‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 42 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

lité et de quantité, de telle sorte qu'on ne puisse affirmer l'une sans nier l'autre, et réciproquement. Par exemple ces deux propositions : Tous les hommes sont justes. — Quelques hommes ne sont pas justes. La contradiction est donc une incompatibilité, une répugnance. — Principe de contradiction : Il est impossible qu'une chose soit et ne soit pas en même temps et sous le même rapport. Kant l'a diminué, en l'exprimant de cette manière subjective et toute logique : L 'affirmation et la négation ne peuvent être vraies à la fois 'lu même sujet.

Antinomie. — Dans la philosophie de Kant, contradiction inévitable où tomberait notre raison, toutes les fois que nous voulons savoir quelque chose de l'absolu. C'est ainsi que la raison pure soutiendrait avec une égale probabilité que le monde est éternel et infini (thèse) ou qu'il a commencé dans le temps et qu'il a des limites dans l'espace (antithèse) ; qu'il est composé de substances simples ou que ces substances n'existent nulle part; qu'il y a une première cause libre ou que tout est soumis au déterminisme ; qu'il y a un être nécessaire ou qu'il n'y a que des existences contingentes et des phénomènes. Telles sont les 4 antimonies de la raison pure. Kant ensignale une cinquième dans la raison pratique ou la morale : d'une part l'harmonie delà vertu et du bonheur nous paraît nécessaire, et, d'autre part, cette harmonie est impossible en ce monde. Mais toutes ces antinomies ne sont qu'apparentes et ont été résolues depuis longtemps.

Objet. Sujet. — L'objet est ce qui s'offre aux sens ou à l'intelligence ou à quelque autre faculté ; il est opposé au sujet, qui a le sens, l'intelligence. Tous les philosophes se sont employés à chercher comment le sujet peut connaître l'objet. Kant et bien d'autres prétendent que le sujet se connaît d'abord lui-même, c'est-à-dire qu'il connaît ses idées, ses sensations, avant de connaître rien d'objectif ; selon Kant et les criticistes, l'objet resterait mystérieux et il n'y aurait pas de pont qui permette au sujet de l'atteindre, en passant du phénomène au nouméne. Ses successeurs, Schelling et Hegel, identifièrent le sujet et l'objet, l'être et la pensée. De là le panthéisme. Ce sont là autant d'erreurs. L'objet de l'idée, en effet, est connu avant l'idée elle-même ; l'objet senti, avant la sensation. On connaît de quelque manière Dieu, le monde, chaque chose qui frappe les sens ou l'esprit avant de remarquer et d'analyser les idées que l'on en a. Cette vraie théorie de l'origine des connaissances est capitale ; elle est expliquée en psychologie. — On distingue, dans l'objet, l'objet matériel et l'objet formel. Le premier est l'objet en lui-même, tout entier ; le second est l'objet tel qu'il se présente, sous la forme qui permet de l'atteindre — C'est un axiome que les puissances, les habitudes, les sciences, etc. son spécifiées par leur objet. Elles sont spécifiées, en effet, par leurs actes, qui euxmêmes répondent à leur objet propre.

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