‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 410 sur 686 · LIVRE XI : DE LA VALEUR · texte numérisé non relu

LIVRE XI : DE LA VALEUR

pait le corps de façon à laisser libre le bras droit. On pouvait ramener la partie supérieure sur la tête, soit pour s'abriter, soit pour fermer les oreilles au bruit extérieur. La toge des magistrats était bordée d'une large bande de pourpre.

Soutane. — Dans les premiers temps de l'Eglise, les clercs ne portaient pas un habit différent de celui des autres fidèles ; mais des différences notables s'introduisirent par la suite. Le costume ecclésiastique, en particulier l'habit long ou la soutane, fut l'objet de prescriptions canoniques, souvent réitérées. Du XIIe au XVe siècle, la soutane était portée non seulement par les clercs, mais encore par les magistrats, les avocats, les professeurs, les médecins et autres personnes distinguées par leur instruction. La couleur de la soutane varie selon la dignité : elle est noire pour les simples prêtres ; violette, pour les prélats; rouge, pour les cardinaux; blanche, pour le pape (v. Mgr Barbier de Montault, Le costume et les usages ecclésiastiques selon la tradition romaine, 1897 et suiv.).

Froc. — Les religieux furent les premiers à porter un habit particulier. Néanmoins il ne faut pas oublier que le grand patriarche d'Occident, o S. Benoît, prit pour ses religieux l'habit ordinaire des ouvriers et des hommes du commun ; la robe longue qu'ils mettaient par-dessus était l'habit de chœur; S. François et la plupart des ermites se sont bornés de même à l'habit que portaient de leur temps les gens de la campagne les moins aisés, habit toujours simple et grossier. Les ordres religieux qui se sont établis plus récemment dans les villes ont retenu communément l'habit que portaient les ecclésiastiques de leur temps, et les religieuses ont pris l'habit de deuil des veuves. Si, dans la suite, il s'y est trouvé de la différence, c'est que les religieux n'ont pas voulu suivre les modes nouvelles que le temps a fait naître. »

Epaulette. — L'épaulette portée par les gens de guerre servit d'abord à retenir le baudrier, et aussi à garantir l'épaule, à la manière d'une arme défensive. Elle devint ensuite un signe distinctif. Elle fut introduite dans l'armée française par le maréchal de Belle-Isle, en 1759, et la plupart des armées étrangères l'adoptèrent. L'épaulette et la contre-épaulette marquent les principaux grades : le sous-lieutenant et le major portent l'épaulette à droite et la contre-épaulette à gauche; le lieutenant et les chefs d'escadron ou de bataillon portent l'épaulette à gauche et la contre-épaulette à droite ; le capitaine, le lieutenant-colonel et les officiers supérieurs portent deux épaulettes, qui peuvent, en outre, avoir des étoiles d'or ou d'argent (3 pour les généraux de division, 2 pour les brigadiers).

Chaussure. — Comme les autres parties de l'habillement, les chaussures ont varié beaucoup quant à la forme et à la matière. Sans parler des Égyptiens, des Perses, on n'a pas compté moins de 22 espèces de chaussures chez les Grecs, bien que l'usage de marcher chaussé ne lût pas universel. Socrate et Phocion allèrent souvent pieds nus. Par contre, certaines élégantes d'Athènes portaient, pour se grandir, des chaussures à quatre semelles de liège. Le plus souvent on se contentait de sandales qu'on attachait sur le cou-de-pied. Parmi les chaussures romaines on peut remarquer Yaluta : elle était en peau de chèvre, enfermait tout le pied et montait jusqu'à mi-jambe en formant des plis. Sous l'empire on ornait souvent les chaussures d'or, d'argent et même de pierres précieuses. Les indigents portaient des chaussures de bois. Au moyen âge, on imagina plus d'une chaussure bizarre : ainsi les souliers à fa poulaine Henri IV prit l'habitude de porter des bottes et fut imité par tous les cavaliers. Sous Louis XII, on porta des bottes très évasées. Louis XIV ne permit les bottes,

à sa cour, qu'aux militaires en uniforme. Les souliers changèrent ensuite de forme ; de carrés ils devinrent étroits et pointus sous Louis XV : ils étaient à boucles d'argent. — Dans l'iconographie du moyen âge, le Christ, les apôtres, les figures d'anges ne sont jamais chaussés.

