tant de succès. La multipjlication est l'ensemble des pièces qui fait que, à chaque tour complet des pédales, la roue motrice effectue un certain nombre de tours. Les billes sont de petites boules d'acier trempé qui servent à diminuer la résistance due au frottement. Les pneumatiques (ou vulgairement pneus) sont des bandages en caoutchouc qui amortissent la trépidation et facilitent le roulement.
Litière. — Les Romains se servaient de litières pour voyager, et elles sont encore en usage dans l'Orient, dans l'Inde, en Chine, etc. sous le nom de palanquin. Les litières étaient de plusieurs sortes : les unes étaient découvertes et les autres fermées ; tantôt elles étaient portées à bras d'hommes et tantôt par deux bêtes de somme, l'une en avant et l'autre en arrière. On donnait le nom de busternes aux litières fermées qui servaient aux dames romaines.
Harnais. — Parmi les appareils ou pièces dont se compose le harnais, il en est qui servent à gouverner le cheval : ainsi la bride, le mors. D'autres facilitent le transport à dos : ainsi la selle, avec les sangles et les étriers ; le bât, pour l'âne. D'autres servent à la traction : ainsi en général le harnachement, qui comprend le collier, qu'on remplace quelquefois par la bricole, les traits, l'avaloire, la croupière.