PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
attestent, avec leur amour du luxe, leurs aptitudes artistiques : colliers, bracelets, anneaux, diadèmes, agrafes, chaînes, etc. Souvent les deux sexes ont montré la même coquetterie. Au XVIIIe siècle, hommes et femmes portaient encore beaucoup de bijoux. Aujourd'hui les femmes seules en font un grand usage. On distingue la bijouterie en fin ou en or, et celles en argent, en faux, en acier, etc. Il y a trois titres pour les bijoux d'or : 920 millièmes de fin, 840 et 750. Il y a deux titres pour l'argent : 950 et 800. Un poinçonnage indique sur chaque objet son titre particulier (V. Roger-Miles, La bijouterie, 1895).
Bague. Anneau. — Les anneaux ou bagues furent des ornements en usage chez tous les peuples anciens : Hébreux, Egyptiens, Assyriens, Perses, Grecs, Romains et Gaulois. L'anneau devint facilement un signe d'autorité et aussi un signe de distinction (v. anneau pastoral). A Rome, l'anneau servit longtemps à distinguer les différents ordres. L'anneau d'or fut d'abord le privilège des sénateurs qu'on envoyait en mission. L'usage en devint ensuite, pour ainsi dire, général. L'anneau de fer était la marque des esclaves. De riches anneaux, sur lesquels étaient gravés des emblèmes, servaient de cachet, et cet usage a persévéré longtemps. h' anneau des fiançailles est également un reste des coutumes romaines (V. abbé Barrand, Hist. des bagues à toutes les époques, 1864, dans le Bulletin de M. de Caumont ; Deloche, Le port des anneaux dans l'antiquité romaine et dans les premiers siècles du mogen âge, 1896).
Ruban. — L'industrie du ruban date au moins du XIVe siècle, car les rubaniers formaient une corporation dès 1403. L'emploi du métier à la Jacquard fit prendre à cette industrie un essor extraordinaire. On distingue \& grande rnbannerie et la petite. La première comprend le ruban de soie et celui où l'or et l'argent se mêlent à la soie ; la seconde comprend les rubans de fil, de laine, de coton, de filoselle, etc. La grande rubannerie se fabrique surtout à Lyon, à Saint-Etienne et à Saint-Chamond.
Etoffe. — Ce nom s'est appliqué d'abord spécialement aux tissus de laine légers (brocatelles, ratines) : il s'applique aujourd'hui à toutes sortes de tissus de laine, de coton, de fil, de soie, etc. fabriqués au métier ou autrement. Les étoffes sont dites unies, quand le fond est simple et net comme le reste du tissu; façonnées, quand le fond est orné de figures ou de dessins; brochées, quand le fond est orné de figures saillantes. On fabrique aussi beaucoup d'étoffes imprimées.
Tissu. — Les tissus sont généralement faits de deux sortes de fils : la chaîne et la trame, qu'on peut entrelacer d'ailleurs de mille manières. De là différentes sortes de tissus. Les uns sont dits simples (toiles, calicots, mousselines, etc.) ; d'autres sont dits croisés ou brochés (damas, rubans, cachemires). On distingue aussi les tissus é< poils (velours, peluches); on distingue même, en étendant la signification du mot : les tissus à mailles fixes ou mobiles (tricots, filets, dentelle, tulle) ; les tissus feutrés (chapeaux de feutre) ; les tissus foulés ou demi-feutrés (draps, casimirs).
Dentelle — On distingue souvent les dentelles par leurs lieux d'origine : points d'Alençon et de Valenciennes ; dentelles du Puy, de Chantilly, de Lille et d'Arras ; point de Malines, dentelles de Bruxelles, guipure de Flandre, etc. Les premières dentelles nous vinrent de Belgique et, jusqu'au XVIIe siècle, n'offrirent rien de remarquable. Mais, sous le ministère Colbert,une manufacture de dentelles, dites point d'Alençon, fut fondée dans cette ville, par une dame Gilbert, qui ne faisait qu'importer dans sa ville natale le point de Venise. La plus belle dentelle est faite en fil de
lin, d'une extrême finesse. On fabrique beaucoup de dentelle à la mécanique, mais elle ne saurait l'emporter sur la dentelle faite à la main.
