‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 409 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

masques scéniques représentaient des types invariables, tragiques ou comiques.

Habit. — L'habit proprement dit remonte au règne de Louis XIV, mais pas au delà. D'abord les basques furent assez amples pour faire le tour du corps, comme dans la redingote; puis on les retroussa et elles prirent la forme étriquée d'aujourd'hui. Le collet était droit, puis on le rabattit à la fin du XVIIIe siècle; les parements, d'abord amples et détachés de la manche, furent diminués, appliqués à la manche et finirent par disparaître. Les habits étaient de drap, ou de soie, de velours, de bouracan, etc. Ils étaient de diverses couleurs et portaient souvent, jusqu'à la Révolution, des broderies d'or, d'argent, etc.. Dans les cours, on porte encore Y habit à la française, brodé et à collet droit. Des élégants ont essayé de remettre à la mode l'ancien costume français ; mais leurs bals costumés et luxueux n'ont excité que la curiosité.

Costume. — La connaissance des costumes portés en divers temps chez [les différents peuples rentre dans l'histoire des arts et éclaire beaucoup aussi l'histoire générale (v. plus haut, vêtement). Aujourd'hui les costumes pittoresques propres à certaines régions ont disparu ou sont en voie de disparaître. Par contre, au théâtre, on s'est appliqué à rétablir la vérité des costumes : on les accorde avec les temps et le caractère des personnages. Certains costumes sont la propriété de certaines professions ou dignités : le Code pénal (art. 259) punit d'un emprisonnement, qui peut aller à deux ans, le port d'un costume auquel on n'a pas droit.

Uniforme. — L'uniforme militaire comprend, avec l'habillement proprement dit, la coiffure, l'équipement, les distinctions de grade, l'armement, etc. Des peines plus ou moins graves frappent ceux qui ont perdu, vendu ou détérioré leur uniforme. Celui-ci varie beaucoup selon les différentes armes et dans les divers Etats. Nos armées n'ont guère porté de véritables uniformes avant le règne de Louis XIV.

Deuil. — Pour manifester une grande douleur, telle que la perte d'un parent, les Egyptiens et les Israélites déchiraient leurs vêtements, se couvraient la tête de cendres ; chez les Grecs, les hommes laissaient croître leurs cheveux et les femmes, au contraire, se rasaient leur chevelure ; chez les Romains, on se vêtait de noir, on s'abstenait des fêtes et des jeux, on portait la barbe inculte ; le deuil durait dix mois. Au moyen âge, les personnes en deuil portaient le chaperon sans fourrure et rabattu sur le dos. Le noir a prévalu en Europe comme couleur de deuil ; mais, avant la mort de Charles VIII, le deuil de cour était violet pour le roi, et blanc pour la reine, etc. Le deuil est bleu ou violet en Turquie; jaune, en Egypte; blanc, en Chine et au Japon. La durée du deuil est variable : il est ordinairement d'un an et six semaines pour la perte d'un mari; de six mois, pour la perte d'un père ou d'une mère, d'une épouse ; de deux mois pour la perte d'un frère ou d'une sœur.

Manteau. — Le manteau s'est porté beaucoup autrefois, soit dans les pays froids, soit dans les pays chauds ; il est encore d'un usage commun en Espagne. Déjà chez les Grecs et chez les Romains, qui l'adoptèrent vers l'époque des Antonins, le manteau prenait diverses formes : il était long {péplum, pallium) ou court (chlamyde, sagum, chîœna). Une sorte de grand manteau servit longtemps à distinguer les philosophes. On distingue aujourd'hui les manteaux de cour, de cérémonie, etc.

Châle. — On ne porte guère aujourd'hui que les châles noirs de deuil. Mais le châle fut fort à la mode jusque dans la seconde moitié du XIXe siècle. En Orient, on s'en sert toujours comme de manteau ou de turban, de ceinture, voire même de tapis. On fait des châles de toutes sortes d'étoffes

et de toutes les façons; les plus beaux, parmi lesquels les cachemires, atteignent de très grands prix.

Pourpoint. — Il a été porté surtout au XVIe et au XVIIe siècle. Ce fut d'abord un vêtement de guerre, qui couvrait la poitrine et le dos et se mettait sous la cuirasse : il était fait de laine ou de coton piqué entre deux étoffes; d'où lui vint son nom. Le pourpoint devint ensuite un vêtement de ville, ayant collet, manches, et même des basques.

Culotte. — Inconnue des Grecs, des Romains et, en général, des Orientaux, la culotte était en usage, chez les Gaulois, sous le nom de braies. Elle a d'ailleurs varié beaucoup dans ses formes. Jusqu'au XVIe siècle, on attachait les bas ou chausses aux braies, appelées pour cela liaut-c/ech (disses. Au commencement du XIXe siècle, la culotte s'est allongée pour devenir le pantalon.

Chemise. — Inconnue des anciens, la chemise proprement dite est néanmoins très ancienne, car il en est fait mention dans la loi salique. Les premières chemises furent en serge. Au XIe siècle, on faisait des présents de chemises : au XIIe et XIIIe siècle, toute personne aisée voulait porter des chemises en toile de fil. C'était regardé comme une grande humiliation de paraître publiquement en chemise : certaines processions de pénitence et certaines amendes honorables devaient se faire en chemise ; jusqu'en 1830, les parricides et les conspirateurs devaient monter à l'échafaud en ce costume. Les plus belles chemises sont en toile de lin ; mais on en fabrique beaucoup aujourd'hui en toile de coton : elles sont moins coûteuses et plus hygiéniques.

Ceinture. — Dès l'origine et chez tous les peuples, pour ainsi dire, la ceinture, dont les formes d'ailleurs ont beaucoup varié, a fait partie du vêtement et souvent de la parure. Les Romains regardaient comme une mauvaise marque de n'avoir pas de ceinture et de laisser traîner sa tunique. Au moyen âge, on portait à la ceinture la bourse, les clefs, les instruments de la profession ; cet usage donne l'explication de la peine infligée aux débiteurs insolvables, à qui était interdit le port de la ceinture.

Collet. — Jadis les hommes, aussi bien que les femmes, portaient autour du cou un ornement en toile fine, auquel on donnait le nom de collet et aussi de rabat. Cet ornement modifié trouve encore sa place dans le costume des gens d'Eglise et des gens dérobe. Mais le collet désigne plus généralement cette partie de l'habit ou du vêtement qui protège le cou et retombe sur les épaules. On donnait particulièrement le nom de petit collet à l'habit ecclésiastique tout entier et, par extension, aux abbés qui le portaient.

Gant. — On ne voit guère que les anciens se soient servis de gants proprement dits. Mais ils étaient en usage dès le VIe siècle, sinon auparavant. Ils firent bientôt partie de l'armure comme gantelets et ne furent pas moins à la mode peutêtre comme parures. Sous Henri III, les dames françaises portaient des gants de soie tricotée. Les gants de peau parurent à la cour au commencement du règne de Louis XIV : ils étaient parfumés à l'ambre, au jasmin, etc. De nos jours l'usage des gants est général et imposé souvent par l'étiquette; c'est l'objet d'un grand commerce. On en fait de fil, de laine, de soie, de peau surtout : ceux-ci sont fabriqués par les gantiers ; ceux-là par les bonnetiers.

Toge. — C'était l'habit distinctif du citoyen romain, en temps de paix. Elle consistait en un ample manteau de laine blanche et de forme demicirculaire, qu'on mettait par-dessus la tunique. On posait la toge sur l'épaule gauche; un pan tombait droit par derrière et, avec le reste, on s'envelop-

Page 1