Chapeau. — Les coiffures ont existé de tout temps ; mais les chapeaux proprement dits datent de Charles VI. On se coiffait autrefois avec des bonnets, des chaperons, des mortiers, etc. Les premiers chapeaux furent de forme plate et à bords assez larges : on les ornait de plumes. Sous Henri IV, on exhaussa la forme et l'on releva un bord, puis deux, puis tout le tour. Rond au XVIIe siècle, le chapeau devint tricorne au XVIIIe siècle. On vit ensuite les bicornes et les chapeaux cylindriques. Aujourd'hui les chapeaux d'hommes et surtout les chapeaux de femmes prennent diverses formes ; on les fait de feutre, de soie, de paille, etc.; les chapeaux de femmes sont souvent ornés de rubans et de fleurs.

Coiffure. — Les anciens allaient le plus souvent tête nue ; néanmoins ils usaient aussi de coiffures fort diverses. Les Grecs avaient : \epilos, bonnet de feutre; le petasos, à larges bords; les femmes grecques portaient la calyptra, réseau pour réunir les cheveux, et diverses sortes de bandeaux. Les Romains portaient : le pileus, bonnet de laine ; le pileolus, petite calotte : legalerus, assez semblable à un casque; le petasus, emprunté aux Grecs. Les prêtres et les vestales portaient une bandelette de laine. Les femmes romaines maintenaient leurs cheveux avec un ruban ou un réseau ; elles les relevaient aussi sur le sommet de la tête en forme de corymbe ou de casque; plus tard elles les ornèrent de bijoux et de pierres précieuses. Les coiffures ont donné lieu depuis lors aux modes les plus singulières. Le même goût se retrouve chez les sauvages, qui se coiffent des manières les plus variées et parfois les plus excentriques.

Perruque. — L'usage des perruques est fort ancien, bien qu'il n'ait pas été constant. Les Egyptiens se rasaient la tête et portaient des perruques, qu'on retrouve dans leurs tombeaux. Les perruques s'introduisirent à Rome sous les empereurs; et les dames romaines aimaient à se parer des blondes chevelures des captives germaines. Ce luxe fut condamné par les Pères de l'Eglise. Abandonné au XIIe' siècle, l'usage des perruques reparut au XVIIe. Louis XIII, devenu chauve, donna l'exemple (1630) et bientôt il fut imité par la noblesse et la bourgeoisie ; le clergé se rendit un peu plus tard (1660). Les perruques devinrent énormes sous le règne de Louis XIV; plus tard on prit l'habitude de les poudrer. Elles passèrent de mode, àlafin du XVIIIe siècle, et aujourd'hui on ne les porte guère que par nécessité.

Robe. — Chez les anciens, la robe ou un vêtement analogue (toge, prétexte, tunique plus ou moins longue) était le vêtement ordinaire des hommes aussi bien que des femmes. Aujourd'hui la robe proprement dite est réservée aux femmes. Elle suit, avec le reste de leur costume, les caprices de la mode. On donne aussi le nom de robe au vêtement que portent les magistrats, les avocats, les professeurs, dans l'exercice de leurs fonctions ou dans les cérémonies. Jadis on appelait gens de robe longue les magistrats et le cierge''. On appelait juges de robe courte les prévôts, maréchaux, etc., qui siégeaient l'épée au côté.

Bijou. — Le goût et même la passion des bijoux et de la parure, ont régné de tout temps et partout, même chez les sauvages, qui manquent de la plupart des choses qui font partie de notre nécessaire. II nous reste une foule d'objets précieux ayant appartenu à des peuples disparus et qui

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