Tulle. — Il se fabrique ordinairement avec du fil de lin ou de la soie sur une sorte de métier à bas. Les premières fabriques de tulle furent établies à Nottingham. En France, où cette industrie s'établit en 1817, on ne fabriqua d'abord que le tulle uni; puis vinrent les tulles mouchetés, chenilles, employés pour les voilettes de chapeaux de dames, etc. On fabrique le tulle à Lyon, Calais, Saint-Quentin.
Broderie. — Selon l'espèce de point, la méthode ou la matière que l'on emploie, les broderies sont dites en blanc ou en. or, au passé, au plumetis,au point démarque, à l'aiguille, au crochet, à la main, au métier, en application, etc. Labroderie en tapisserie consiste à remplir un canevas, avec de la laine ou de la soie, de façon à imiter un dessin donné. L'art de broder est très ancien : on en trouve des traces dans les premiers chapitres de la Genèse. La mythologie en attribuait l'invention à Minerve. Les Grecs et les Romains prodiguèrent les broderies à tous les objets de toilette. Le moyen âge a laissé des spécimens remarquables. L'industrie de la broderie se développa beaucoup au XVIe siècle et d'abord en Italie : à Venise, à Milan, à Gênes. Le tambour, qui sert à faire au crochet et à l'aiguille les broderies les plus fines et les plus riches, ne fut importé de Chine qu'en 1750. Il existait en France une corporation de brodeurs, et les femmes n'y étaient pas admises. On fabrique aujourd'hui beaucoup de broderies à la machine. Les centres de fabrication des broderies les plus riches sont Lyon, Paris, Nancy, Saint-Quentin, Alençon ; Milan et Venise, sans parler d'autres villes étrangères. Il vient aussi de riches broderies de l'Inde et de la Chine.
Drap. — On donne généralement ce nom à des étoffes dont la chaîne et la trame sont d'ordinaire en laine, parfois en laine et coton, et dont le tissu est recouvert d'un duvet. Certaines étoffes dont le tissu est d'or, d'argent, etc. portent aussi le nom de drap. On distingue les draps unis, les draps croisés, les draps de fantaisie, etc. Les anciens usaient beaucoup du tissu de laine, sans connaître le drap proprement dit, dont la fabrication est compliquée. Les étoffes de drap sont très* répandues, à cause de leurs excellentes propriétés hygiéniques et autres : les draps, en effet, sont mauvais conducteurs de la chaleur, très perméables à l'air, doux au contact ; ils prennent bien toutes les couleurs. La France a de nombreuses manufactures de drap : à Sedan, Beauvais, Louviers, Elbeuf, Nancy, Vienne.
Mérinos. — L'étoffe de ce nom diffère des autres, étoffes de laine en ce qu'elle n'est ni feutrée ni foulée, et en ce que la chaîne et la trame sont en laine peignée avant la filature. Les mérinos servent à faire des draps légers : robes, châles, etc. La fabrication du mérinos date du commencement du XIXe siècle, et Reims en est resté le centre le plus important.
Natte. — Les nattes ont été connues de tout temps. Aujourd'hui encore certains sauvages, ignorants des produits de notre civilisation, en confectionnent de très remarquables, avec des joncs, des racines, ou des écorces d'arbre. Les nattes les plus fines et les plus belles viennent de l'Inde, de la Chine et du Japon. En Espagne et en Portugal, on fait des nattes de sparte ; en Russie, on emploie des herbes aquatiques et l'écorce du tilleul. Les nattes peuvent quelquefois remplacer le tapis ; on en recouvre aussi les murs ; les nattes grossières servent à l'emballage.
Tricot. — Le tricot est un tissu fait en mailles, avec de la laine ou du coton ou quelque autre fil. On le fabrique, à la main, avec de longues aiguilles,